dimanche 29 janvier 2017

Encore heureux qu'il ait fait beau - Florence Thinard

Editions Thierry Magnier 2012 - 189 pages
Résumé Babelio

Décidément, je confirme, grand coup de coeur !



Lu il y a trois ans, je gardais le souvenir d'une ambiance, d'un livre dans lequel j'avais envie de me replonger, de m’immerger (mauvais jeu de mots, mais c'est vraiment ce que je ressens.)
 Chaque fois que je le voyais en rayon, j'étais tentée, j'ai donc fini par l'emprunter à nouveau. Même si j'évite en général de relire des lectures récentes, avec tout ce que ma "Liste À Lire" comporte de lignes !
Et pas de déception, au contraire, je n'ai vraiment pas envie de quitter cette 6eF, Saïd, et les quelques adultes embarqués "dans le même bateau" !!
D'ailleurs, je vais l'ajouter à ma liste pour une île déserte. Et il peut être utile en plus !!
Je reprends ici ma critique d'il y a trois ans.

Un joli coup de coeur ce petit roman.
Je connaissais le sujet quand j'ai commencé la lecture - une bibliothèque qui vogue sur l'océan avec toute une classe - et je craignais de m'ennuyer au bout de quelques chapitres.
Mais c'est loin d'être le cas, je l'ai lu d'un bout à l'autre rapidement avec grand plaisir.
Aucune monotonie, la vie du petit groupe réuni sans le vouloir sur cette "embarcation" inattendue évolue au fil des jours. On s'attache à chaque personnage.
Avoir ajouté au face à face entre l'équipe d'adultes et la classe de 6e, la personne de Saïd, à la fois insupportable et attachant, dont on comprend peu à peu les raisons du comportement, est un vrai plus dans l'histoire. D'autant que c'est celui que l'aventure fera le plus évoluer.
On apprend beaucoup de choses au fil des journées où il faut survivre, et on découvre surtout toutes les ressources cachées d'une bibliothèque ce qui ne peut que nous réjouir. On croise aussi un certain nombre de livres intéressants.
Et surtout, l'écriture est plaisante et nous donne envie de ne pas quitter cette petite équipe avant la fin.
Et comme le professeur de technologie, j'ai regretté que l'aventure prenne fin, et que je doive les abandonner !!

Mais après la dernière page, il reste en tête la chanson des Frères Jacques, pas près de se laisser oublier !


Extraits :

- C'est grand, hoqueta Fatou.
- C'est beau, souffla Rosalie.
- C'est impossible, grogna Yvon Daubigny.
- Et pourtant... murmura Sarah.

Partout où portait le regard, on ne voyait qu'elle. La mer. Un océan d'un vert immense, le vert des grands fonds.
Çà et là, quelques moutons blancs ourlaient la crête des vagues levées par un vent frais, chargé de sel et de senteurs marines. Sarah tourna lentement sur elle-même. A trois cent soixante degrés, la mer ne rencontrait que le ciel. Pas un nuage, pas une terre.

***

- Mon vélo ! s'exclama Gérard Patisson.
- Mon carrelage ! protesta Mme Pérez. Si c'est pas malheureux, un sol tout propre d'hier matin ! Ce noir de caoutchouc, ça part plus, après !
[Clin d'oeil à Janine, l’ancienne femme de ménage de notre bibliothèque ;-) ]

***

Le règlement de la bibliothèque interdit de pleurer ! Il est également interdit de se plaindre, de râler et de démoraliser tout le monde !

***

Mais ... et votre fils ? Quelqu'un pourra l'aider ? Une voisine ou de la famille ?
- Hé, non, le pauvret. [...]
- Quel âge a-t-il, votre garçon ? demanda poliment Gérard Patisson.
- Vingt-trois ans et demi, monsieur le directeur.
- Vingt ... ah, quand même... Il est déjà grand !
- Moi aussi, je le voyais plus jeune, avoua Sarah.
- Oh, pour une maman, son fils, c'est toujours son petit ! s'exclama Mme Pérez.

***

- Oh, avec les 6e, c'est facile, répondit modestement le professeur. Ce sont de sympathiques petites personnes, assez grandes pour s'emparer du monde et assez proches de l'enfance pour garder cette vitalité pleine d'innocence.

***

- On a vu un orque, mon pote ! triompha Vishnou. Ça te la coupe, ça, hein ?
- Un orque ? Un truc qui fait de la musique dans les églises ?
- Non, ça c'est un orgue, ricana Karim. Un orque, c'est un cétacé noir et blanc. Énorme.
- Gigantesque, précisa Vishnou.
- Mo-nu-men-tal, ajouta Marie Lou.

***
- Moby Dick ! murmura-t-elle.
- Ouais, fit Saïd d'un ton de défi. J'ai pris le plus gros que j'ai trouvé sur les étagères.
[...]
- J'sais pas si j'l'aurai fini avant d'être vieux, parce qu'y fait huit cent huit pages et que j'dois tout lire cinq fois avant de comprendre !
- Mon garçon, dit Yvon Daubigny en lui tapant affectueusement sur l'épaule, c'est le genre de livres qu'une vie entière n'épuise pas !
- C'est plutôt lui qui m'épuisera, rigola Saïd.

***
Ça nous a pris trois mois complets
Pour découvrir quels étaient ses projets
Quand le père nous l'a dit, c'était trop beau
Pour les vacances nous avions un bateau

D'un bond d'un seul et sans hésitations
On s'documente sur la navigation
En moins d'huit jours nous fûmes persuadés
Que la mer pour nous n'aurait plus de secrets

[Refrain]:
Encore heureux qu'il ait fait beau
Et qu'La Marie-Joseph soit un bon bateau
Encore heureux qu'il ait fait beau
Et qu'La Marie-Joseph soit un bon bateau





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