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mardi 24 mai 2022

Une brusque envie de soleil - Pascale Maret

 Joli coup de coeur pour cette histoire douce-amère.
Ses enfants partis de la maison, Annie s'aperçoit peu à peu que le mariage l'a dépossédée de tout ce qu'elle est ou voudrait être, y compris son prénom, puisqu'elle doit à présent répondre à celui d'Anne.
Besoin d'air, et de soleil. Alors qu'elle a toujours fait ce qu'on attendait d'elle, elle décide subitement de partir au Burkina Faso, rencontrer Fatou, qu'elle parraine dans un orphelinat sans la connaître.
Ce voyage changera sa vie, pas forcément dans le sens où on s'y attendrait.

La première partie du roman nous plonge dans le monde de l'humanitaire en Afrique, de façon agréablement légère. 
Annie débarque sans  rien y connaitre dans un monde de blancs qui viennent ici aider, pour des motifs variables, et chacun selon son caractère. J'ai apprécié de découvrir avec l'héroïne cette ambiance assez dépaysante pour nous. 
L'autrice nous dépeint, avec humour et une certaine tendresse, ce microcosme. On sent que contrairement à son personnage, elle connait bien.
Tout au long du roman, des souvenirs se mêlent au présent. 
De façon très claire (en italique) les pensées d'Annie rappellent des épisodes de sa vie, qui ressemblent à ce qui se passe à présent. Des beaux souvenirs, mais souvent aussi ceux des moments où elle ne s'est pas sentie à sa place.
J'ai énormément apprécié ce parallèle qui, par petites touches, nous fait mieux comprendre les réactions d'Annie. Et qui aussi nous met face à nos propres questionnements.

dimanche 26 novembre 2017

Dacca Toxic - Catherine Fradier

Encore un excellent petit roman de Catherine Fradier.
Il se lit sans le lâcher tant l'histoire est prenante, mais comme toujours chez cette autrice, on ne perd jamais son temps en la lisant, tant sa documentation est précise jusque dans le moindre détail.
En outre, j'ai remarqué encore plus que d'habitude une très belle écriture, un sens du détail,  phrases fignolées, synonymes égrenés, le fond est rude mais l'écriture délicate.

Après Une petite chose sans importance, j'ai pris grand plaisir à retrouver Sacha.
D'autant que ce que j'ai appris depuis me permet de voir sous un autre angle cet autiste si attachant !

Ce tome peut très bien se lire indépendamment du premier, il s'agit d'une histoire distincte, dans un autre pays. Je pense cependant qu'il a plus de saveur si on a déjà découvert Sacha, ses "petites manies", ses peurs, et son côté surdoué. Puisqu'on va le retrouver ici très rapidement au milieu de la vie foisonnante et polluée de Dacca et ses bidonvilles.

Encore un beau plaidoyer de Catherine Fradier, qui cette fois s'attaque avec brio à la pollution, aux conditions de vie misérables pour les plus pauvres, au travail des enfants, et aussi à la condition animale, des abattoirs aux tanneries.

samedi 22 juillet 2017

Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés - Arto Paasilinna

Un peu déçue. J'apprécie beaucoup Arto Paasilinna. Mon préféré n'étant pas Le Lièvre de Vatanen, son plus connu, mais La douce Empoisonneuse.
Je sais que c'est un peu (voire plus) déjanté avec pas mal d'humour noir.
Mais là, l’histoire se passe vraiment sur des faits trop tristes pour moi. Même avec l'humour,  j'ai du mal à y apprécier. Notamment je supporte difficilement de lire lorsque ça parle de tortures. Et la vie au Macabraguay est vraiment terrible, d'autant plus difficile qu'on sait bien que ça existe.
J'ai aussi trouvé des passages un peu longuets.

J'ai cependant apprécié le fond de l'histoire, cette mise en parallèle des dictatures militaires et du pire communisme, à peine différents dans la forme, aussi atroces pour les habitants.
Apprécié aussi l'humour, l'art de l'auteur de nous faire rire quand on devrait pleurer. Et son personnage central, naïf et plein d'idées utopiques, et qui parvient malgré tout à ses fins, de façon toujours inattendue.
Bien ri aussi avec les noms de pays et de monnaies.
Sans doute faut-il en remercier aussi la traductrice ?
Dont j'apprécie que chez cet éditeur, son nom apparaisse sur la première de couverture (et la 4e !). Il faut si souvent dénicher l'info bien cachée.

mercredi 11 mai 2016

Une petite chose sans importance - Catherine Fradier

J'attendais avec impatience et beaucoup de curiosité la sortie du premier livre jeunesse de Catherine Fradier.
J'ai lu tous ses autres romans depuis le premier (Un poison nommé Rwanda) et même si mes lectures sont habituellement plus légères, je les ai tous (sauf un) beaucoup appréciés.
Parce qu'il s'agit de thrillers à la fois extrêmement prenants et très bien documentés, parce que vue la qualité d'écriture, on ne peut pas lâcher ses bouquins une fois commencés.
Cependant, comme ce sont toujours des histoires très dures, je me demandais ce qu'allait donner sa version jeunesse.
Mon verdict : une vraie réussite.

"Kadogo, c'est le nom qu'on donne aux enfants soldats du Kivu. En swahili, la langue parlée dans la région, kadogo se traduit par  une petite chose sans importance."
Le titre annonce donc d'entrée le sujet, les enfants soldats.
Et quand on connait le souci de documentation de l'auteur, et sa connaissance très pointue de la région, on sait qu'on va découvrir de l'intérieur ce sujet.

Et, surprise, il y a ça, mais pas que ça.
Car Sacha, le jeune narrateur, est autiste, atteint du syndrome d'Asperger.