samedi 16 février 2019

Le hamburger de la peur - Anne Schmauch - Nicolas Hubesch

Un vrai petit thriller, avec de la peur et de l'humour.

Quand je vois le nom d'Anne Schmauch, je craque tout de suite, depuis Mémé Dusa, Minus contre Minos et surtout Un Troupal de Chevals.
Ici bien sûr, il s'agit d'un tout petit roman, mais avec une intensité digne des plus grands !

Ça commence avec un thème très classique :  Capucine et Damien rêvent d'aller manger des hamburgers, mais leur mère tient plutôt à les nourrir bio. D'ailleurs, elle vient d’ouvrir un restaurant "Biodélice".
C'est donc en cachette qu'ils se rendent au fast-food. Ils espéraient y passer inaperçu.
Mais ... le crocodile en diamants n'était pas vraiment le jouet prévu dans le menu enfant !
Et les voleurs vont vite être à leurs trousses.
Une histoire palpitante donc, bien écrite, et vraisemblable. Les enfants ne sont pas des super-héros, ils ont peur, mais ils sont futés  et vont donner du fil à retordre aux cambrioleurs.

Une jolie façon d’aborder le roman à suspense pour les plus jeunes, c'est presque une première lecture, mais un vrai bon petit roman.

Extraits :

Aller au Giga Burger en cachette, c'était une bêtise si énorme qu'elle n'entrait dans aucune catégorie de bêtises...

***
Mais soudain, j'ai vu Capucine devenir très pâle : ses lèvres remuaient, mais aucun son ne sortait de sa bouche. En tournant la tête vers la porte-fenêtre qui donne sur le balcon, j'ai cru que mon coeur allait s’arrêter de battre et j'ai lâché le combiné.


Éditeur : Bayard jeunesse 9/01/2019 - NOUVEAUTÉ
Collection : J'Aime Lire (Paru dans le magazine en 2014)
Format : 13 x 19 cm - 45 pages - 6.50 €
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vendredi 15 février 2019

Qui a tué l'homme-homard ? - J.M. Erre

Un humour très noir !
Un humour que j'ai trouvé un peu appuyé au début, mais ensuite, on se laisse emporter par l’histoire, on sourit beaucoup, et pourtant, ce n'est pas drôle !!

Un roman policier dans un coin charmant de Lozère ... À Margoujols, à la sortie de la guerre, un jour de 1945 un cirque "de monstres" s'est arrêté. Le directeur a été atrocement assassiné, et les "monstres" femme à barbe, lilliputien, homme-éléphant, soeurs siamoises... privés de leur employeur,  ne sont plus repartis.
Et voilà que soixante-dix ans plus tard, le plus méchant de la troupe est assassiné, un meurtre qui ressemble fort au précédent.

Nous allons donc suivre une véritable enquête policière, menée par un gendarme sans grande envergure, et son stagiaire, gentillet mais pas forcément très dégourdi. Et une population qui s'empresse de collaborer, en apportant des monceaux de documents.
Désir de se laver de tout soupçon, d'accuser ses voisins, de participer à une "distraction" dans le village ?
Tout cela serait déjà assez distrayant, mais en plus, la narratrice est la fille du maire, totalement paralysée, à l’exception d'un doigt.
Pas facile pour se joindre à l'enquête, mais elle a de la ressource, et un fauteuil ultra performant.
Elle se moque joliment d'elle-même et de son handicap,;
Par une sorte de mise en abyme, elle cherche à écrire un roman policier à partir de cette enquête, et ce n'est pas triste.
Mais sa vie elle-même n'est vraiment pas drôle, et tout en riant à ses réflexions, on voit bien le drame d'être cloué, sans pouvoir effectuer le moindre mouvement, toujours dépendre des autres, pour le moindre geste de la vie quotidienne.

Et parallèlement à l’histoire, on a de temps en temps des extraits du blog "Je vois la vie en monstre". On se doute qu'à un moment, les deux histoires vont se croiser forcément, mais ...

J'ai aimé les retournements de situation, les événements imprévus, la présence du couple de vacanciers et de leurs "charmantes" fillettes, une vraie énigme policière. Et aussi (ou surtout) la narratrice. Même si parfois, ses considérations sur les personnages du roman qu’elle veut écrire sont un peu moins intéressantes (à mes yeux) que le reste de l'action.
Sa façon de considérer sa vie (tellement limitée), de se moquer d’elle-même, c'est tendre et cruel à la fois. Je me prends à espérer la retrouver dans un autre roman.
Oh, j'allais oublier les autruchons !!

J'avais déjà lu de J M Erre : Prenez soin du chien, qui m'avait bien amusée aussi.
Et je vois que l’auteur semble faire une fixation sur les peintres sur coquilles d'oeuf, d'autruche ou pas !!

Extraits :

Margoujols Jour 1
10h07
Tout au long de ses soixante-dix années passées à Margoujols, avec une volonté de chaque instant qui forçait l'admiration, Joseph Zimm avait travaillé sans relâche au grand projet de sa vie : se faire détester par l'ensemble des habitants du canton.
[...]
Précisons néanmoins que Joseph était moins rejeté pour sa difformité que parce qu'il était raciste, misogyne, homophobe, pervers et supporter du PSG.

***
... car on pleure toujours sur soi, même quand on croit pleurer sur les autres.

***
Les contes de fées apprennent aux enfants que la difformité physique est toujours le reflet d'une laideur morale.

***
Non à la discrimination ! Je veux être insultée comme tout le monde, c'est une question de respect ! #RadasseSurRoulettes.

***
Pour moi, le monde se définit plutôt selon la partition valide / invalide. Et chez nous, femme ou homme, on est tous égaux : discriminés pareils.

***
Toujours réjouissant de voir les gens faire comme si tout était normal alors que leur visage exprime le contraire. Personne n’ose jamais me dire "Vous parlez ? C’est incroyable !" ou "Vous comprenez ce qu’on dit ?" ou encore "Alors vous n’êtes pas vraiment un légume ?" Ca ne se fait pas de parler à une handicapée de son handicap, au cas où elle ne serait pas au courant de son état.


Éditeur : Buchet-Chastel - 358 pages - 19.00 €
7 février 2019 - NOUVEAUTÉ
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jeudi 14 février 2019

Lion Boy - Tome 1 - Zizou Corder

Un roman que j'avais lu avec grand plaisir il y a près d'une quinzaine d'années, et que je trouve toujours aussi agréable.

Charlie rentre chez lui et s'aperçoit que ses parents ont disparu. Pas de piste, que faire ? Très vite, lui-même est en danger. Il sait que ses parents sont des scientifiques, mais connait mal le domaine de leurs recherches.
Heureusement, griffé par un jeune jaguar dans sa petite enfance, il comprend les félins et peut leur parler. Ce sont d'abord les chats qui vont l'aider, et on découvrira peu à peu pourquoi ça leur tient à coeur. Puis caché dans un cirque, il rencontrera d'autres animaux, et ce sera à son tour d'aider.

Une aventure palpitante, des péripéties intéressantes, la vie dans un cirque, des méchants très dangereux, la volonté de Charlie à la fois de retrouver au plus vite ses parents bien entendu, mais aussi d'aider ses amis. Il va même découvrir un animal tout à fait inattendu. Et on a aussi une belle balade dans l'Orient-Express !
Parallèlement, on suit ses parents, qui ont été enlevés et s’inquiètent pour Charlie.
Je trouve que ce roman n'a vraiment pas vieilli, et que c'est un grand plaisir de lecture, facile à lire et très prenant.
Je languis de pouvoir relire la suite.

Extrait :

Le danger lui-même est ébloui par la beauté et l'intelligence des gens du cirque, se disait Charlie. C'est pour ça qu'il oublie de les faire tomber, de leur briser le cou ou de les faire décapiter par les mâchoires d'un tigre.

***
On ne peut pas être triste tout le temps, répondit Charlie. On finit par se lasser.

***
Je n'entends rien, mon garçon, répondit le lion. Je vis dans le noir, je ne vais nulle part, je ne vois personne. Mes épouses vivent dans le noir elles aussi, elles ne vont nulle part, elles ne voient personne. Nous mangeons de la viande morte, nous restons couchés toute la journée. De temps en temps, cet homme nous sort pour nous faire faire des numéros, tels des singes mendiants des noisettes. Nous devons faire semblant de nous battre, alors nous faisons semblant. Nous devons faire semblant de mendier, alors nous mendions. Mais nous ne savons rien. Qui pourrait nous dire quoi que ce soit ? Nous étions des lions, mon garçon. Nous savions des choses. Maintenant, nous ne savons plus rien.

Traduit de l’anglais par Jean Esch
Titre original : Lion Boy 2003
Editeur  : Albin Michel 2004
Collection : Wiz - 382 pages
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mardi 12 février 2019

Dysfférent - Fanny Vandermeersch

Un intéressant petit roman sur un enfant dys. Raconté à la première personne par Charlemagne ... Oui, en plus de cumuler les difficultés, il a un prénom qui prête trop souvent à la raillerie.
Il est malheureux, il voudrait bien y arriver, mais malgré ses efforts, tout est trop difficile pour lui. Et si les autres enfants se moquent  de lui, les adultes ne semblent pas prendre la mesure de ses difficultés.
Entre les enseignants qui l’enfoncent un peu plus en essayant de l’interroger plus souvent, et ses parents qui ajoutent du travail au travail, dans l’espoir de le sortir de ses difficultés.
On ressent bien son découragement, avec cette impression d'une montagne impossible à franchir, d'efforts inutiles, sans voir de solution.
Mais heureusement, chacun a des possibilités, si on ne se limite pas au côté scolaire.

On peut souhaiter que lire ce roman fera prendre conscience aux enfants non dys de la méchanceté qu'il y a à se moquer de quelqu'un aussi intelligent qu'eux, mais différent (mais peut-être je rêve ?).
Il serait intéressant aussi à faire lire aux adultes, qui trop souvent ne voient pas, ou refusent de voir, que les solutions qu'ils proposent n'en sont pas, qu’ajouter du travail à des enfants déjà lents et submergés par ce qu'on leur demande n'aidera en rien.

Par contre, je ne sais le bénéfice qu'en retireront les enfants concernés. Voir qu'ils ne sont pas tout seuls, que ce n'est pas de leur faute s'ils n'y arrivent pas.
Mais tout le monde n'a pas la chance d'être musicien, ni de rencontrer quelqu'un qui va les aider à se découvrir.
Je crains qu'ils n'en restent un peu au premier degré et désespèrent de trouver leur propre solution.

Le texte est beau, facile à lire, mais il m'a manqué un petit je ne sais quoi pour être vraiment enthousiasmée. Un peu plat, sans grande surprise. Ou peut-être cette impression qu'on suit Charlemagne avec grand plaisir, mais que ça ne nous aidera pas beaucoup si on lui ressemble.

J'ai été surprise par la police de caractères, qui est parait-il étudiée pour les dys, et qui pour moi est un peu gênante à lire. Je serais curieuse de mieux comprendre en quoi elle aide.

J'apprécie d’avoir découvert cette maison d'édition, que je ne connaissais pas du tout.
Avec une collection qui semble à suivre de près et dont j’espère découvrir bientôt d'autres titres.

"La collection Rester vivant est constituée de nouvelles et de romans qui parlent du monde d’aujourd’hui, en abordant sans détour les questions écologiques, sociales et éthiques qui émergent au sein de la société dans laquelle nous évoluons. Elle s’adresse en priorité aux pré-ados, aux ados… et plus généralement à tous les lecteurs qui résistent encore à l’asservissement des esprits, quel que soit leur âge. Ces livres ont pour ambition, en plus d’attiser l’imaginaire du lecteur, d’éveiller son sens critique et de poser un regard incisif sur nos comportements individuels et collectifs."


Extraits :

L'anglais et moi, ça fait deux. Je pige que dalle, du pur charabia.
[...]
Il me semble qu'un son unique s'écrit de dix façons différentes. Étrangement, celle que je choisis n'est jamais la bonne ...

***
Que me veut-elle ? Me passer  un savon ? Me mettre un zéro ?Une retenue ? Tout ça, c'est déjà fait. Et ça n'a jamais rien changé à mes notes. Au contraire, le peu de motivation qui me restait s'est envolé.

Éditeur : Le Muscadier - 18/10/2018
Collection : Rester vivant - 88 pages - 10,50 €
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lundi 11 février 2019

Je crée ... Mes dinosaures en origami (Usborne)

Avec 75 feuilles de papier à plier et un livre d’instructions étape par étape.

Une belle pochette en carton épais, dans laquelle se rangent d'un côté le livret d’instructions, et de l'autre les feuilles, de 2 formats.










Dans le livre, une page explicative sur origami et dinosaures, et une page de conseils et légendes.


Ensuite les indications de pliages pour 8 animaux différents, dinosaures et reptiles.
Pour chacun, les feuilles à utiliser sont précisées, 4 ou 5 motifs par dino (on peut choisir le petit ou le grand modèle) et on a un pas à pas bien détaillé.
On commence par le plus facile à monter, le brontosaure, (2 pages d'explications) pour terminer par le tyrannosaure, qui demande 4 pages.


Dès qu'il a vu la pochette mon petit-fils (6 ans 1/2) s'est tout de suite lancé dans la fabrication, et il a réalisé 3 modèles sans aucune aide (heureusement d’ailleurs, vu mes dons en la matière ! Quoique c'est si bien expliqué que même moi j’arrive à en créer avec ça :-))


Nous avions déjà des feuilles pour origami, pochette parue il y a deux ans, et qui ont été bien appréciées, mais par les grandes soeurs.
À présent, j'ai un autre fan de dino, et évidemment, ce thème l'a tout de suite attiré !
Je ne sais pas pourquoi, mais les années passent, et les dinosaures sont toujours aussi attractifs, fille ou garçon, quel que soit l'âge ou presque.

Extraits :

Personne ne sait  vraiment à quoi ressemblaient les dinosaures. Leur peau était peut-être claire ou sombre, unie ou à motifs. Certains d'entre eux étaient probablement couverts de plumes.






Éditeur Usborne 24 janvier 2019 NOUVEAUTÉ
Collection : Je crée ...   9.95 €
Format 21 x 25 ; 1 livret de 23 pages + 75 feuilles
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dimanche 10 février 2019

Tant que durent les rêves - Roland Fuentès

Un thème intéressant, traité de façon très originale, mais je n'ai hélas pas vraiment accroché au roman, probablement pour des raisons très personnelles, et aussi parce que je sors de la lecture de plusieurs coups de coeur. On ne peut pas toujours tomber juste !

Du sport et du fantastique.
J'avais été enthousiasmée par Vivant, moins par d'autres livres du même auteur, j'étais donc curieuse de découvrir celui-ci.
Comme dans Tics olympiques, la première partie est consacrée à la natation, compétitions, ambiance, entraînement, espoirs. Roland Fuentès connait bien le sujet.
Une intéressante réflexion sur la volonté de gagner, le courage d'aller de l'avant, de tout sacrifier au sport.
C'est  un domaine dont je suis très éloignée, je me suis un peu ennuyée.

Dans la deuxième partie, on entre dans le surnaturel, même si on peut considérer que ces fantômes ne sont qu'une façon d'exprimer la dichotomie de l'être humain.

J'ai aimé surtout la troisième partie, car les personnages secondaires prennent de l'importance aux côtés de Nathan le nageur.
L'auteur a su mettre en parallèle le désir de vaincre sur des sujets bien différents : Nathan avec la natation, Alicia qui désire plus que tout arriver à faire éditer son roman, et Romain qui rêvait de passer à la télé, et qui participe à une émission de télé-réalité.
J'ai finalement été émue par la fin de l'histoire. Ce ne sera pas un coup de coeur pour moi, mais un texte intéressant à lire je pense.

De façon plus personnelle, que les deux personnages principaux soient des sportifs appelés Nathan et Romain, m'a particulièrement touchée, et de plus ça se passe dans les Bouches du Rhône !

J'ai aimé aussi retrouver quelques (rares) mots provençaux.
Encapé, et néguer, je ne les avais plus entendu depuis au moins un demi-siècle !! Et pourtant, qu'est-ce que j'ai pu l’entendre au bord de la piscine, allez on va le néguer ...

J'ai été amusée aussi lorsque le héros liste les livres qui dans sa chambre ont un rapport avec l'eau, et qu'au milieu de romans existants, on trouve Vivante, de Laurence Fuentès !
D'ailleurs, les livres ont un rôle important dans la vie de Nathan, à côté du sport. Il est agréable de voir combien les livres l'aident dans les périodes difficiles.

Finalement, j'ai eu un peu de mal à lire ce roman, mais je m'aperçois que j'y ai aimé pas mal de choses !
Et je rêve que les profs de français de la section sport du collège de mes petits Romain et Nathan leur proposent la lecture de ce roman, qui se passe tout près de chez eux.(qui les motiverait sans doute plus que d’autres qu'ils ont eu en lecture obligatoire ! Un sujet qui les concerne directement)

Des avis plus positifs :
de Ramettes
de l'éternel ado

Extraits :

Et encore, moi, je venais de nulle part, alors j'ai pas encapé le meilleur contrat.

***
Il faut que tu la combattes, cette peur, que tu la repousses, que tu la nègues (1) ! Mais tu ne dois pas souhaiter sa disparition.
(1) Néguer : noyer (en provençal)

***

Lire, c'est comme vivre en deux endroits à la fois. Vu de l'extérieur, le lecteur se situe au même emplacement que son corps, mais son esprit se trouve en voyage, très loin. Comme si deux personnes existaient en lui.

***
Alicia a toujours privilégié la lecture plaisir. Pour elle, ce qu'on nous impose de lire au lycée se trouve inévitablement défavorisé par rapport à ses lectures personnelles, comme si en obtenant l'aval de l'Éducation nationale un livre perdait de sa puissance.  J'ai essayé de lui dire qu e les romans, ça existe d'abord "dans la nature", et que ça intègre ensuite (ou pas) les programmes scolaires. Peine perdue.

***
J'ai compris que, pour réussir, il ne faut pas éliminer de s on esprit l'existence de la Bête. Au contraire, il faut se mesurer à elle, l'affronter chaque jour, de face.

***
Tu ne pourras jamais te débarrasser de ta peur. Ce que tu peux, c'est l'apprivoiser.


Éditeur : Syros  - 7 février 2019 - NOUVEAUTÉ
267 pages - 16.95 €
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vendredi 8 février 2019

Le chasseur de gros mots - Amélie Richir

Dans cette sympathique collection avec rabats, (l'un pour présenter personnages, thème et lieu, l'autre pour expliquer les mots difficiles), une première lecture qui va certainement beaucoup plaire.

Une épidémie de gros mots s'est déclarée à l'école. Chacun se défoule à coups d'injures à base d'animaux ou de légumes. Je sens que les enfants vont se régaler !!
La maîtresse qui commence même à se laisser contaminer, invite une chasseur de gros mots (M. Bégueule : ça, ça ne fera sourire que les adultes !)
Qui, à coups de "C'est celui qui dit qui y est !" ne va pas tarder à transformer la cour de récréation !!

Je ne sais pas si les lecteurs débutants parviendront à prononcer "Caca de gnou poilu et puant"  (le gnou surtout) mais ils vont bien s'amuser.

Une amusante façon de se lancer dans la lecture !

À la fin 7 pages de jeux et questions de compréhension.

Extrait :

- C'est ma place, face de limace !
Et l'adorable Aminata répond :
- Je m'en fiche, bouse de biche !
[...]
Mademoiselle Loup [la maîtresse] ne sait plus quoi faire.
Elle hurle :
- Maintenant, ça suffit, bande de salsifis pourris !

Illustrations : Fabrice Mosca
Editeur : Milan - 16 janvier 2019 - NOUVEAUTÉ
Collection : Benjamin 6 - 8 ans ; Pour le CE1
Format : 13 x 18 cm - 32 pages - 5.50 €
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jeudi 7 février 2019

Dolphin Island - Anouk Journo-Durey

Alors là, je suis totalement perplexe !
Rarement j'aurais aussi peu compris à qui est destiné un livre !

Talents Hauts est un éditeur pour lequel j'ai un a priori favorable, même si je n'aime pas forcément tout chez eux.

Il m'avait échappé qu'ils éditent aussi des livres bilingues, et j'ai voulu découvrir celui-ci : un tout petit livre, une histoire d'une trentaine de pages comportant des quiz, des illustrations, et écrit gros.
Donc a priori destiné aux plus jeunes.
D'ailleurs, il s'agit de la collection Mini Dual, et le niveau proposé est : une année d'apprentissage.

Comme précisé sur la couverture, un chapitre sur deux est en français, le suivant en anglais.
Pour chacun, on a un quiz à la fin, et des mots expliqués en bas de page. Mais entièrement expliqué dans la langue du chapitre.

Donc, dans le premier chapitre, on trouve l’explication du mot nager, celle du mot île. Un peu plus loin on aura "se noyer", "la gueule d'un animal" expliqués.
Ce livre semblant destinés à des enfants francophones, déjà arrivée là, je n'ai pas compris ce qu'ils ont voulu faire.
Après deux pages de découverte de l’histoire, nous arrivons au second chapitre, en anglais.
Et là, ça se gâte pour moi !! Mon niveau d'anglais est très bas, mais je pensais un peu plus tout de même qu'une première année (j'en ai fait dix ans au Lycée, mais très peu pratiqué).
J'ai du mal avec le texte, encore plus de mal avec les mots expliqués.
La 1e phrase me parait curieuse, je comprends les mots mais pas le sens de la phrase.

Pour ajouter à la difficulté de la langue, il s'agit de science-fiction, ça n'aide pas la compréhension.

Je n'ai pas encore trouvé d'enfants dans mon entourage qui accepte de le lire pour me dire ce qu'il en  pense.  La partie anglaise les rebute trop.
J'aurais aimé penser que l'enseignement de l'anglais s'était bien amélioré depuis mon lointain passage scolaire, mais je n'ai pas vraiment l’impression pour ce que  je vois autour de moi.

A part de jeunes enfants bien bilingues, je ne vois donc pas à qui est destiné ce livre, bien trop petit et enfantin pour intéresser les lycéens, ou les collégiens en fin de collège.

Le site dit :
"Un concept unique, testé par des parents, des enseignants et des linguistes, qui fait ses preuves depuis près de dix ans.
Le premier chapitre en français, le deuxième en anglais et ainsi de suite."
Ça me laisse perplexe.

Je ne juge pas l’histoire et  le fond du roman, je n'en ai pas compris assez, ma lecture n'a pas été assez fluide pour m'en faire une idée.

J'allais oublier une partie bonus à la fin, avec un résumé de chaque chapitre (dans la langue du chapitre), et des jeux, dont certains sont traduits (mais pas tous), une page française, même chose en face en anglais.

Déjà chroniqués chez Talents Hauts : 
Celle qui voulait conduire le tram, de Catherine Cuenca, joli coup de coeur
Une place dans la cour (de Gaël Aymon et Caroline Modeste)

Extraits :

"I can tell you admire my sister !" the boy says.

***
Luna is slim and obviously fit.

Illustrations : Sway
Illustrations de la partie Bonus : Vivilablonde
Éditeur : Talents Hauts 2016
Collection Dual
Mini Dual : Une année d'apprentissage ; CECR requis : A2
Format : 12 x 19 cm ; 45 pages dont 12 de bonus ; 7.00 €
Résumé Babelio

mercredi 6 février 2019

La Fille des Deux Mondes - Tome 1 Un pied dans la tombe - C.C.Hunter

Waouh, un gros coup de coeur totalement imprévu pour moi.
Je ne m’attendais pas à dévorer ainsi ce roman !
Des fantômes, ... je ne suis pas très littérature fantastique.
Des morts, ... je cherche plutôt de la gaieté en ce moment.
Des ados très ados (!), un lycée américain, des voitures, pas vraiment pour moi !
Je savais que ma petite-fille (13 ans et demi) avait aimé la série précédente de l'autrice et était très curieuse de découvrir celle-ci. J'ai donc tenté car on n'a plus trop de lectures communes depuis qu’elle a découvert le fantastique !
Et la surprise, un roman véritablement addictif.
C'est tendre et attachant, on a peur (mais juste ce qu'il faut !), c'est palpitant, il y a de l'humour aussi, mais surtout, une écriture qu'on ne peut pas lâcher.

Riley est une jeune fille tout à fait normale, dans un monde normal aussi.
Elle souffre de la disparition de sa mère, vit difficilement les multiples déménagements qui l'éloignent de ses amis, tombe amoureuse, s'inquiète pour son père, vu qu'il ne lui reste que lui. S'inquiète aussi pour ses tous récents amis.
Enfin, presque normale, car en plus d’avoir un père croque-mort, ce qui ne facilite pas les rapports avec ses congénères - les lycéens sont vite méchants - elle voit l'esprit des morts dont il s'occupe, elle seule peut leur parler et les entendre. Et ils ont des choses pas simples à lui demander, pour pouvoir partir en paix.
Elle doit donc mener une vie de lycéenne et tenter de se faire des amis en leur cachant l’essentiel de ses curieuses activités. Pas facile !

J'ai cependant regretté quelques grossièretés de langage qui ne me paraissent pas indispensables. (À l'oral ok, à l'écrit, c'est dommage)

Je pense aussi qu'il vaut mieux éviter de se lancer dans ce roman si on a un deuil très récent, car ça remue pas mal de choses.

Mais l'autrice aborde des sujets intéressants et qui font réfléchir mine de rien, comme le racisme notamment, le sexisme, etc ...
Et même si on tourne pas mal autour des amours lycéennes, c'est un très chouette roman à dévorer.

Je comprends pourquoi ma petite-fille, sitôt qu'elle l'a terminé, et avant même de me donner son avis, s'est fait offrir le tome 2 en anglais, et l'a commencé immédiatement.
(Son avis est donc tout à fait positif aussi !)
Il  va être dur pour moi d'attendre sa parution (je ne lis pas en anglais :-/  ) heureusement il semble prévu pour avril.

Voilà, il faut que je passe à autre chose, mais j'ai vraiment du mal à quitter Riley, Hayden et Kelsey !

Extraits :

Je regarde autour de moi. C'est ce qui fait défaut à cet endroit : du caractère.
Ou peut-être qu'il lui manque une touche maternelle. Ce sont souvent les mères qui décorent le foyer, qui en font un nid douillet.

***
Elle disparaît, me laissant seule avec sa terreur et sa peine.

***
Tu as l'air de croire que les adultes détiennent toutes les réponses, mais personnellement je les trouve encore plus mal barrés que nous. Regarde ma mère : elle a des chaussures qui ont tenu plus longtemps que la plupart de ses relations.
La couverture de l'édition originale est curieusement dans une ambiance très différente de la française.

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Laurence Boischot
Série  : La fille des Deux Mondes Tome 1
Éditeur : Michel Lafon - 24/01/2019  NOUVEAUTÉ
314 pages - 15.95 €
Résumé Babelio








mardi 5 février 2019

Les oscillations du coeur - Anne Idoux-Thivet

Anne Idoux-Thivet, un nom à retenir !
 Je m'étais déjà régalée avec L'Atelier des souvenirs et pourtant, les histoires de maisons de retraite, vu mon âge, ça m'amuse rarement !

Celui-ci m'a aussi emportée sans que je le lâche.
Sans doute un peu moins feel good, mais original, assez inattendu, et plein de détails que j'ai eu plaisir à lire.
Entre enquête, secrets de famille, et road movie, entre Claudine Casserole et les Colombes amatrices de romances Colombine... des personnages sympathiques que l'on suit volontiers.

J'avais été attirée, en plus du nom de l'autrice, par le personnage d'Angélique, autiste. On sent que Anne Idoux-Thivet connait bien son sujet, et c'est émouvant de faire un bout de chemin avec cette jeune fille, qui a conscience de sa différence, qui essaie de vivre comme les autres malgré un handicap invisible mais qui rend différent.
Elle évoque à nouveau, juste discrètement ici, l'idée d'ateliers d'écriture dans les maisons de retraite. Un sujet qui doit aussi lui tenir à coeur.

L’histoire est originale, et on y rencontre des personnes assez atypiques.
J'ai tout aimé dans ce roman.
La littérature romanesque, qu'on se cache un peu pour aimer. La rencontre entre ces personnages qui n'auraient pas dû se retrouver en train de voyager ensemble. L’amour et l'amitié. La jeune Japonaise, et la mathématicienne, toutes deux fort différentes et si attachantes.
Les culbutos bien sûr. Mes enfants en avaient un, mais je me suis subitement souvenue que j'en ai eu un aussi dans mon enfance, qu'on appelait alors poussah en effet, même si ce n'était pas un magot.
Des lieux qui me parlent aussi : Arles, ville chère à mon coeur, Grenoble et Lyon Part-Dieu, et jusqu'au phare de Goury !
Et j'y ai découvert les Gömböc, dont j’ignorais tout.

Mais surtout, une histoire tendre et attachante, vraiment agréable à lire, que j'ai dévorée.

Je m'aperçois qu'en cinq mois, j'ai lu quatre romans récents avec Coeur dans le titre ! Une mode dans les parutions ? ou bien juste parce que j'ai grand besoin de douceur que ces livres m'attirent ?

Extraits :

Jean-Marc Poulain était, de son propre aveu, ce qu'il conviendrait d'appeler "un has been de la littérature". Cette expression à elle seule était un condensé de sa honte.

***
- Parce que je déteste les réseaux sociaux. Exactement comme toi les poupées, les clowns et les mensonges. Je les hais, je les abhorre, je les exècre.
- Oh ! Tu es le premier "Facebookphobe" que je rencontre. 

Éditeur Michel Lafon
17/01/2019 - NOUVEAUTÉ
333 pages - 17.95 €
Résumé Babelio


vendredi 1 février 2019

Minute papillon - Aurélie Valognes

Ça se lit vite, c'est même assez "page turner" je reconnais, facile et agréable à lire.
Mais agaçant ! J'ai du mal avec les romans où aucun personnage ne m'est sympathique, j'ai un peu envie de tous les envoyer au diable !
Et ici, on les cherche les gens sympathiques.
Certainement pas le personnage principal, Rose, a qui j'ai eu tout le long envie de donner quelques claques pour la remuer. Parce que vouloir à ce point garder sous sa coupe son fiston, même s'il est unique et si elle l'a élevé seule, il n'a plus quinze ans ! Quant au secret de famille qu'elle cultive, c'est tellement idiot de penser qu’elle va ainsi protéger son fils que ça en devient ridicule. On est au 21e siècle il me semble, chacun sait qu'un non-dit fait plus de mal que tout le reste.
Pas sa soeur non plus qui décide pour elle, de façon parfois surprenante. Pas Véronique bien entendu, mais elle est là pour ça, pour être détestée, et nous faire sourire tant elle est caricaturale. Même pas le chien ! Et Colette, et bien il faut vraiment avancer dans le roman pour qu’elle dévoile un côté un peu supportable !
Il y a bien le petit groupe du café, mais on les voit à peine.
Bref un avis mitigé pour moi, même si j'aime les lectures légères et les "happy ends" (si joliment invraisemblable ici !)
Je situerai donc ce roman (pour mes propres goûts hein !) entre Mamie dans les orties, que j'avais lu avec grand plaisir, et Nos adorables belles-filles, qui m'avait pas mal agacée.

jeudi 31 janvier 2019

Il était 6 fois Hanaé - Matt7ieu Radenac

Quel merveilleux roman.

Après le très chouette Des livres et moi, dialogue avec un écrivain, ici,  c'est un bibliothécaire que Matt7ieu Radenac met à l'honneur, un adorable bibliothécaire.
Nous sommes donc toujours dans le monde des livres, et ce roman va donner envie de relire ou de découvrir plein de titres importants. On trouve d’ailleurs à la fin une courte bibliographie des livres évoqués.
J'ai suivi avec un infini plaisir la vie d'Hanaé et ses interrogations. 
C'est beau, drôle, tendre et émouvant.
J'aime que ce texte soit à la fois facile à lire, bien écrit, très vivant ; j'aime aussi la présence de personnages tellement chaleureux, positifs, aimants et agréables. On n'a plus envie de les quitter, et ça fait un bien fou.

Hanaé, toute jeune collégienne, est heureuse chez elle, et encore plus à la bibliothèque qu'elle fréquente assidûment, au point de s'être fait un véritable ami du bibliothécaire. Mais, adoptée à trois mois, elle n'est jamais véritablement en paix avec elle-même, elle se pose forcément des questions sur ce qu'elle est, d'où elle vient.
Nous suivons d’abord ses réflexions, sa recherche sur "qui sommes nous", en quoi les débuts de notre vie nous influence, qu’elle partage avec Paul, le bibliothécaire qui sait l'aider et lui donner des pistes de réflexion (et qui va aussi nous faire  réfléchir nous-même). Puis, à mesure qu’elle découvre différents types de textes (théâtre, SF, contes ...) elle s'essaie à imaginer les débuts de son existence selon des modèles différents.
C'est amusant, intéressant, et aussi cela donne des idées originales pour écrire des petits textes "à la manière de".