mardi 24 janvier 2017

Une preuve d'amour - Valentine Goby

Le feuilleton des Incos
Editions Thierry Magnier 2013 - 86 pages
Résumé Babelio

Un court texte extrêmement beau et émouvant.
La rencontre de deux adolescents.
Elle, Sonia, vit avec son père, sa mère est morte quand elle était très jeune. Elle lui manque, mais elle a un père très attentif, chaleureux, qui s'occupe d’elle sans l'envahir.
Lui, Abdou, Malien, a quitté son pays, et n'a pas trouvé beaucoup mieux en France.
Sa mère vient de l'abandonner, espérant lui donner ainsi une chance de s'en sortir mieux.
Il la cherche désespérément.
Tous deux se retrouvent dans les personnages des Misérables.
C'est tout en finesse, en tendresse et en douceur.



Réticents d'abord, ils vont peu à peu se rapprocher.
Pas de happy end mais une belle lueur d'espoir à la fin.
Un livre qui distille plein de bonnes et belles choses.
A mettre absolument entre toutes les mains, et au moins celles des ados. Leurs réflexions en cours de français, leurs révoltes et leurs réactions au premier degré sont très vraies, très vécues.

Je n'avais jamais rien lu de Valentine Goby bien que j'en entende souvent parler, et je ne regrette pas d’avoir commencé par ce texte.
(Erreur, j'avais lu "Le grand mensonge de la famille Pommerol" mais ce n'était pas un livre inoubliable !)

Avec en prime, une belle envie de (re)lire Victor Hugo, que je connais très mal.

Et des coïncidences de hasard dans mes lectures : juste après avoir terminé "Le fils de l'Ursari" qui nous parlait de la vie des clandestins, roms surtout, dans les bidonvilles français, je trouve ici d'autres immigrés sans droits ni lieu ou se poser.


Extraits :

Je comprends qu'on ne voit que ce qui nous intéresse. Le reste, ça se fond dans le décor, ça devient Phalène Sillonnée, invisible. On a des yeux égoïstes.

***

Ce qui te manque pas, c'est comme si ça n'existait pas.

***

Un foyer, c'est l'endroit où tu vas quand tu n'en as pas, de foyer.

***

Mon père se penchait tous les quarts d’heure par dessus la rambarde, demandait si tout allait bien, si on avait froid, si on s'ennuyait. Il ne fallait pas descendre se mettre entre nous, mon père l'a compris. Il était là, mais à distance.



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