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samedi 18 janvier 2025

Meurtre sur le Christmas Express - Alexandra Benedict

 Un roman étonnamment prenant, et que j'ai dégusté avec délices.
Assez inclassable à mon avis. 
Pas vraiment cosy mystery bien qu'il soit présenté ainsi. Il l'est parce qu'on n'a pas de descriptions horribles, ni de violence malgré les meurtres et le sujet. Celle qui mène l'enquête n'est pas vraiment une amatrice, puisque inspectrice tout juste retraitée. Elle n'a pas le personnel et l'aide auquel elle est habituée, mais bien les réflexes et le côté professionnel. Et surtout, il y a peu d'humour, et ce n'est pas un feel good, surtout vers la fin. 
Whodunit qui évoque bien entendu Agatha Christie et son Orient Express, mais ici, la vie des personnages occupe une place importante, et par moment on en oublie le côté polar pour suivre avec intérêt la vie de certains des occupants du train.
Cependant, c'est un vrai bon policier qui nous mène lentement vers la résolution de l'énigme, et je n'avais pas réussi à deviner. Tout en m'étant posé beaucoup de questions tout au long des pages : Ce n'est pas le genre de romans où l'humour et l'ambiance prennent le pas sur l'enquête, et où finalement, nous oublions un peu de chercher "le coupable".

Ce que j'ai aimé avant tout dans ce roman, c'est l'Écosse, personnage presque principal. À la fois les lieux traversés, les villages évoqués, les souvenirs de Roz, les caramels et les sablés, le Beinn Dòrain qui toise tout ce monde.
J'aime aussi beaucoup les voyages en train, et Roz rêvait de ce trajet en train de nuit pour revenir vers sa région. Un beau cadeau, en première classe, de ses collègues pour sa retraite.

samedi 13 février 2021

Soleil jusqu'à la fin - Mélanie Georgelin

Quel roman exceptionnel.
Encore un Exprim' qui se dévore.
Mais il m'est bien difficile de vous en parler. Je crois qu'Amaya va m'accompagner longtemps !

Un roman poignant mais tellement prenant au milieu d'existences fracassées.

La vie d'Amaya la narratrice d'une douzaine d'années n'est qu'une succession de malheurs. Et ce qu'elle n'a pas vécu, elle le connait par ses camarades d'orphelinat, qui cachent tous d'abominables secrets.

Cette pauvre gamine, après avoir tout essayé pour sauver sa mère, puis l'avoir veillée morte pendant des jours, parce qu'une mère, on l'aime quand même, elle est forcément plus mûre que son âge, et raisonne souvent comme une adulte (ou mieux). Mais aussi si démunie, si jeune par moment, et on l'admire d'essayer de lever la tête malgré tout.

De façon surprenante, vu comme la vie est mauvaise avec elle, elle agit toujours en essayant de faire plaisir aux autres.
Forcément, elle se méfie des adultes, et en même temps, elle espère toujours que celui qu'elle a en face sera celui sur lequel elle pourra enfin s'appuyer, et qu'il ne l'abandonnera pas. 

jeudi 24 janvier 2019

La proie - Philippe Arnaud

Un très beau roman, à lire absolument. À la fois attendu et très inattendu.

Je souhaitais le lire car le sujet de l’esclavage domestique moderne m'intéresse. J'en ai lu quelques autres, et j'étais curieuse de découvrir celui-ci. Il en vaut vraiment la peine. Un des meilleurs que j'ai lu sur le sujet.
On n'oubliera pas Anthéa de si tôt.

J'ai apprécié les trois parties de ce livre.

D'abord, nous découvrons la vie d'Anthéa au Cameroun, dans son village. On la rencontre toute petite, avec sa cousine, on la voit grandir, dans une famille aimante, avec un père très bienveillant.
Cette partie donne beaucoup d'intérêt à ce roman, car on s'attache vraiment à la fillette, et on apprend à connaître sa vie, ses espoirs, un pays qui pour moi est très loin de ce que je connais. Un début tout en douceur dans une Afrique intemporelle et comme apaisée.
On voit le lent mais inexorable cheminement qui va l’amener jusqu'en Europe, totalement contre son gré.
On comprend qu'ici, il ne s'agit pas de "vendre" leur fille, mais bien de lui offrir un maximum de chance, alors qu'elle va leur manquer, aînée et seule fille.
Anthéa a beaucoup de mal à l'école, une école pas vraiment à la hauteur, et voilà qu'on lui propose de partir en France, dont presque tous rêvent là-bas, pour suivre des cours mieux adaptés, pour lui donner une chance dans la vie.
Mais Anthéa, elle ne rêvait pas de la France, ni de l'école. Sa vie est au Cameroun, et puis, elle est artiste, aussi douée pour conter que pour sculpter ou dessiner. Rien qui ne soit adapté à ce qu'on va lui demander.

samedi 16 juillet 2016

Meurtre à Crest Les gendarmes sont au parfum - Chris Escot

Dans la collection "Meurtre(s) à .... " (Une vingtaine de titres sur Drôme et Ardèche)
Editeur :  La Bouquinerie
2011 - 174 pages

Un roman qui se veut un peu épisode de série policière télé.
Dès le début : Un court chapitre, le meurtre, sans explication.
Puis avant que ça ne se sache, on se retrouve ailleurs.  Anne Sorel, lieutenant de gendarmerie nouvellement nommée à Crest, prend ses fonctions et la ville lui rend honneur. Le livre commence. réellement.
Tout le long du récit, de temps en temps, on quitte la brigade de gendarmerie, et on nous précise qu'on est "hors champ".

Dans l’ensemble, c'est un bel hommage à la gendarmerie, à son travail multiforme souvent méconnu.
Un roman policier bien sûr, mais dont on devine très vite qui et pourquoi (même moi, qui d'ordinaire ne devine jamais avant la dernière ligne !)
Une fiction donc.
Mais commencer dès le chapitre 2 en traitant le député-maire de "vieux con", quand le titre est  Meurtre à Crest, je trouve ça à la fois osé et savoureux !!

J'ai été gênée par pas mal de petites erreurs, virgules bizarrement placées, nom propre orthographié de trois manière différentes, espace systématique avant ou après l'apostrophe... Rien de très gênant au début, à part une ou deux phrases que j’ai un peu peiné à comprendre. Mais lassant au bout d'un moment. Particulièrement agaçant : vous dîtes, systématiquement avec l'accent circonflexe.
Au premier coup, j’ai pensé à une faute de frappe, au suivant, j'ai cherché si au lieu du présent, le verbe pourrait être au passé simple, mais au fil des pages, j'en ai déduit qu'aucun correcteur n'avait su l'écrire correctement ni pris la peine de vérifier dans une grammaire.
Rien d'horrible, mais je ne l'accepte pas plus d'un "petit éditeur" que d'un autre. Une relecture correcte devrait toujours précéder la parution.

Concernant le fond, je m'attendais à quelque chose de moins noir. Souvent les polars locaux sont plutôt dans l'humour il me semble. Ici pas de description gore ni de scène horrible mais le fond est vraiment assez désespérant.
Je pensais que ce genre de littérature, très implantée dans un lieu, est souvent aussi un peu pour attirer le touriste ; mais là ça va pas donner vraiment envie. entre la noirceur des âmes (!) et les critiques, genre quel bled pourri, rien à faire ici ...

En résumé, un polar facile à lire, même si on ne connaît pas le coin. Mais auquel on prendra sans doute plus de plaisir si on reconnaît. Sinon, il n'a rien d'exceptionnel.

Peu de héros récurrents dans cette collection de meurtres en Drôme-Ardèche, car presque tous les titres ont des auteurs différents. Mais Chris Escot a écrit un autre titre où Rachida, la sympathique  stagiaire de celui-ci, devient l'enquêteur principal.

Interview de l'auteur :
http://www.labouquinerie.com/meurtreacrestinterview.html


Extraits :


p. 34
Ne rien négliger. Mener l'enquête avec la rigueur d'une ménagère suisse allemande.

La gendarmerie est un humanisme, et c'est pour ça que j'ai choisi ce métier.