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samedi 7 mars 2026

Le fantôme de la rue des Fêtes - Florence Medina

Très gros coup de coeur pour ce roman jeunesse.
Ce n'est pas le premier que je lis où des personnes mortes pendant la Shoah apparaissent aux vivants de nos jours. La plupart m'ont plu.
Mais celui-ci est vraiment excellent.
De l'humour, de la légèreté, de la tendresse, malgré la tristesse de ces jours affreux.

On pourrait presque penser à un petit côté Fantôme de Canterville au début.
Sauf qu'ici, ils apparaissent dans une famille de médiévistes, qui préfèrent nettement les fantômes aux technologies modernes.
D'abord un peu contrariés par ces objets qui disparaissent ou se déplacent, la famille de Brunehilde accueille finalement bien volontiers les habitants de leur appartement, quand il comprennent de qui il s'agit.
La vie s'organise, plutôt agréablement. Surtout que ces fantômes là mangent volontiers les bonnes choses, et se débrouillent bien en bricolage.
Mais on sait tous que quand les fantômes ne parviennent pas à quitter la terre et à s'envoler enfin, pour un repos bien mérité, c'est parce que quelque chose les retient, un souhait, un espoir, un manque.
Et ici, ce n'est pas la vengeance qu'ils espèrent, mais des choses bien plus douces qu'ils aimeraient retrouver.

Tout en abordant ce thème dur, rafle, camps, ce roman est lisible par tous grâce à sa tendresse, et aussi un bel humour avec cette famille complètement décalée, pas vraiment intégrée dans notre siècle.
Et Brunhilde, interdite de gros mots, en invente de forts drôles, son imagination n'a pas de limites.
 
Florence Medina nous emmène toujours où on ne l'attend pas, et toujours avec grand talent.
Je vous ai parlé de 17 millimètres, roman ado en vers libre, une jeune fille se découvre enceinte.
Et de Marius et Sabinus - Deux frères à Pompéi, juste avant l'explosion du volcan.

Extraits :

- Mes livres et mes partitions sont dérangés, bourrés de marque-pages...
- On ne vous corne pas les coins au moins ?
- Non, Dieu merci ! répondit la mère, au bord de l'évanouissement à cette simple idée. On m'épargne cette infamie.

***

Pour la plupart des vivants, être hanté est une calamité. D'autres, découvrant qu'ils abritaient sous leur toit un trio de fantômes, auraient fait appel à des dératiseurs, à des exterminateurs de spectres, voire à des exorcistes. Pas les Blondel. Au contraire, ils étaient ravis.

***
Tu sais, à mon âge, la mort, c'est une vieille copine. Une vieille copine très espiègle. On joue ensemble à 1, 2, 3, soleil! C'est toujours moi qui clume, et elle, elle avance à pas de géant. Un jour prochain, elle va gagner la partie, c'est écrit.

***



Illustrations : Pauline Duhamel
Éditeur : Didier Jeunesse - 2 juillet 2025
Collection : Mon Marque-Page +
Roman 8 - 12 ans
160 pages ; 13,90 €
Lu en numérique via NetGalley que je remercie.





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