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samedi 23 mars 2024

Rendez-moi ma bonne vieille pollution ! - Florence Thinard

 
Un roman sympathique et amusant qui "croque" tellement bien un préado comme on en connait tant.
Sauf que Habib, s'il déteste la nature, ce n'est pas tant les jeux vidéos qui l'occupent, que le théâtre.
Ce qui nous vaut tout au long du roman des citations théâtrales (connues souvent pour les adultes) délicieusement à temps et à contretemps. Un régal ! Des petits phrases "classiques" qu'il case dans sa vie quotidienne.
Car Habib, ce qu'il voulait pour des vacances réussies, c'était un stage théâtre, comme les années précédentes. Mais son père, malgré ses relances, s'y est pris trop tard. Pas grave (pour le père !) il reste des places pour "Une semaine de randonnée en montagne, la totale aventure nature !".
Rien moins que s'attaquer aux Pyrénées, au Pic du Midi même, en itinérance avec un charmant âne pour porter les bagages. Mirmillon le bien nommé, sans arme mais un mental de gladiateur !!
Et voilà le malheureux Habib, qui essaie de suivre vaille que vaille un groupe teeeellement heureux de se confronter aux longues marches et aux autres corvées.
Heureusement, pour chaque situation difficile, il a une citation de théâtre classique pour lui rappeler qu'il n'y a pas que la montagne dans la vie.
Peut-être même arrivera-t-il à trouver un peu de charme aux belles Pyrénées. Pour l'âne Mirmillon, c'est plus douteux !

Divisé en 5 actes, (comme une pièce de théâtre classique !) un roman drôle qui se dévore volontiers, jusqu'à la ... chute finale.

J'avais tellement adoré "Encore heureux qu'il ait fait beau", de la même autrice, roman jeunesse que j'offre volontiers, qu'il n'était pas question de rater celui-ci. Un joli plaisir encore, même s'il ne détrônera pas mon préféré, les 6es embarqués dans une bibliothèque qui flotte sur un océan inattendu.

Extraits :

Je hais, j’exècre et je vomis la Nature.
Il y a peu encore, nous vivions en paix, la Nature et moi. Je ne la fréquentais pas, elle m’ignorait. 

***
– Habib Kergaradec, ça fait un peu galette de sarrasin à la merguez, a-t-il insisté.
[...]
– Habib, en arabe, ça veut dire « bien-aimé » et Kergaradec, en breton, c’est « le village de l’homme au grand cœur ». Ça claque, non ? 

***
Ô, rage, ô désespoir,
Ô, colo ennemie !
N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ² ?

***
Sur ce, l’âne s’est mis à braire. C’est un truc incroyable, un âne qui brait. Il allonge son cou, ouvre sa bouche en montrant ses vilaines dents, son ventre se contracte comme si son corps était une cornemuse géante gonflée d’air. Le cri qui sort de là… On dirait qu’on scie un tonneau en plastique devant un mégaphone : IIIIIIIIN HAAAANNNN IIIINNN HAAAANNNN IIIINNN HAAAANNNN IIIINNN HAAAANNNN IIIINNN HAAAANNN. Pianissimo, crescendo jusqu’au fortissimo et finale diminuendo, comme dirait mon prof de solfège. À moins de dix mètres, les bouchons d’oreilles sont recommandés.

***
Comment dire à Violette mon amour, ma passion, mon incessante admiration ? « Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour. » Ou bien : « D’amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux. » Ou bien : « Vos yeux beaux d’amour me font, belle Marquise, mourir. » Ou bien : « Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d’amour me font. » Ou… Perdu dans Molière, je n’ai pas entendu l’âne arriver à pas feutrés dans mon dos, et tout à coup, j’ai été poussé par un rude coup de tête, à deux doigts de m’empaler sur mon canif.

***
En montagne, je l’ai appris à mes dépens, on ne peut pas à la fois marcher et regarder le paysage. C’est plein de cailloux, de creux et de bosses et on finit toujours par se casser la figure. 

Éditions Thierry Magnier - 6 mars 2024 - NOUVEAUTÉ
Collection : En voiture, Simone ! - 112 pages - 12,90 €
Lu en numérique via NetGalley que  je remercie.

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