mercredi 11 septembre 2019

Evelyn, May et Nell - Pour un monde plus juste - Sally Nicholls

Un livre intéressant mais sur lequel je suis un peu partagée.
Un roman qui mêle des éléments historiques à d'autres inventés.
Le thème est très intéressant, les thèmes plutôt devrais-je dire.
1914. Trois jeunes filles, très différentes par leur milieu et leur caractère, vont se trouver impliquées dans la lutte pour le vote des femmes, et les mouvements de suffragettes/suffragistes.

Mais ce n'est qu'une partie du roman.
La guerre éclate, et les priorités sont forcément modifiées.

J'ai trouvé les parties concernant la vie pendant la guerre extrêmement intéressantes, on vit au plus proche de la population qui subit, à la fois les restrictions, l'angoisse pour ceux qui sont au front, leur retour, etc...
J'ai souvent pensé à l’excellent roman de Catherine Cuenca "Celle qui voulait conduire le tram" même si le fond est fort différent.

Il m'a paru regrettable que, d'entrée, on nous présente deux des trois héroïnes comme homosexuelles, enfonçant un peu plus l'idée courante au sujet des suffragettes. Et que cette histoire d'amour tienne une trop grand place par rapport au sujet central. Comme s'il était essentiel que les suffragettes le soient.



En général, dans un roman qui déroule parallèlement plusieurs vies, elles finissent par se rencontrer. Étonnamment, pas ici. J'ai attendu la rencontre !

Quelques détails (sans grande importance certainement) m'ont un peu étonnée :
Les notes de bas de page par le traducteur sont parfois un peu surprenantes : des livres très connus comme Robinson Crusoé ou Le Chien des Baskerville sont expliqués. Mais peut-être est-ce pour en donner les dates d'édition.
Par contre, pas d'explication sur par exemple la différence entre camisole et  camisole américaine !!
On nous parle souvent des couleurs des suffragettes, mais sans jamais nous dire quelles sont ces couleurs.

En résumé, j'ai apprécié de découvrir un peu mieux les activistes du vote des femmes, les réactions qu’elles suscitaient, la différence entre suffragettes et suffragisme, les actions menées, et faire la connaissance de Sylvia Pankhurst. Apprécié aussi de voir les différences avec notre époque, ce que nous avons gagnés depuis, et ce qui n'a guère bougé.
Mais c'est la partie vivre pendant la guerre qui m’a vraiment parue la plus intéressante.

Je remercie les éditions Hatier et Babelio Masse critique pour cette lecture enrichissante.

Qui l'a lu ? Takalirsa

Extraits :

quand les femmes voteront, on ne fera plus jamais la guerre, vous savez. Quelle femme enverrait ses fils au massacre ?

***
Elle et sa mère étaient suffragistes, plutôt que suffragettes ; elles voulaient le droit de vote, mais sans utiliser la violence pour l'obtenir. Les suffragettes lançaient des pierres dans les fenêtres, lacéraient des tableaux à la National Gallery et faisaient exploser des cocktails Molotov dans des maisons inoccupées. La mère de May pensait qu'agir de la sorte desservait la cause - qui voudrait être associé à ces folles furieuses ? Elle préférait agir avec des moyens non violents, des pétitions, des marches pacifiques et des articles dans la presse.

***
Voilà le type même du compagnon idéal. Un homme capable de vous dire en face ce qu'il pensait quand vous vous prépariez à agir comme une sotte et qui, ensuite, restait à vos côtés quand, malgré tout, vous vous entêtiez. Il n'y avait pas un homme sur mille qui aurait fait ça.

***
Les choses ne cessaient pas d'être terribles, simplement parce que les problèmes de l'autre étaient plus terribles encore.

*** 
Arrêter la guerre ! Pourquoi pas ? Des femmes, dans tous les foyers du monde, parlant, négociant la paix, faisant tout ce qui, traditionnellement, était réservé aux hommes. N'était-ce pas une meilleure façon de mettre fin au conflit que d'attendre qu'on vous tire dessus ?

***


Octobre
1915

Pourquoi nous sommes opposées 
au droit de vote de hommes

1. Parce que la place de l'homme est dans l'armée.

2. Parce qu'aucun homme vraiment viril ne consent 
à résoudre un conflit autrement que par la force.

3. Parce que, si les hommes doivent adopter des méthodes
pacifiques, les femmes ne les admireront plus.

4. Parce que les hommes perdront leur charme s'ils quittent
 leur sphère naturelle et s'intéressent à d'autres sujets
 que les faits d'armes, les uniformes et les tambours.

5. Parce que les hommes sont trop émotifs pour voter, 
comme le montre leur conduite durant les matchs 
de football et les rassemblements politiques,
 cependant que leur tendance innée à recourir
 à la force les rend particulièrement inaptes 
aux tâches gouvernementales.


Alice Duer Miller, 1915


Traduit de l'anglais par Jean Pouvelle
Titre original : Things a Bright Girl Can Do (2017)
Éditeur : Hatier (11/09/2019) NOUVEAUTÉ
À partir de 12 ans ; 439 pages ; 15.95 €
Résumé Babelio

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