dimanche 24 juillet 2016

La princesse héritière - T. Trilby


Illustrations : Manon Iessel
Éditeur : Flammarion. Collection : Pour les jeunes. 09/1959
154 pages. 3,50 NF + T.L. (Prix en nouveaux francs, plus taxe locale probablement !)
Couverture cartonnée blanche avec illustration couleurs (couv' ill' coul' selon le jargon bibliothécaire !)
4e de couverture illustrée couleurs sans aucun texte.

[Attention, spoil vers ma 17e ligne !!!]

J'ai eu l'occasion de récupérer récemment quelques livres un peu "âgés" (je n'ose écrire anciens, qui leur donnerait une importance qu'ils n'ont sans doute pas) dont une demi-douzaine de Trilby, tous illustrés par Manon Iessel.
Celui-ci, un peu plus récent, est le seul à n'avoir pas la couverture toilée bleue-gris pâle de la collection.

Je connaissais déjà cet auteur, pour avoir lu "Dadou, gosse de Paris" qui avait été offert à mon mari enfant. (Tous ceux-ci l'ont été à sa soeur, apparemment on aimait beaucoup cet auteur dans la famille !)
J'avais bien aimé pour ce que je m'en souviens. On connait mon goût pour les romans jeunesse anciens en général.

J'ai commencé par celui-ci parce qu'il était sur le dessus de la pile (!) mais aussi parce que je me demandais si je pourrais le proposer à mes petites-filles, et qu'une histoire de princesse m'a paru un  bon début !

C'est assez surprenant, lu à présent : difficile de dire pour quel âge ça conviendrait.
(Ceux qui sont "dédicacés" ont été offerts à 12 ans, mais pas de date pour celui-ci)

Il s'agit de façon évidente d'un roman enfant, et non junior.
Cependant, les considérations sur la gestion d'un royaume, les charges incombant au roi et à la princesse, les problèmes économiques, risquent de ne pas passionner les enfants.
Il y a aussi un passage (attention, spoil !) où le "méchant" tente de jeter une bombe. Sa jeune épouse de 18 ans la retient pour sauver la princesse, et en meurt dans ses bras.
Ces temps-ci, ça résonne particulièrement pour nous.
Je présume que c'était lu plutôt par des adolescents, lesquels ne liraient probablement pas ce genre de littérature à présent.

Un texte très chrétien. Pas juste effleuré ; à chaque dilemme qui se pose à elle, notre jeune princesse s'en va prier dans la chapelle, et, en l'absence de ses parents, compte sur son Dieu pour l'aider dans ses décisions. Et ça fonctionne (on l'envie !)
Si on accepte ce côté, très daté forcément, il y a une très belle réflexion sur l'usage du pouvoir. Notamment dans l'opposition entre la façon de voir de la princesse, tout pour son peuple, et celui qui veut prendre sa place, uniquement pour ses avantages personnels.
Les contraintes de la vie des régnants. Le problème de son père, trop faible pour avoir résisté aux ministres pourris.
C'est très noir/blanc, les "gentils" le sont vraiment , y compris celui qui a fomenté le coup d'Etat. Les "méchants" n'ont aucune humanité.
Mais tout en étant léger (aucun détail trop dur bien entendu) on  est vraiment loin de l'image de la princesse qui fait ce qu’elle veut et passe son temps à parader. Ici, ce sont les obligations de toutes sortes qui sont mises en avant.

Je ne pense pas que j'arriverais à le faire lire à mes petites, mais j'ai apprécié cette lecture.

Petit dossier sur l'auteur : http://nouvellesuzette.canalblog.com/archives/2011/01/03/19969250.html




Extraits :

p. 122
Je ferais venir beaucoup de choses de France, et vous savez toutes qu'à Paris c'est une capitale où le goût règne.

La reine se rend compte qu'elle a été comprise et qu'elle peut tout attendre, tout demander à cette jeunesse qui a la gentillesse de l'aimer.



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