mardi 21 janvier 2020

Princesse Kevin - Michaël Escoffier

Une bonne idée, un album amusant.
Un album de plus sur la possibilité de ne pas se cantonner à la séparation rigide filles / garçons.
Et signé Michaël Escoffier, c'est tentant.

Apprécié chez nous, mais pas un énorme coup de coeur.
Le sujet est léger, puisqu'il s'agit de se déguiser.
Se déguiser, c'est endosser une autre personnalité non ? Donc aucun problème si Kevin veut une robe de princesse.
Enfin, il ne devrait y avoir aucun problème. Le regard des autres n'est pas très tolérant, mais ça n'arrête pas Kevin.
Cependant, ce qui devrait être la liberté totale de prendre le costume qu'on veut me semble un peu diminué par le fait que Kevin, une fois en princesse,  a absolument besoin d'un chevalier. On retombe dans les clichés : la princesse ne peut se débrouiller sans chevalier. Et je n'y ai pas vu de second degré ni d'humour sur ce sujet-là.
Le sujet principal finalement, c'est surtout que Kevin découvre combien une robe, des talons hauts, ce n'est vraiment pas confortable et pratique.

La couverture avec tout ce rose attire forcément l'oeil. Mes garçons ont trouvé que la robe rose était belle (moi aussi, j'aime bien ce rose-là !). Une idée de déguisement pour eux pour le prochain Carnaval ? (mais ils vont avoir du mal à trouver une belle robe rose dans les vêtements quotidiens de leurs soeurs !!)

La chute de l’histoire a été bien appréciée, ils en ont tout de suite compris son humour et son absurdité.

En résumé pour moi, un sympathique album, pas l'album du siècle non plus ! Un déguisement est un déguisement. Et j'ai regretté la recherche du chevalier.

Qui en parle ? La littérature jeunesse de Judith et Sophie

Extraits :

Il ne voit vraiment pas pas ce qu'il y a de mal à se déguiser ainsi. Quand on se déguise, c'est pour ne pas être reconnu. Sinon, ça ne sert à rien de se déguiser.

***
Ah ben zut ! C'est malin ! Comment on fait, déjà, pour enlever cette robe ?
- Attends, je vais t'aider. Tu as encore des tas de choses à apprendre pour devenir une vrai princesse !





Illustrateur : Roland Garrigue
Éditeur : Glénat (2018)
Collection P'tit Glénat
Format : 21 x 26 cm ; 32 pages ; 11.00 €
Résumé Babelio

dimanche 19 janvier 2020

Les trois crimes de Noël - Christian Jacq

Une intrigue presque aussi tarabiscotée que le manoir !

Depuis 25 ans que j'ai découvert cette série, je ne rate pas une occasion de lire une nouvelle aventure de ce drôle de duo. Après plus d'une quinzaine, et même s'ils sont de niveau assez inégal, c'est toujours un plaisir.

Contrairement à la plupart, ce volume ne commence pas à The Slaughterers,  mais la propriété d'Higgins, et Trafalgar son chat, seront tout de même mentionnés.
L'ex-inspecteur Higgins, et le surintendant Scott Marlow arrivent dès la première page dans un manoir incongru perdu dans la campagne anglaise.
Ce n'est pas Marlow qui a appelé Higgins à la rescousse, mais au contraire l'ex-inspecteur qui entraîne son acolyte dans une aventure qu'il ne va pas aimer, loin de Londres et de la Reine.

Un thème un peu insolite puisqu'il s'agit de découvrir les dessous d'un meurtre probablement commis dix ans plus tôt.
Mais en même temps une intrigue très classique : un manoir isolé très loin de la civilisation, coupé de tout contact par la neige, sans réseau pour le téléphone portable. Un groupe d'héritiers, tous cousins, ayant bien entendu tous quelque chose à cacher.
Ce n'est pas mon Higgins préféré, parfois un peu répétitif, parfois un peu embrouillé, mais j’aime toujours autant passer un moment en compagne de cet improbable duo. L'humour dû à leur différences, Higgins tout à l'instinct, toujours partant, et Marlow qui se sent mal dès qu'il quitte la ville, qui voudrait bien pour une fois démontrer que c'est lui le meilleur, mais qui panique si vite. Et si sa fidèle voiture lui refuse tout service, c'est la catastrophe.
Évidemment, le titre spoile un peu, mais ce qui importe ici ce sont plus les personnages, l'ambiance, l'humour et un peu aussi la solution !

Le manoir étant quasiment un musée de tous les voyages du  propriétaire, nous faisons une belle découverte de chaque lieu. Higgins apprécie les pièces rares, il nous guide dans l’ambiance des divers pays et civilisations.
On sent que l'auteur s'est régalé à utiliser sa grande culture pour une balade à travers le monde sans quitter Lost Manor.

Extraits :

Scott Marlow songea avec émotion que c'était le prince Albert, époux de la reine Victoria, qui avait dressé le premier arbre de Noël anglais, au château de Windsor, en 1841.

***
Après dix ans de bons et loyaux services, ayant en quelque sorte purgé sa peine, [...] serait devenu immensément riche.
[Vous ne pensiez pas que j'allais vous donner le nom ? :-) ]

***
Il avait une autre épreuve redoutable, lors de chaque Christmas : déguster le traditionnel pudding.

***
L’argent, ce n’est pas mon problème, mais l’amitié, ça ne se marchande pas.

***
L’essentiel, c’est que vous soyez tous réunis. Si longtemps après, je ne m’attendais pas à vous retrouver vivants et en bon état! L’appât du gain, ça conserve.

D'abord paru en 1998 sous le pseudonyme de J.B. Livingstone, aux éditions du Rocher, collection "Dossiers de Scotland Yard", ce titre a ensuite été repris en 2016 par les éditions XO, avec le vrai nom de l'auteur Christian Jacq.
Présenté comme le tome 3 d'une série qui en compte 35 ce mois-ci.
Cette édition Collector contient le même texte, mais une couverture en lettres d'or.

Un grand merci aux éditions XO pour le calendrier de l'avent qui m'a permis de redécouvrir ce titre dans une belle édition.

Série : Les enquêtes de l'inspecteur Higgins
Éditeur : XO éditions
Collection : Collector - 14/11/2019
254 pages - 13.90 €
Résumé Babelio


vendredi 17 janvier 2020

Vingt-quatre heures dans l'incroyable bibliothèque de M. Lemoncello - Chris Grabenstein

D'abord un énorme coup de chapeau à la traductrice, parce qu’entre rébus, titres de livres, énigmes etc, ça a dû être un vrai casse-tête à transcrire en français ! C'est pratiquement pour certaines parties une réécriture
J'y ai pensé tout le long. Et puis je vois en arrivant à la fin que l'auteur la remercie aussi, et qu'elle-même dit quelques mots de son travail.

J’avais lu beaucoup d'éloges de ce roman, et j'avais bien envie de le découvrir, sans trop savoir à quoi m'attendre cependant. Merci à ma petite-fille de l'avoir emprunté pour moi à sa bibliothèque, je n’ai vraiment pas été déçue.
Un amusant escape game dans une bibliothèque, qui se laisse dévorer en rien de temps (sauf sans doute si on essaie de décoder nous-même les énigmes, mais ça me parait un peu complexe.)
Une chouette découverte des dessous de la bibliothèque, avec un rôle important joué par la classification Dewey ; le plaisir de retrouver plein de bons titres connus ; des personnages sympathiques et pas mal de bons sentiments.
Un petit côté Charlie et la chocolaterie aussi il me semble (Je peux me tromper, ne l’ayant pas relu depuis fort longtemps - même si le plus connu, c'est loin d'être mon préféré de Roald Dahl) avec le personnage de Luigi Lemoncello. Il y est d’ailleurs fait allusion dans le roman.
Et un mélange de technologies modernes, hologrammes, écrans, gadgets, et de jeux de société, ce qui ne pouvait que me plaire.
Bien entendu, on devine très vite comment ça va se terminer, vu le net clivage entre les "gentils" et les "méchants", mais l’important est dans le parcours, les recherches que font les enfants, leur façon d'appréhender la compétition.
Et on se régale à suivre Kevin qui se fait dans sa tête, chaque fois qu'on parle d'un titre important, une liste de livres à lire impérativement dès qu'il sortira, lui qui ne s'intéressait qu'aux jeux, vidéo ou autres.

Je me suis régalée à le dévorer, et je me suis d'abord demandée si ça plairait aux enfants. J'ai beaucoup aimé me balader au milieu des classes de la Dewey, et de plein de titres connus. Mais chez nous, à part les enfants de bibliothécaires, peu doivent connaître la Dewey.
Mais à la réflexion, je comprends mieux pourquoi ce roman a eu un tel succès, un vrai bon roman d'aventure, mystères, énigmes, coups bas et entraide, technologie et vieux souvenirs.

Une belle ode aux bibliothèques, et aussi un bon roman d'aventures.
Je vous quitte, je vais vite commencer le suivant !

Qui l'a lu ? L'Atelier de Ramettes

Et à titre personnel, découvrir une bibliothécaire qui s’appelle Amy Alessio est assez émouvant pour moi (p 177 et remerciements) 

Extraits :

Kevin se dit qu'être enfermé dans une bibliothèque avec des ordinateurs dans la nuit de vendredi à samedi vaudrait mieux que de se retrouver privé d'écrans à la maison.

***
Et pour la première fois de sa vie, Kevin ressentit une envie plus que pressante de consulter un ouvrage de bibliothèque.

***

ces douze enfants ont vécu toute leur vie sans bibliothèque publique. Par conséquent, ils ignorent toutes les richesses qu'une bibliothèque a à offrir, le puits de  connaissance et d'amusement qu'elle représente. C'est une occasion unique pour eux de découvrir bien plus qu'un amoncellement de vieux ouvrages poussiéreux, et de comprendre qu'ils se trouvent dans le lieu idéal pour apprendre, explorer et grandir !

***
Et quand je gagnerai, je dirai à monsieur Lemoncello de vous renvoyer !
- C'est un hologramme, rétorqua Miguel en riant. Tu peux pas renvoyer quelqu'un qui existe pas pour de vrai.

Titre original : Escape from Mr. Lemoncello's Library (2013)
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Anath Riveline
Éditeur : Milan (2017) ; 304 pages
Résumé Babelio

jeudi 16 janvier 2020

Le jour où mon père a disparu - Benoît Séverac

Quand secrets politiques et secrets de famille s'emmêlent.
Un roman assez étonnant, que je n'ai pas pu lâcher, je l'ai lu dans la journée.

Début un peu surprenant : la plupart des romans jeunesse commencent de façon très "dynamique", de l'action, du suspens, de façon à ce que le lecteur accroche immédiatement.
Ici, l’auteur pose le contexte politique.
Je pense que ça réserve ce roman aux bons lecteurs et pas aux plus jeunes, même s'il est facile à lire et terriblement prenant.

Etienne vit dans un petit village de l'Aude, comme ses parents et ses grands-parents avant lui. Fortement enracinés dans le terroir, et pourtant totalement parias.
Depuis des années, on l'évite au collège, on évite ses parents, il  n'a eu qu'un seul ami, un garçon qui venait d'ailleurs, et qui est reparti. Et même dans sa famille, il n'a plus le droit de voir ses grands-parents ni ses cousins, tous se détournent.
Sans qu'il ne sache bien la raison, ses parents refusant toujours les explications.

Et puis, alors qu'après le brevet il s'apprête à passer un été tranquille, un détenu s'évade de prison. Et sa vie prend un tournant totalement inattendu.

Comme dans Little sister, même si ici on n'a qu'un narrateur, on passe soudainement d'une ambiance à l'autre.
La plus grande partie du roman chez Etienne. Puis, il part en vacances et se changer les idées chez son ami. Le pays basque, le surf, les fêtes de Bayonne.  On se demande presque ce qu'on fait là ; quand soudain les histoires se rejoignent, hélas.
Triste pour Etienne, mais qui grandira grâce à ça.

Il va être question de régionalisme et de nationalisme. D'actions culturelles et d'actions violentes. D’appartenir à ses racines, et d'appartenir au monde entier.
Et comme toujours chez l’auteur, il y a à la fois des personnages forts et attachants, du suspens, des ruptures de rythme qui surprennent. De la réflexion sur des sujets importants. Une amitié entre ado puissante et utile. Une famille qui résiste, et qui réchauffe le coeur finalement malgré les aléas de la vie.
Et une écriture extrêmement addictive.
J'ai beaucoup aimé et je l'ai dévoré, mais il me semble  que le sujet va beaucoup moins attirer les ados que ses autres romans (comme Little sister, ou Silence).
Sans doute plus tourné vers un public young adult voire adulte. Même s'il se lit très facilement et qu'il peut vraiment être lu à tout âge.

Qui l'a lu ?
L'ado accro aux livres
L'éternel ado

Extraits :

- C'est quoi, les étrangers, selon vous ?
[...]
Au début, on faisait tous attention à ce qu'on disait parce que les propos racistes sont interdits en classe. Mais le prof nous a invités à nous exprimer librement, sans crainte de sanction.
- Tant que vous respectez la parole de l'autre, il a ajouté.
Rapidement, on s'est aperçus que nos définitions allaient de "Arabe" à "tout ce qui n'est pas né dans mon village".

***
On ne fait pas ça quand on est une mère responsable. Normalement, c'est nous, les ados, qui claquons les portes en hurlant.

Éditeur : Syros - 16/01/2020 - NOUVEAUTÉ
232 pages - 15.95 €
Résumé Babelio


Mes autres chroniques de Benoît Séverac :
Une caravane en hiver
Little Sister
Silence
Le garçon de l'intérieur
L'homme-qui-dessine

mardi 14 janvier 2020

Les Nouveaux - Tome 1 - Une drôle de journée ! (B.D.)

Douze histoires de quatre pages chacune, avec une trame commune, l'arrivée d'un nouvel élève dans la classe de Momo, et chaque fois, le même texte pour la première et l'avant-dernière cases. (Mais les illustrations diffèrent bien entendu.)

Le thème est donné dans le titre : chaque jour, dans cette école théoriquement classique mais en fait un peu curieuse, un nouvel élève est accueilli, qui ne restera que la journée, cantine comprise.
Des nouveaux célèbres, ou pas, mais certainement inattendus dans une classe.

J'ai beaucoup aimé cette idée, c'est drôle et ça met en lumière chaque fois les particularités du nouveau, avec un trait un peu exagéré bien entendu, c'est le principe, pour amuser et distinguer ces nouveaux.
On a par exemple Tarzan (à la piscine, difficile de le suivre), un homme âgé (incollable sur la guerre mais avec des idées bien arrêtées sur "les boches", et qui ne veut pas rater ses émissions de télé), une starlette (qui se croit en représentation), le Père Noël, un astronaute, ...
Le plus drôle est peut-être l'arrivée de l'élève normal, inattendu après tous ces personnages surprenants, et qui ne comprend pas trop ce qu'on lui demande.

L'idée est sympathique et amusante, mais il m'a manqué un petit quelque chose pour que je sois vraiment enthousiasmée. C'est un peu plat, il me semble que les idées n'ont pas été réellement utilisées, la maîtresse parait vraiment peu futée. Bref, je me suis un peu ennuyée même si j'ai tout lu.

Bien entendu, il s'agit d'un recueil d’histoires courtes parues dans Astrapi, donc plutôt faites pour être lu séparément que d'affilée. Mais si je trouve l'idée bonne, je suis un peu déçue par l’ensemble.
Et mes petits-enfants en âge de lire Astrapi (et tous abonnés) ne semblent pas non plus très enthousiasmés par cette BD qu'ils lisent eux chaque mois. (J'aurais dû leur poser la question avant !!)
Cependant une amusante petite lecture pour les lecteurs débutants.

De Vincent Cuvellier, j'ai préféré ses romans (j'en ai lu une dizaine) mais surtout, la superbe "double" B.D. Le Temps des Marguerite.

Extraits :

- Je vous présente... euh, Blanche-Neige.
Il faut être gentil avec elle.
- Tu as l'air essoufflée, ça va ?
- oui, oui, c'est juste que je me suis perdue dans la forêt.

***
[La jeune chanteuse]
- Bien, la capitale de l'Italie est ... ?
- ROME !
- Bravo et merci Jennifer !
- Oh de rien, je voulais aussi dire...
QUE JE SUIS TRÈS HEUREUSE D'ÊTRE À ROME CE SOIR !




Texte : Vincent Cuvellier
Illustrations : Benoit Audé
Éditeur : BD Kids - 4/09/2019
Collection : Les héros Astrapi
Format : 16 x 20 cm ; 58 pages ; 9.95 €
Résumé Babelio

jeudi 9 janvier 2020

Une fille de perdue c'est... une fille de perdue - Claire Renaud

Quel beau roman !
Au début, je me suis dit que c'était agréable à lire, mais plus destiné aux ados, puis très vite, j'ai été emportée par l’histoire.
Car au-delà de l'humour du titre, détournant un dicton qui se voudrait encourageant, on a une histoire à la fois très triste, et lumineuse.

Aurélia vient de signifier à Marcel que leur histoire commune s'arrête là, et Marcel ne peut pas y croire. Il s'accroche, se cramponne, Aurélia, c'est toute sa vie. Si elle l'abandonne, c'est un pan de lui-même qui s'effondre. En même temps, il se dit qu'il ne la méritait pas cette fille, qu'elle n'était pas pour lui, trop belle, trop solaire, toujours à l'aise alors que lui-même ne cherche qu'à passer inaperçu, rien pour la retenir. Mais malgré cette lucidité, il craque totalement, essaie désespérément, et de façon peu glorieuse, de la retenir.
Une histoire d'ados donc.
Sauf que peu à peu, on découvre la vie de Marcel, et ce n'est pas tout rose, c'est le moins qu'on puisse dire. On comprend alors pourquoi il a tant besoin de s'appuyer sur la fille qu'il aime. Parce que à côté de ça, il n'a pas grand chose de solide. On comprendra par la même occasion pourquoi elle a mis fin à leur relation.
Marcel essaie de cacher à son entourage combien sa situation familiale est terrible. Une mère qui s'enfonce dans l’alcoolisme, et qui le vit de la pire des façons vis à vis de son fils. Un père gentil et totalement démissionnaire, qui refuse de voir le danger de la situation.

Ça pourrait être un roman bien noir.
Mais ... mais il y a la nounou de Marcel, qui le soutient de toutes ses forces.
Et surtout, les amis. Une famille atypique et qui réchauffe le coeur de l'esseulé qu'est Marcel, et le nôtre au passage. Comme on aimerait faire partie des intimes des Tissier. Ces gens-là, malgré (ou avec) leurs fêlures et leurs difficultés, ils vous éclairent votre journée.

Marcel, qui essaie de cacher ses difficultés familiales à ses amis, mais qui ne peut leur cacher ni son prénom (l'allusion à la littérature aide peu au lycée !), ni sa rupture, est au bord du gouffre. Il ne sait plus comment se sortir de tout ce noir. Et il choisit souvent la pire des façons.
Mais les amis ne sont-ils pas faits pour vous aider justement quand on est au plus mal ? À condition de savoir.

J'ai aimé cette famille de matheux, assez étonnants.
J'ai aimé que Marcel, après avoir dépassé les bornes de l'acceptable pour essayer de reconquérir Aurélia, se rende compte combien son attitude a été inexcusable.

J'ai du mal à rendre compte de tout ce que ce roman apporte. J'ai attendu pour en parler, mais forcément, j'écris beaucoup moins bien que son autrice ! Alors, j'arrête, lisez-le !!

Et je rappelle l'importance de la bande-son qui nous accompagne, comme pour chaque Exprim'.

Qui en parle : L'ado accro aux livres
Lui a l'âge des personnages, donc sa chronique est à lire absolument !

Extraits :

- Avant, tu étais gentil. Tu étais sage. Tu me faisais de beaux dessins. Et même des colliers de nouilles ! Affreux, évidemment, je les jetais tout de suite, mais c'était touchant. Et aujourd’hui, regarde-toi ! Tu es si grand. Si froid. Et si moche ! Mon Dieu, comment peut-on être si disgracieux !

***
Albert est incroyablement adroit dans le monde des idées. Dans le monde réel, il se fait des bleus. Comme tout le monde.

***
Jen sait prendre les gens tels qu'ils sont et non tels qu'ils devraient être. Pour les amener là où ils seront bien. C'est un art.

Éditeur : Sarbacane - 8/01/2020 - NOUVEAUTÉ 
Collection : Exprim' - 212 pages - 16.00 €
Résumé Babelio

Les autres Exprim' que j'ai lus :

Falalalala
Des astres
Fraternidad
La proie
Tu seras partout chez toi
Diabolo fraise
Zelda la rouge
Gadji

mardi 7 janvier 2020

Catch, tournevis et lutins-robots - H. Lenoir

De l'humour, de l'aventure, et du suspens.
Ça pourrait résumer la plupart des Pépix. Pourtant, ils sont très différents les uns des autres, thème, ambiance, personnages, ...
Je viens de passer un excellent moment avec une histoire de robots !!
Robots, lutins kidnappeurs, portail spatio-temporel, une belle fiction donc. Mais aussi quatre enfants de CM2 normaux, des amitiés et de fortes inimitiés. Et une usine un peu louche.

Pénélope dix ans, est fan de bricolage et de mécanique. Elle a un père qui travaille dans l'usine Roboratif, comme tous les habitants de Troupourit-la-rieuse (oui oui !) ou presque, une amie qui ne vit que pour le catch, et un petit frère qu’elle aime d’autant plus qu'il est toujours partant pour lui servir de cobaye dans ses expériences parfois risquées.
Mais cette fois, le problème ne va pas venir d'un essai malencontreux de Pénélope. Des lutins robots viennent d'enlever le petit frère, et elles vont devoir partir dans un monde parallèle pour essayer de le délivrer. Monde où en plus de surprises assez désagréables, elles vont découvrir des outils évolués à faire pâlir d'envie Pénélope, et hélas aussi son pire ennemi d'école.

On ne va pas s’ennuyer en lisant leurs mésaventures, dans un monde improbable et fort étonnant.

Étonnamment, avec ce sujet très science-fiction, je n’aurais pas dû être tellement intéressée.
Et c'est le contraire, je me suis vraiment régalée à cette lecture. Même le combat de robots, sujet qui me passionne rarement, m'a tenue en haleine ! L'écriture sans doute, l'humour aussi.

Le dénouement laisse penser qu'on pourrait avoir une suite, ou plutôt un autre épisode, et ça me plairait bien.
Un duo inédit dans Pépix, qu'on espère retrouver bientôt.

Qui en parle : L'ado accro aux livres

Extraits :

Mon frère a quatre ans et, même si je suis désolée de prononcer une phrase aussi banale, il est adorable. Il aime jouer tranquillement dans son coin, il ne me vole jamais mes affaires, et, surtout, il est toujours partant pour me servir de cobaye dans mes expériences.

***
Avec-un-cerveau-humain-elle-peut-fabriquer-mille-d'entre-nous ! Ceux-des-petits-enfants-fonctionnent-mieux. Ils-ne-sont-pas-encore-trop-remplis-de-bêtises.

Autrice : H. Lenoir (1er roman)
Illustratrice : Marie Morelle
Éditeur : Sarbacane - 8 janvier 2020 - NOUVEAUTÉ
Collection : Pépix - 250 pages - 10.90 €
Résumé Babelio 

Les autres Pépix que j'ai déjà appréciés :

Les mamies attaquent !
La société des pépés à adopter
Les agents secrets de la cour de récré
Perséphone au téléphone
Kidnapping confiture
Le bungalow a des crocs
Le journal de Gurty (5 tomes)
La trilogie de l'ogre
La drôle d'évasion
La drôle d'expédition
Le phénomène Philomène
Mémé Dusa
Minus contre Minos
L'abominable écrivain
Clin Tiswoud Journal d'un menteur professionnel
Lola et la machine à laver le temps
La fantastique aventure de Woua-Woua le chihuahua
Il était deux fois dans l'Ouest 
Super Vanessa et la crique aux fantômes


vendredi 3 janvier 2020

La Cité du Lotus rose - Kate McAlistair

Après La Vallée du Lotus rose, j'avais hâte de retrouver Jezebel, de savoir si elle allait enfin accepter Jan, et de voir grandir la petite Mary-Leela.
Soyons honnête, je trouve l’héroïne toujours aussi horripilante par moments. Mais je n'ai quand même pas lâché le roman.

L'écriture est parfois un peu surprenante, mais c'est toujours aussi prenant.
J'ai souhaité le lire dès la fin du tome un car j'étais impatiente de connaître la suite des aventures de la jeune lady, et je n'ai pas regretté, même si dans une partie de ce tome, les récits de leurs ébats répétés sont parfois un peu lassants.

Jezebel est toujours étonnante : à la fois forte et déterminée, et souvent mère courage, et en même temps parfois on sent la toute jeune fille qu’elle est encore : elle est terrifiée, (à juste titre) à l’idée d'être retrouvée par le baron, mais quand Jan lui donne l’occasion de fuir discrètement, elle gnognotte sans cesse, elle préférait un bateau luxueux, on ne lui demande pas son avis, etc ...

Encore beaucoup d'aventures dans ce volume, qui change bien du premier. Avec notamment un passage aux USA, toujours mouvementé même si c'est différent.
Et la fin se déroule dans un environnement étonnant, rien à voir avec les lieux précédents.
J'ai cependant regretté que cette fin soit un peu rapide, en laissant en suspens quelques problèmes importants.
Est-ce que ça signifie que nous suivront encore Jezebel dans la suite de ses aventures ?
(Oups, mon habitude de ne pas lire les 4e de couv' : c'est bien présenté comme une trilogie, je comprends mieux la fin)

Au final, si ce n'est pas LE coup de coeur de l'année, un roman qui se dévore et qui fait bien agréablement voyager.

Extrait :

Le maharaja eu un rire bref.
- Je suis toujours surpris de voir les anglaises tellement au fait de ce qui se passe dans le monde... Les femmes indiennes ne sont pas ainsi. Elles préfèrent rester entre elles, à s’occuper de leurs saris et de leurs bijoux, de leurs enfants et de leur époux.
- Peut-être tout simplement parce qu'elles ont été élevées pour le faire depuis des millénaires ?

Éditeur : L'Archipel - 9/10/2019
586 pages - 16 x 24 cm - 24.00 €
Résumé Babelio



mardi 31 décembre 2019

Les mots d'Hélio - Yaël Hassan - Nancy Guilbert

Immense coup de coeur pour ce roman. Impossible de le lâcher avant de l'avoir fini, à 1h du matin !
J'ai eu beaucoup de plaisirs de lecture ces temps-ci, mais là, c'est le coup de coeur absolu.

J'avais pourtant commencé un peu à contrecoeur, le sujet faisant écho à une actualité un peu difficile pour moi. Mais très vite, je me suis sentie emportée par ces personnages, je ne pouvais plus m'en éloigner.
Un roman choral aux chapitres très courts, absolument prenant.
Souvent, quand plusieurs personnes parlent dans un livre, certaines parties sont plus intéressantes que d'autres, et je languis de retrouver les personnages que j'apprécie. Ici, tous sont aussi importants, aussi passionnants.
Un seul regret : l'avoir lu aussi vite ! J'ai très envie de le relire, et je voudrais avoir encore à le découvrir !
Trop prise par le roman, ce n'est qu'une fois terminé que je me demande quelle est la part de chacune.
Une autrice dont tous les romans me passionnent, une autre que je ne connaissais pas du tout.

Un roman qui curieusement mêle beaucoup de sujets, sans que ce soit jamais dérangeant.
Des sujets autour des mots bien entendu.

Hélio, suite à un accident, a perdu les mots, ou du moins la facilité de les mettre à leur bonne place.
La famille qui doit l'accueillir, souvent à contrecoeur, a du mal à trouver les mots pour lui parler. Sauf le petit frère, celui qui justement a lui aussi des difficultés pour s'exprimer.
Les secrets de famille demandent à trouver les mots pour les exprimer.

Le personnage de Bianca est particulièrement émouvant, et les enfants découvriront peut-être un épisode historique dont comme Mila ils ignorent tout.

Je ne suis pas tellement fan (c'est peu de le dire) de cette curieuse couverture, noir avec des dessins très claquants pour la première, et bizarrement rose fade et or pour le dos et la quatrième. Je m'attache assez peu au côté visuel en général, mais je trouve celui-ci peu engageant !

Quelques larmes, d’émotion plus que de tristesse, des sourires aussi. Que j'ai aimé ce livre. tout est juste, tout est tendresse. Je ne peux exprimer tout ce que j'ai aimé dans ce roman, lisez-le.

Qui l'a lu ?  L'Ado accro aux livres

Extraits :

J'ai une théorie, moi. Je pense que l'univers est composé pour moitié de gens pourris qui passent leur temps à casser les pieds à l'autre moitié du monde, qui ne demande qu'à vivre tranquillement. Les plantes, c'est presque la même chose, sauf qu'elles sont meilleures que les humains.

***
L'échec n'est pas une fin. Ce qui compte, c'est de se relever et de continuer.

***
"Il ne faut pas demander que les événements soient comme tu le veux, mais il faut les vouloir comme ils arrivent ; ainsi ta vie sera heureuse."
(Épictète)




Illustrations (Carnets d'Hélio) : EvaRollin
Illustration de couverture : Sophie Ledesme
Éditeur : Magnard jeunesse (12/06/2019)
253 pages - 12.90 €
Résumé Babelio










mercredi 18 décembre 2019

Noël 2019

Peu de lectures de Noël cette année, mais je veux quand même rappeler quelques titres importants pour cette période.

D'abord, l'inénarrable Falalalala, un Noël alsacien haut en couleurs, quoique bas en taille, qui
m'a tellement fait rire et pleurer.

Pour se détendre, la comédie de Noël de Carène Ponte : Vous faites quoi pour Noël ?
Un vrai bon feel good pour supporter les jours trop courts et le temps trop moche.

LE livre de Noël par excellence : les Lettres du Père Noël adressées par Tolkien à ses enfants.

Comme prévu, je (re)lis en guise de calendrier de l'Avent, chaque soir un chapitre de La véritable histoire de Noël, très beau conte que je regrette de ne pas pouvoir partager avec les enfants. Tendre et tellement beau.










Mon roman enfants préféré de Noël reste Le Noëlosaure.











Et en album, on ne peut oublier Et si c'était lui ?













J'aurais voulu vous parler aussi de
13 Martin à Noël, de Sophie Marvaud mais il y a eu un raté dans les commandes de la bibliothèque semble-t-il, et je n'ai pu le découvrir avant les fêtes.
Je pense que sa lecture va être réjouissante.

Et n'oubliez pas: on peut lire des histoires de Noël toute l'année.

Lettres du Père Noël - J.R.R. Tolkien

Que voilà un très bel album à partager avec les enfants au mois de décembre !
En 1920, Tolkien a 28 ans, et deux fils, l'aîné a trois ans, l’autre est né à l'automne.
Il entame une correspondance à destination de ses enfants, prétendument écrite par le Père Noël, qu'il continuera chaque année jusqu'en 1943 (sa fille a alors 14 ans).

Contrairement à ce que je pensais, ce ne sont pas des lettres à "picorer" de ci de là, car il s'agit en fait d'une véritable histoire qui se déroule au fil des années.
On va donc suivre la vie du Père Noël, de son Ours polaire (qui écrit gros parce qu'avec sa patte, pas facile de former les lettres, et dont l'orthographe est assez fantaisiste, même s'il fait des efforts). Préparatifs des cadeaux, rencontres avec les Gobelins, difficiles à maîtriser, aide des elfes, etc...
Toutes simples au début, ses garçons sont petits, les lettres vont s'approfondir au fil des années.
L'Ours polaire est bien sympathique. Il fait pas mal d’erreurs et de bêtises, mais s'avère tout de même indispensable.
Sur ses vieux jours, le Père Noël s'adjoint l’aide d'un secrétaire, un elfe à la fine écriture régulière.
Parallèlement aux aventures du Père Noël et autres créatures boréales, on devine aussi la vie de l’auteur. Naissance d'un troisième fils, puis de la petite dernière. L'aîné grandit, ne met plus son bas sur la cheminée, puis quitte la maison mais on ne l'oublie pas.
Il est question de Hobbit, d'alphabets parfois différents, mais aussi de la guerre qui a éclaté en Europe.

Tout cela est bien sympathique, mais en plus, la présentation est superbe.
En parallèle de la traduction française, on a les lettres originelles. Et c'est merveilleux : écriture très recherchée, très variée, parfois tremblé quand le Père Noël est fatigué.
Quel dommage que je ne puisse pas les lire en anglais (il vaut mieux être à l'aise avec la langue, car la présentation est belle mais ne simplifie pas la lecture)
Et le tout s’accompagne des dessins de l'auteur, le Père Noël a à coeur de montrer sa vie, son habitat, et les aventures de ses compagnons.
On n'a pas les lettres des enfants, mais le Père Noël en parle, il leur répond.

Je n'ai jamais lu Tolkien (dois-je avoir honte ?), donc je ne sais pas dans quelle mesure on retrouve ici des éléments des romans qu'il écrira plus tard.
Mais c'est une belle façon d'aborder son écriture, et un vrai régal en cette période.


Extraits :

Mais Ilbereth, un elfe très intelligent que j'ai pris comme secrétaire il n'y a pas très longtemps, se révèle excellent.
Il peut écrire maintenant avec plusieurs alphabets - arctique, latin (qui est l'alphabet ordinaire que vous employez), grec, russe, runique et, bien sûr elfique.

***

J'allais vous envoyer des Bilbo le Hobbit ; j'en envoie d'énormes quantités (de la deuxième édition, pour la plupart) que j'ai commandées il y a quelques jours - mais j'ai pensé que vous en auriez beaucoup, donc je vous fais parvenir un autre Conte de Fées d'Oxford. [Noël 1937]









Traduction de Gérard-Georges Lemaire, revue par Céline Leroy
Première édition en 1976
Éditeur : Christian Bourgois (2004)
Format : 20 x 25 cm ; 111 pages ; 20,00 €
Couverture cartonnée et toilée sous jaquette.
Édition préparée par Baillie Tolkien (épouse de Christopher, 3e fils et exécuteur testamentaire de J.R.R. Tolkien)
Résumé Babelio

vendredi 13 décembre 2019

Astérix et la rentrée gauloise - R. Goscinny - A. Uderzo

14 histoires complètes.
Histoires de 2 à 5 pages, chacune présentée par une intéressante introduction, sur papier d’écolier réglure Seyès, expliquant le pourquoi de cette histoire, et dans quelle revue elle a paru.

Dans ma collection complète d'albums d'Astérix (les albums classiques, je n'achète pas les collector et versions luxe, ce qui nous intéresse est de lire l’histoire, pas de collectionner) je n'avais pas jugé utile d'acquérir celui-ci, à une époque où je n'avais pas de petits-enfants pour les relire en boucle !
J'ai profité de leur emprunt à la bibliothèque pour le découvrir, et je ne regrette pas.
C'est un régal ces petites histoires courtes.
C'est varié, toujours drôle. Plein de clins d'oeil (j'ai hélas dû en rater pas mal, mes références cinématographiques ou autres sont un peu justes !)
On peut le lire indépendamment de tout, mais bien entendu, quand on connait bien les albums d'Astérix, ça a plus de saveur.
Et une jolie découverte des "dessous" de la série, si on lit les pages de présentation, la plupart très intéressantes.
De plus, la première histoire, qui donne son nom au recueil, nous évoque un puzzle que nous avons fait et refait à moult reprises et toujours autant de plaisir avec mes petits-enfants.

L'humour condensé en 3 ou 4 pages, un joli régal.
Je crois bien que je vais l'acheter pour le joindre aux autres finalement !!

Extraits :



Textes : René Goscinny et Albert Uderzo
Dessins : Albert Uderzo
Éditions Albert René  (2003) 56 pages