dimanche 17 juin 2018

Le goût sucré de la peur - Alexandre Chardin

Quel délicieux petit roman. Je comprends qu'il ait été sélectionné pour les Incos, c'est un vrai régal.
Louise est en 6e. Son "grand" frère et ses copains essaient de la tenir un peu éloignée, elle, la petite. C'est vrai qu'ils sont en 5e ! Mais elle ne se laisse pas faire et tient à les accompagner dans leur prochaine expédition. Même si celle-ci s’avère dangereuse, incursion dans le domaine de "l'Ortie", une vieille dame sans doute sorcière, ou méchante.

Mais si Louise refuse d’aller plus loin, ce n'est pas par peur, mais parce qu'elle a très rapidement senti que cette dame mérite d'être mieux connue.
Elle va aller de découverte en découverte, y compris sur sa famille.
J'ai beaucoup aimé ce texte.
La relation de Louise avec son frère, beaucoup de tendresse, alors que dans la plupart des romans, c'est plutôt conflit.
L'apprivoisement progressif entre Louise et Mme Solignac.
Les découvertes de Louise sur la jeunesse de ses parents.
Et toute la réflexion sur les rencontres, les relations entre générations, etc ...
C'est beau, tendre et prenant.
Et très facile à lire.

Je trouve la couverture, bien qu'un peu chargée, très attirante. D'ailleurs, je l'ai emprunté parce qu'il m'a attiré l'oeil !

Et mon petit instant de nostalgie : Magnard, je m'en souviens comme l'éditeur de mes cahiers de vacances, il y a .... une soixantaine d'années !

Extraits :

Une fois encore, mon corps est un obstacle à mon héroïsme. Vous avez déjà vu une aventurière rondouillette ? Moi, jamais !

***
Inutile pourtant d'imaginer comment les choses vont se passer, puisque ça ne se passe jamais comme on l'avait prévu. C'est ce qui rend la vie amusante, d'ailleurs...

***
Et puis, si je faisais moins peur, mon jardin serait moins intéressant, mes fruits moins bons, mon domaine moins attirant.

***
N'hésite pas. La gourmandise est un divin défaut.

***
- Moi, j’aimerais bien avoir un animal de compagnie, mais pas un renard.
- Eh bien, tu as tort, c'est gracieux, intelligent et très indépendant.

Illustration de couverture : Cati Baur
Editeur : Magnard Jeunesse 2016 - 173 pages
Sélectionné pour le Prix des Incorruptibles 2017-18 - CM2 - 6e
Résumé Babelio

samedi 16 juin 2018

Qui se cache sous les fruits ? - Yusuke Yonezu

Un amusant petit album tout carré tout carton, qui plait beaucoup aux petits.
7 fruits, un par page, une seule couleur ou deux.
Page de gauche, le fruit tout simple.
Page de droite, un solide volet se déplie, vers le bas, le haut ou le côté selon la page.
Dévoilant l'animal que "cachait" le fruit.
Impossible de deviner ce qu'on va trouver tant qu'on ne l'a pas regardé une fois, rien ne permet d'avoir une idée de l’animal caché.
Ce n'est donc pas un livre de devinettes.
Mais  les tout-petits adorent, d'abord la surprise, puis "deviner" à la lecture suivante.
Les plus grands pourront y prendre des idées pour dessiner eux-mêmes sur des feuilles pliées des "devinettes" fruit/animal.
Entre ces deux âges, ils n'y prendront pas beaucoup d'intérêt, sauf pour apprendre à dessiner en quelques traits peut-être.
Un peu cher pour seulement sept animaux, mais le carton est solide, et dénicher des albums à "cachettes" pas trop fragiles n'a pas de prix !!
J'ai apprécié de trouver, au milieu d’animaux connus des enfants, un tatou, plus mystérieux

Extraits :

Et derrière cette belle pêche ?
Un cochon.

***


Titre original : Guess What - Fruits ?
Editeur : Minedition 2011
Tout carton 17 x 17 cm ; 16 pages (np)
Résumé Babelio

vendredi 15 juin 2018

La bibliothèque des coeurs cabossés - Katarina Bivald

Lecture agréable, mais pas le coup de coeur que j'attendais (c'est évident, il ne faut jamais attendre un
coup de coeur !!)

J'ai bien entendu beaucoup aimé quand il était question de livres.
Les Je t'aime moi non plus de Sara et Tom m'ont un peu agacée parfois.

L'Iowa ..., ah l'Iowa !!
Je rêve de le découvrir depuis ma lecture de Dewey (le roman du chat de bibliothèque, pas la méthode de classement ;-) ) et sans m'y attendre, je m'y retrouve ici en plein. Dans la vie profonde de cet Etat, son maïs, ses petites villes, l'Amérique de l'intérieur.
Qu'évidemment je ne découvrirai jamais en vrai, car qui peut avoir l'idée d'aller "en touriste" en Iowa. A part Sara, et encore, c'est ce qu'on dit d'elle, mais elle n'est venue que pour rencontrer Amy, et vivre un été dans les  livres.
Ah, et puis avant, il y avait Sur la route de Madison. Je ne savais même pas que c'était dans l'Iowa, mais dès cet instant, j'étais sous le charme (je n'ai jamais voulu regarder le film de peur d'être déçue).

Bien, à part l'Iowa, qui est presque un personnage à part entière dans ce roman, c'est quand même l’histoire de Sara, jeune libraire assez effacée, qui quitte la Suède suite à un licenciement, pour aller se ressourcer un moment auprès d'Amy.
Amy avec qui elle a échangé des lettres pendant deux ans, suite à un achat de livre. Elles ont beaucoup parlé de livres, et pas mal de la vie aussi. Et surtout, Amy lui a décrit la vie et les habitants de sa petite ville. Et l'a invitée à venir lire chez elle, et continuer leurs bavardages.
Mais quand Sara arrive, Amy vient de mourir.
Que faire dans cette ville inconnue (et à la fois qu'elle connait si bien par les lettres), dans un pays frappé par la récession. Surtout quand comme Sara, on aime beaucoup plus les personnages des livres que les gens réels.

J'ai trouvé curieux le choix d'intercaler dans le récit de la vie de Sara en Amérique les lettres d'Amy, fort intéressantes d'ailleurs. Mais des lettres qui ont toutes été envoyées avant son départ.
On découvre donc seulement peu à peu tout ce qu'elle savait dès le départ sur les habitants de Broken Wheel.  Ça m'a un peu gênée. Car d'un coup, on lit une lettre, et on se dit que dans un passage précédent, elle a agi à cause de cette information, qu'on ignorait.
En outre, on ignore totalement ce qu'elle-même écrivait à Amy.

J'ai bien aimé le côté épistolaire. Pour le récit, c'est parfois drôle, parfois de belles réflexions sur les livres ou la vie, et quelquefois un peu longuet à mon goût.

Et pourquoi avoir traduit le titre en parlant de bibliothèque, alors qu'il s'agit d'une librairie ?
J'ai cru un moment qu'il s'agissait d'une confusion avec le mot anglais library, mais non, il s’agit bien de vendre des livres. Pendant longtemps, je me suis dit qu'elle allait changer ses projets, et pas du tout ! J'ai trouvé ça désagréable, comme une erreur de titre.

Extraits : 

Parfois, je me dis que ce n'est pas la vivacité des chagrins qui signifie quelque chose, mais l'impact qu'ils ont sur vous.

***
Quel plaisir y a-t-il à lire un livre merveilleux, si on ne peut pas le signaler à d'autres personnes, en parler et le citer à tout bout de champ ?

***
Je n'ai jamais pu regarder Sur la route de Madison sans me demander si elle n'avait pas fait le bon choix en restant. J'ai vu de près ce qui arrive à la famille qu'on laisse derrière. Bien sûr, j'ai également vu ce qui advient de la femme qui reste et il y a des moments où j'implore Meryl Streep de tourner cette poignée et de s'enfuir sous la pluie. Contente-toi de courir, je me dis.

Traduit du suédois par Carine Bruy
Titre original : Läsarna i Broken Wheel rekommenderar (Les lecteurs de Broken Wheel recommandent) 2013
Denoël 2015 - 481 pages
Résumé Babelio

jeudi 14 juin 2018

Mémé Dusa - Anne Schmauch

Encore un très bon Pépix (est-ce un pléonasme ?)
Mythologie, Grèce antique, un brin de fantastique, un frère parfaitement odieux, beaucoup d'humour.
Mais attention, à mon avis, certains passages font plutôt peur, serpents, araignées, personnages mythologiques très dangereux. Mais c'est aussi hilarant.

Hélène et Hector (dès les prénoms, on est dans le sujet !) doivent partir en vacances chez leur grand-mère, qu'ils ne connaissent pas, alors que le grand-père vient régulièrement les garder à Paris.
Départ à contrecoeur vers le sud, mais quel sud ?
D'entrée, le frangin, parfait adolescent, s'avère totalement odieux avec sa petite soeur. Qui pourtant, pourrait lui être fort utile, vue l'étendue de ses connaissances.
Elle va comprendre peu à peu (mais bien plus vite qu'Hector) qu'ils ont basculé de leur vie tranquille dans la Grèce antique. Pays et époque pas énormément sympathique, surtout quand on s'installe directement chez Mémé Dusa, alias Méduse bien entendu.
Ils vont donc frôler, voire pire, de grands dangers. Mais aussi découvrir que les héros sont pour certains de gros froussards !

L'Antiquité grecque vue de l'intérieur, par deux enfants du 21e siècle, on ne s'ennuie pas un instant. entre les Gorgones, un passage en enfer (juste le temps d'apprendre aux damnés à jouer à Pierre-Feuille-Ciseaux !!), un toutou finalement assez sympathique malgré ses trois têtes, un grand-père qui a pris goût aux voyages d'une époque à l'autre (et aux pizzas !) ...
On tremble beaucoup, on rit pas mal, attention aux cauchemars cependant.

J'ai particulièrement aimé le chapitre où c'est la grand-mère qui prend la parole.

Les dessins sont un plus aussi, un vrai plaisir. les enfants sont mignons, les monstres terrifiants, le décor bien campé, et j'adore les moutons !!


Et bien entendu, toujours les bonus Pépix.


Extraits :

Il y a un mystère autour de Mémé. Une fois, j'ai entendu Maman dire que sa mère était infréquentable. "Infréquentable", c'est vaste. Pour certains, ne pas tirer la chasse d'eau suffit à vous rendre infréquentable. Pour d'autres, vous pouvez découper les gens en petits morceaux et les manger après, vous restez très fréquentable (surtout si vous tirez la chasse d'eau).

***

À chaque fois que je pose des questions, Maman a subitement quelque chose de très important à faire, comme ranger les pinces à linge par couleurs ou réviser le mode d'emploi du grille-pain en hollandais.

***

J'ignore qui est l'inventeur de "Pierre-Feuille-Ciseaux" mais il mérite un prix Nobel du divertissement : tant que tu as une main, tu peux y jouer partout, à ce jeu.

***
- Ce ne sont pas les pouvoirs qui sont mauvais, Hélène, mais l'usage qu'on en fait.

***
Au fait, pendant que j’ai la parole, j’aimerais préciser quelque chose .Tout le monde ouvre de grands yeux en se demandant comment Georgios a pu tomber amoureux de Madame Immonde. Eh bien, tout le monde oublie un détail : j’étais jolie. Divinement jolie, même ! Je vous rappelle que je suis une déesse ! Jusqu’au jour où une pimbêche jalouse, Athéna, pour ne pas la nommer, a trouvé que ma beauté faisait ombrage à la sienne.

***
Bon, d'accord, j'ai dit qu'on ne pouvait pas pétrifier les gens sans le faire exprès... Je l'ai fait un tout petit peu exprès... Mais j'étais énervée, il me soutenait que ça ne marcherait jamais, mon histoire de pizza : " De la pâte à pain avec du fromage dessus, franchement, qui mangerait une chose pareille ?"

***


Illustrations de Katherine Ferrier
Editions Sarbacane 2015
Collection Pépix - 180 pages
Résumé Babelio

mercredi 13 juin 2018

Des parents de rechange - Véronique Petit

Un beau livre très émouvant, malgré quelques passages qui ne m'ont pas tout à fait convaincue.
Adam est en 6e, il vit en foyer, et rêve de découvrir ce qu'est une famille.
Par un concours de circonstances totalement improbable, il rencontre une famille en mal d'enfant, lui qui manque de parents.
Mais ce n'est pas si simple, une très grave bêtise étant à l'origine de leur rencontre.
Avouer et risquer de tout perdre ?
Ne rien dire, mais outre le remord, courir le risque d'être démasqué ?
Et une adoption, c'est à l'essai d'abord.
De ce fait, il va se poser beaucoup de questions sur ce qui constitue réellement une famille. Le sang ? le nom ? l'amour et la tendresse ? Faut-il être parfait pour mériter l'amour ?
Et comment penser qu'on y a droit, si on a toujours été rejeté de partout.

Un début un peu lent et peu crédible, une fin un peu rapide, mais au final une bien belle réflexion sur les désirs et les espérances de ce jeune garçon.

Sans oublier les passages sur le pouvoir des souvenirs à partir d'un objet rencontré au hasard. C'est très émouvant de voir Adam revivre soudain les rares scènes heureuses de sa petite enfance.

Extraits :

Une foule d'images a soudain déboulé dans sa tête. Son père et sa mère se tenant par la main. Et lui, tout petit, calé sur un canapé entre elle et lui, sa girafe en peluche sur ses genoux. Et le rire de maman. Et le rire de papa. Des images qu'il n'imaginait même pas avant de voir cette girafe tellement elles étaient enfouies profond profond.

***
De toutes façons, l'adoption, tout ça, c'était un rêve trop grand pour lui. Au fond, il l'avait toujours su.

Illustrations de Mary-Gaël Tramon
Éditions Rageot 2016
Collection Rageot Romans famille (à partir de 9 ans) - 124 pages
Résumé Babelio

mardi 12 juin 2018

Tous dehors au jardin ! - Patrick Luneau

Non seulement il est bourré de bonnes idées, très variées, mais il est vraiment superbe. Du coup, on a envie de tout tester (même moi qui ne suis vraiment pas manuelle)
Un grand livre sous-titré "Des activités nature en famille" qui va vous donner plein d’idées pour profiter du jardin ou des balades à la campagne, et aussi une fois rentrés à la maison.

7 grandes parties :
  • Explorer
  • Savourer
  • Inventer
  • Se bidonner
  • Aider la nature
  • Se poser
  • Tous dedans
Pour chaque activité :
- La ou les saisons concernées
- L'âge minimum
- La durée
- Le matériel nécessaire
- De nombreuses belles photos
- des explications sur l'utilité de l'activité
- Un pas à pas détaillé en quelques étapes
- Un ou deux bonus, précision, anecdote ...
Chaque activité couvre en général une double page, parfois une simple.

Des jeux, de la cuisine, des plantations, de l'observation d'animaux, ou des astuces pour les aider.  Il y en a vraiment pour tous les goûts.
Quelques pages générales au début, avec des conseils par âge, et le matériel utile.
Mais surtout à la fin, outre la bibliographie habituelle pour aller plus loin, un double index des activités :
- par âge
- par saison
Je trouve cela vraiment pratique pour choisir.

Extraits :

Faites votre beurre aux herbes

Matériel 

Du beurre tout mou
Des petits moules
Quelques plantes aromatiques : romarin, basilic, menthe, ciboulette...


On se calme 

N'utilisez que les plantes que vous connaissez au risque d'avoir la bouche pâteuse et les fesses qui grattent !


Concours de papilles


  • Pour que ce soit un plaisir toute l'année, inventez un nouveau beurre chaque mois.
  • Jouez avec votre famille en incorporant en cachette une seule épice en poudre sans plantes aromatiques et laissez-les deviner laquelle en goûtant.
***







Editeur : Salamandre - 19 avril 2018 (NOUVEAUTÉ)
Collection : Des activités nature en famille
Format : 17 x 26 cm - 143 pages
Résumé Babelio

lundi 11 juin 2018

L'occasion fait le larron - Claire Gratias

Une petite histoire pour se faire peur. Que je réserverais tout de même aux plus grands, même si c'est un tout petit  livre.

Aventure, humour et polar.

Trois garçons qui s'ennuient un peu dans la ville trop chaude de ce mois de juillet.
Des sacs de billets de banque qui leur tombent vraiment sous le nez, difficile de résister.
Ils ne résistent pas et sans réfléchir, s'enfuient avec.
Un bref moment à rêver de richesse et de changement de vie.
Et puis, tout se complique.
D'une part, ils n'avaient pas été très discrets dans les minutes qui avaient précédé ce hold up involontaire !
D'autre part, la malchance va vraiment s'en mêler, avec notamment la découverte d'un mort, justement là où il n’aurait pas fallu.

On sourit pas mal aux aventures de cette bande de pieds nickelés, on tremble un peu avec eux, on sourit aux émotions de la serveuse, sous le charme.

Cependant, ce roman qui se présente comme un livre pour les plus jeunes (la collection, la couverture, la longueur) nous conte les mésaventures de jeunes adultes, avec quelques passages un peu inquiétants, et il m'a paru y avoir un décalage sur l'âge, même parfois dans le vocabulaire.

Et la fin est un peu "tirée par les cheveux".

Les titres de chapitre sont tous des proverbes, souvent assez ironiques dans la situation.

Extraits :

Sous ses yeux, les trois gars ont traversé l'air chaud tels des boulets de canon. Sans même ralentir, ils ont fléchi les genoux et ont saisi les sacs avant de se remettre à patiner comme des fous. Se ressaisissant, le rouquin a dégainé son arme le plus vite possible, ainsi qu'il l'avait appris à l'entraînement.
Pas assez vite, hélas. Le temps qu'il soit opérationnel, ils avaient disparu.

***
- Mais... ? a fait La Belette en regardant ce que tenait son poing serré.
Gus lui a arraché le couteau et a ouvert les trois autres sacs.
À trois reprises, il a poussé les mêmes cris de rage.

Éditions Thierry Magnier 2017
Collection : En voiture Simone ! - 79 pages
(une 1e version a été publié en 2013 dans la collection Le feuilleton des Incos)
Résumé Babelio

dimanche 10 juin 2018

George - Alex Gino

Non !  Je regrette beaucoup, j'aurais vraiment voulu aimer ce livre, d’ailleurs, j'avais demandé qu'on l'achète à la bibliothèque (mais hélas, le budget n'allait pas jusque là !)
Un roman sur un enfant transgenre, écrit par quelqu’un qui l'est lui-même, donc vu "de l'intérieur", et accessible sans problème aux plus jeunes, l’idée est vraiment intéressante.

Seulement, il s'agit d'un roman. Donc, au-delà de véhiculer des idées, et de faire comprendre ce que peut être la vie quand on est à ce point différent, il doit aussi intéresser les enfants, pour qu'ils aient envie de le lire.
Pour ma part, je me suis ennuyée presque tout le long.
Il est certain que je n'ai pas l'âge cible, mais je lis assez de romans jeunesse, et j'ai assez de jeunes lecteurs autour de moi pour savoir ce qu'on peut attendre d'un bon roman, palpitant, qu'on ne peut lâcher.
Et je regrette d'autant plus qu'il est beaucoup question d'une pièce de théâtre tirée de La toile de Charlotte (ou Le Petit Monde de Charlotte) l'excellent roman classique de E.B. White, trop méconnu en France.
Je comprends bien que l'essentiel, ce sont les états d'âme de George, mais on aimerait tout de même qu'il se passe quelque chose.

En outre, j'ai été surprise, lorsque George va chez sa copine, elles occupent leur temps en essayage de vêtements et maquillage. Or, elles sont en CM1, donc elles ont environ dix ans.
Rien à voir avec les fillettes de cet âge que j'ai autour de moi. Que George, qui se rêve en fille, soit ravi de mettre une jupe et du maquillage, je peux le comprendre.  Mais que Kelly ait tout ça dans sa chambre me surprend.

On passera sur le fait que tous les garçons sont horribles, pas un pour rattraper l'autre, alors que les filles sont si mignonnes. Sans doute l'auteur voyait-il sa classe comme ça ? J'aurais préféré un peu plus de nuances.
J'ai même été un peu gênée par le fait que l'araignée soit pour George l'incarnation même de la féminité. Si elle peut obtenir le rôle de Charlotte l’araignée, tout le monde verra bien qu’elle est une fille. Surprenant pour moi, le sexe des araignées ne me parait pas si évident !

Navrée, je suppose que je vais une fois de plus être tout à fait à contre-courant des avis, mais pour moi, ce n'est pas parce qu'un livre traite d'un sujet important qu'on doit passer sur le reste.

Extraits :

Elle était une fille, et personne ne s'en doutait.

***
– Bah, nous ne pouvons pas imposer nos vues à nos enfants, mais nous pouvons les encourager, n’est-ce pas ?

***

[Le grand frère ado] - Il veut qu'on dissèque un ver !
- J'aurais pensé que ça te plairait, au contraire, toi qui aimes les films d'horreur, dit maman.
[...]
[La mère] - Si tu trouves ça pénible pour toi, pense à ce que ça doit être pour le ver.

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Francis Kerline
École des Loisirs 2017 - 172 pages
Résumé Babelio

samedi 9 juin 2018

Clodomir Mousqueton - Christine Naumann-Villemin

La collection :

Après Flash Fiction de Rageot, je découvre une autre collection adaptée aux DYS.
Comme la précédente, je ne l'ai pas testée auprès d'enfants directement concernés, je ne peux donc qu’apprécier personnellement la version : pages beige pâle, texte bien visible et aéré, illustrations souvent pleine page.

Ici, lorsqu'il s'agit de dialogues, une ligne colorée en marge permet de savoir qui parle. Ce qui évite d'être "perdu", sans nécessiter un texte plus lourd du style "Clodomir dit que"

Un sommaire avec numéro et titres de chapitres, prévu pour cocher chaque chapitre une fois lu.

En outre, les syllabes des mots longs ou complexes sont en couleurs, (une couleur par syllabe).
Cela doit faciliter la lecture débutante, en voyant où il faut "couper" le mot.
Mais personnellement, ça a un peu perturbé ma lecture, et ma petite-fille m'a dit pareil. On a l'impression d'insister sur certaines parties.
Dommage car les livres DYS sont censés être lus par tous.

Le texte a apparemment été légèrement remanié pour la collection.


Le roman :

Il s'agit du premier volume de la série du même nom (paru en 2014 en version "normale")

J'ai beaucoup aimé l’histoire de ce vieux monsieur acariâtre, qui n’aime ni les livres ni les enfants. Lorsque le hasard le met en présence d'un livre, puis de Marcel, l'enfant auquel il appartient, il est d'abord très contrarié.
Mais la magie de la lecture et des histoires va vite agir !

C'est très drôle, et en même bien sûr, tout roman parlant du plaisir de lire fait plaisir !! surtout destiné aux lecteurs débutants !

Extraits :

Clodomir Mousqueton n'aimait pas ses voisins. Ni leurs enfants. Clodomir n'aimait rien. Ni personne. Sauf son jardin, son fauteuil à oreilles et sa télévision.

***
- Tu l'auras pas, un point c'est tout ! Et pour qu'on en parle plus, je vais te lire la dernière phrase !
- Nooon, supplia le petit, pas la dernière phrase !

Illustrations de Clément Devaux
Éditions Nathan 2014
Premiers romans
Collection Dyscool 2017 - 61 pages

vendredi 8 juin 2018

Le guide Nature : Les petites bêtes

Un autre guide nature, dans la même collection que À la campagne que je vous avais présenté il y a un mois.
Maquette et présentation sont identiques, on n'est pas dépaysé et on peut utiliser rapidement ce guide.
Aussi précis et détaillé que le précédent donc, avec uniquement des "petites bêtes".

Trois grandes parties :
- Autour de la maison
- Petites bêtes à six pattes
- Autres petites bêtes
toujours bien repérées par le système d'onglets.

Autour de la maison regroupe :
¤ Sous notre toit
¤ Dans les feuilles mortes et les troncs vermoulus
¤ Les faux ennemis (Suceurs de sang / piqueurs / Mordeurs / Irritants)

Petites bêtes à six pattes détaille un bon nombre d'insectes :

Autres petites bêtes comprend
10 pages sur les araignées, et 10 sur les limaces et escargots.
(Là, je suis en train de vaincre, très (très) doucement, mon arachnophobie !)

Au début, on a la liste du matériel utile, et quelques conseils pratiques, et à la fin, une bibliographie pour aller plus loin.

Je rappelle que dans cette série de guides, j'apprécie de trouver :
- La légende des symboles et abréviations, sur un rabat de la couverture, donc accessible à chaque page.
- Une règle en centimètres sur la 4e de couverture.

Outre les fiches détaillées et illustrées de toutes ces petites bêtes, chaque début de sous-partie est l’occasion de nous donner plein de détails et d'idées sur la "famille" concernée.



Je regrette toujours un peu l'absence d'index. (Bien entendu, comme le précédent, on est plutôt censé y entrer à partir de l'animal qu'on voit.)
Mais ce guide est vraiment une mine d'informations et de découvertes.

Extraits :

Demoiselles et Libellules

Prédateurs aux reflets métalliques, les odonates sont les maîtres de  la chasse en vol. Guettez-les au bord de l'étang !

Voltigeuses primitives.

Les libellules, réunies dans l'ordre des odonates, sont les insectes ailés les plus primitifs.

***










Pour le commander, cliquer ici : Guide Les petites Bêtes
Éditeur : Salamandre 24/05/2018 (NOUVEAUTÉ)
Collection : Le guide nature
Format : 14 x 19 cm ; 165 pages
Résumé Babelio

jeudi 7 juin 2018

Bandiya - La fille qui avait sa mère en prison - Catherine Grive

Coup de coeur pour ce roman très frais, très émouvant, facile et agréable à lire, et totalement inattendu pour moi.
J'ai eu la chance de le gagner sur Facebook.
J'avais tenté au hasard, je connais Fleurus surtout pour ses magazines, et pour ses albums pour les petits. (Dont la collection Petit Garçon, si décriée mais qui plaît tellement à mes petits-fils ! Et aussi l'excellente et infinie série de Philippe Legendre "J'apprends à dessiner...").

Nous sommes ici dans une toute autre tranche d'âge. En fait, tranche très large, car comme pour la série de Gwenaële Barussaud Les lumières de Paris, que j'ai beaucoup aimé, il s'agit d'un roman qui peut convenir aussi bien aux adolescents qu'aux adultes, voire même aux enfants bons lecteurs. Je ne sais pas quel public vise cette collection, mais ça me parait adapté à tous.

La prison vue à la hauteur d'une fillette de quatorze ans, qui y est née, puis a été séparée de sa mère à l'âge obligatoire de deux ans.
Une famille atypique et néanmoins chaleureuse : sa mère, mais aussi sa tante et sa grand-mère sont toutes emprisonnées pour un casse qui a mal tourné.
Zoé vit avec son père et son grand-père, qui la dorlotent tout en s'étonnant parfois qu'elle ne grandisse pas plus vite dans sa tête et son corps.
Et qui entretiennent la légende des femmes de la famille, sortes de Robin des bois.
Pour compléter ce tableau un peu surprenant, l'avocat de la famille est son parrain.

Elle a une relation très forte avec sa mère, qui essaie de se conduire en mère, malgré les barreaux. Elle va la voir chaque semaine, se sent proche et rêve de pouvoir un jour vivre réellement avec elle.
Elle veut aussi que sa mère et sa grand-mère soient fières d'elle.
Pour cela, elle s'efforce de marcher sur leurs traces, et d'abord de vaincre sa peur.

C'est étonnant, tendre et prenant.
On se laisse aller à espérer le meilleur pour cette fillette si attachante, mais que serait le meilleur dans une telle situation ?

Il y a de l'humour, mais ce n'est pas du tout un humour déjanté autour d'une famille de cambrioleur.
Je pense que ce roman nous oblige à voir autrement toute personne emprisonnée, et surtout sa famille.

mercredi 6 juin 2018

Le garçon rose malabar - Claudine Aubrun

Un très bon tout petit roman, aussi bien pour les lecteurs débutants que pour un bref moment de lecture.

Gabriel est en primaire. Gabriel doit déménager avec ses parents. Et comme toujours à cet âge-là, c'est très dur de quitter tout ce qu'on connait, et surtout les copains, pour partir à l'autre bout de la France, loin de son sud ensoleillé.
Il en perd la parole.
Quand la maîtresse propose en sujet de rédaction : "Quel métier voulez-vous faire plus tard ?" ça se complique encore, son ambition risquant d'être sujette à moquerie.
Mais ça va être aussi l'occasion de se faire des amis, chacun cultivant sa différence, loin des groupes "dominants" qui maltraitent et se moquent.
Et finalement ils vont oser affirmer leurs choix, de couleurs, de métiers.
Un très joli petit roman tout en finesse autour des stéréotypes de genre.
Avec un suspens qui donne envie, même aux tout petits lecteurs de continuer jusqu'au bout.
Quel est ce métier dont Gabriel rêve, mais dont il n'ose pas parler ?

Un livre très court mais avec une vraie fin, ce n'est pas toujours évident, c'est bien agréable.