Une situation classique : une famille qui se recompose, une fillette qui a perdu un père adoré, et qui s'est habituée à vivre seule avec sa mère, quand soudain la situation change.
Le résumé nous promet une situation difficile au début, puis qui s'améliore, chacun s'habituant à vivre ensemble. Et on espère donc que ce roman pourra aider les enfants dans la même situation.
Hélas, j'ai trouvé que les adultes font vraiment tout pour que ça se passe mal.
Le beau-père critique sans cesse Victoire, notamment en lui reprochant de lire beaucoup. On la gronde constamment, au lieu de s'inquiéter de ce qu'elle ressent.
La mère, sous prétexte de nouveau bébé, ne la câline plus du tout.
Dès le départ : lui annoncer en même temps : un nouveau père (alors que non, c'est juste un beau-père, aucune raison d'être son père), un déménagement lointain, et un nouveau bébé qui arrive. Sans du tout se soucier de ce qu'elle peut en penser.
Elle n'a pas encore pu faire le deuil de son père, surtout qu'on n'en parle jamais (et elle n'ose pas en parler, pour ne pas faire de peine à sa mère. Car Victoire s'inquiète des autres, si les autres ne s'inquiètent pas d'elle) et on veut lui enlever son nom, tout ce qui lui reste de ce père aimé, pour lui donner celui du nouveau !! (adoption).
Bref, bien que les réactions de la fillette soient bien vues, je n'ai rien trouvé ici de nature à rassurer des enfants désemparés par la perte d'un parent.
Même si, par la force des choses, elle finit par s'habituer à la situation, n'ayant pas le choix.
Dommage.
J'ai aimé retrouver des termes du Midi (mon enfance !) dans le vocabulaire du beau-père, mais je ne suis pas sûre que ça ne complique pas encore la situation de Victoire, pour qui ce langage parfois excessif (voire grossier) est aussi étranger que le reste.
Je déplore la faute d'orthographe sur le général de Gaulle ("de Gaule").
Je sais bien qu'une coquille dans un roman, ça peut arriver, et que quand le texte n'en est pas truffé, on ne va pas se plaindre. Mais je trouve cette erreur particulièrement regrettable dans un livre pour enfant, d'autant plus qu'elle est indétectable quand on ignore le personnage. Pas comme un mot mal écrit, où on voit bien l'erreur.
Extraits :
Mon père est mort brutalement d'un accident du travail et, chaque jour qui passe, on s'applique à contourner proprement l'événement.
Parfois le soir, blottie sous ma couette, je crois devenir folle à cause de toute cette peine qui n'est pas dite.
***
Par vents et marées, quand le nouveau père nous garde, on est dehors à se les geler. À la maison, d'après lui, on s'ensuque, on s'abrutit, on se ramollit le cerveau. Au mistral, notre esprit s'aère.
***
- J'ai envie de vomir.
- Pute borgne, retiens-toi, je peux pas m'arrêter là !
***
Le nouveau père a passé son détecteur sur le ventre de ma mère pour "voir un peu si ça va sonner".
Au début, ça l'a fait rigoler mais au bout d'un moment, elle s'est énervée et elle lui a demandé d'arrêter parce qu'avec ses conneries, il allait lui déplacer son stérilet.
[Était-ce indispensable dans un roman pour enfant ?]
Éditeur : Actes sud Jeunesse - 8 avril 2026 - Nouveauté
128 pages - 13.80 €
Lu en numérique via NetGalley que je remercie.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire