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mercredi 20 octobre 2021

À Corps perdu - Muriel Zürcher

Je ne suis pas près d'oublier Sacha. Et Océane, Hector, Lali, Marmot.
Quel roman ! Construit comme un puzzle, chaque chapitre ajoute une pièce, qui nous permet de deviner peu à peu le motif final.

Difficile donc d'en parler, au risque de trop en dévoiler. 
En outre, aucun de mes mots, aucun résumé, ne pourrait parler suffisamment bien de la beauté de ce roman, de son intérêt, de sa profondeur, de son émotion.

D'entrée, on fait la connaissance de Sacha en prison, en attente de son procès, mais prêt à se faire démolir par ses "compagnons" de cellule, Sacha qui plaide coupable d'un crime grave voire horrible (et très ancré dans l'actualité). Sacha qui se barricade derrière les conseils reçus de son père, pour devenir plus dur, plus fort, plus inaccessible aux  émotions. Sacha qu'on va deviner peu à peu avec un cœur gros comme ça, gamin massacré par la vie mais qu'on a tellement envie d'aimer.

On rencontre aussi Océane, 135 kg d'envie de vivre et de danser. Qui nous fera voir peu à peu que la maltraitance verbale d'une mère peut être aussi grave que celle physique d'un père. 

mardi 4 février 2020

Perdus en mer - Cathy Ytak

Un roman de Cathy Ytak, ce n'est jamais anodin.
Même en seulement 40 petites pages, elle parvient nous conter une histoire terriblement émouvante. Car on n'est pas ici dans un roman d'aventures malgré le titre, (même si les plus jeunes pourront le lire ainsi) mais au plus profond de la relation père-fils.
Silas n'aime pas sortir en mer, Silas n'aime pas la pêche, et il a le mal de mer. Pas comme son frère qui embarquera dès la fin du lycée. Silas n’aime rien tant que rester dans le grenier se documenter sur les vieux appareils électriques.
Mais Silas aime son père, et il voudrait tant que celui-ci l'estime. Pas facile vu ses goûts.
Alors tant pis, c'est décidé, il partira en mer avec lui, malgré son essai précédent totalement raté.
Mais le mal de mer ne se commande pas, l'affection non plus.

C'est absolument poignant de voir les efforts de ce garçon pour obtenir l’approbation et un sourire de son père. Car on sait bien que pour se construire, solidement, les enfants ont besoin d'être approuvés, aimés et soutenus. Pas facile ni pour l'un ni pour l’autre quand on est si différents.
Quand ce qui fait tout l'univers et la vie de l'un contrarie l'autre au point de le rendre malade.

Tant de choses dites dans un si court texte. Car il y a aussi la pêche responsable, la solidarité des gens de la mer ...
Mais dont on ressort rasséréné et souriant.

vendredi 7 juin 2019

Mon père est américain - Fred Paronuzzi

J'avais beaucoup aimé ce roman lu il y a juste cinq ans. Je le retrouve aujourd'hui sur l'excellent blog La littérature Jeunesse de Judith et Sophie, où je prends bien souvent des idées de lecture et de cadeaux, j'en profite pour mettre sur mon blog la chronique que j'avais rédigée pour Babelio.
Quand j'ai ouvert ce blog, j'avais l'intention d'y reprendre aussi mes anciennes lectures, car certains livres méritent qu'on en parle, même longtemps après leur sortie.
Je n'en trouve presque jamais le temps finalement, en voici donc un qui en vaut la peine.

Depuis un moment, je voulais lire ce roman, après avoir beaucoup apprécié "Un cargo pour Berlin" du même auteur.
Quand j'ai vu qu'il venait d'être primé par des ados de 4e-3e (Prix Ado 2014), je me suis dépêchée de l'emprunter.
Je n'ai pas été déçue.
Pratiquement tout m'a plu dans ce roman, même si on peut le trouver un peu "trop beau pour être vrai" par certains côtés.

Un sujet difficile, à la fois par le côté secret de famille, le fait que la mère de Léo assume seule la vie de la famille, les explications, etc ... et surtout que le père ne soit pas simplement emprisonné, mais surtout dans le couloir de la mort.
Au passage un beau plaidoyer contre la peine de mort, sans insistance mais en présentant bien les choses.
J'ai aimé le côté plus léger apporté par la rencontre d'Esther, par l'amitié avec Yannis, et ensuite, par le contact avec la famille américaine.