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mardi 17 mars 2026

La Révolution de Sophie - Nathalie Somers

 
Quel plaisir de découvrir Sophie Germain, grande mathématicienne, sous la forme d'un roman qui nous parle de sa jeunesse, au moment crucial des évènements de 1789.
Bien que fiction, c'est une belle façon de faire connaissance avec Sophie.

Sophie a 13 ans en 1789, et comme toute jeune fille de la bourgeoisie, ses parents attendent d'elle qu'elle apprenne à bien se tenir en société, et se prépare à trouver un mari.
Mais la seule chose qui l'intéresse, ce sont les mathématiques.
Son intelligence lui permet de se débrouiller contre tous pour progresser dans la matière qu'elle affectionne. En cachette, elle réussit à apprendre seule, toujours apprendre. Malgré les punitions.
Elle va aussi jouer de son amitié avec Antoine. Lui, c'est l'inverse, il a droit aux meilleurs cours de mathématiques, il n'y comprend rien et ne cherche pas à comprendre.
Son souhait : devenir journaliste. Et ce n'est pas de tout repos en ces journées d'émeute républicaine.

En compagnie de Sophie et d'Antoine, nos découvrons la vie en 1789, la prison, les scènes terribles, les arrestations arbitraires. Mais aussi Archimède, le rôle des statistiques dans les jeux de cartes...
On croisera même Mlle Bertin, la couturière de Marie-Antoinette. (Déjà rencontrée dans les polars de Frédéric  Lenormand "Au service secret de Marie-Antoinette")

dimanche 15 mars 2026

Les demoiselles d'Oxford Street 3 : L'été des au revoir - Rosie Clarke

Quel plaisir les retrouvailles avec ces demoiselles !
On s'aperçoit qu'elles ont développé une réelle amitié. Pas seulement des relations de travail comme on pourrait s'y attendre dans un magasin. Leur petit groupe leur tient lieu de famille souvent, et elles en ont bien besoin.
D'autant que les bruits de guerre se font de plus en plus insistants. 
Quelques nouvelles venues vont aussi s'ajouter aux quatre demoiselles du début.
Entre les graves problèmes familiaux, et la guerre qui se rapproche, la légèreté n'est plus trop à l'ordre du jour. 
Heureusement plusieurs bonnes nouvelles malgré tout pour les demoiselles d'Harpers.

Je me demande s'il y aura une suite.
Je ne parle pas anglais mais il me semble voir plusieurs autres tomes. J'espère qu'ils seront traduits, j'aimerais bien savoir ce que va devenir tout ce petit monde.

J'apprécierais un tableau récapitulatif des monnaies utilisées. Ça me semble plus utile que les traductions des divers sigles, utiles mais qui ne sont pas indispensables pour la compréhension.
Alors que la relation entre shilling, livre, penny ... Je m'y perds dans leur système complexe 😄

mardi 15 juillet 2025

Embrasser Kaboul - Charlotte Erlith


Très gros coup de coeur pour ce roman qui n'en est pas tout à fait un. Histoire vraie, biographie, roman historique...

J'avais tant aimé Bacha Posh que j'ai voulu lire celui-ci dès que j'en ai vu le résumé. 
On alterne entre le roman, les courriers d'Elisabeth, les archives, et les explications de l'autrice sur le chemin qu'elle a parcouru sur les traces de l'héroïne. Et tout est aussi passionnant.

1926, Elisabeth est une jeune Bretonne assez émancipée pour être partie vivre et travailler à Londres.
Mais quand elle rencontre Naïm Khan, les charmes de la capitale, et même de son fiancé anglais, paraissent soudain bien pâles.
Beaucoup la mettent en garde : partir vivre dans un pays où les femmes n'ont aucun droit, et doivent rester constamment derrière le grillage de leur tchadri ? Insensé.
Mais tout autant que l'amour, et le conte de fée que semble être le mariage avec un prince afghan, ce qui l'attire, c'est l'idée de pouvoir faire avancer la cause des femmes.
Car la famille au pouvoir est progressiste, et elle pourra participer à leurs efforts.
Hélas, avant même qu'elle puisse mettre les pieds dans le pays, les choses changent brutalement.
Rien ne pouvait lui laisser entrevoir ce qu'elle allait découvrir, dans ces rudes montagnes.

vendredi 4 avril 2025

Les demoiselles d'Oxford Street 2 : L'année des fiançailles - Rosie Clarke


Plaisir de retrouver les Demoiselles, mais ce tome est plus sombre que le précédent. 

 Nous avions quitté les quatre amies installées provisoirement ensemble.
Rachel, la "chef" a loué un appartement de deux chambres avec Sally, promue responsable des approvisionnements. Qui rêve toujours de son patron, tout en s'inquiétant un peu de Mick, le patron de bar, qui l'a aidée après l'avortement de Sylvia.
Maggie, installée chez la mère de Ralph après le décès de son père, puis la fuite et le décès de sa mère, s'est vite aperçue que cette belle-mère était invivable. Elle vient partager la chambre de Rachel.
Beth doit quitter son logement chez sa tante, au mariage impromptu de celle-ci. (Mais Gérald, et une assurance-vie, l'inquiètent).
Elle s'installe dans la chambre de Sally, après une nuit chez Fred, dont le fils Jack, héros du Titanic, est amoureux de Beth.

Le début résume la situation de chacun, mais je ne saurais dire si on peut facilement lire celui-ci directement,  j'ai préféré relire le tome 1 pour mieux profiter, pour me rappeler tout ce par quoi elles sont passées.

D'autant plus sombre qu'on sent la première guerre mondiale se profiler, mais cet épisode se terminera juste avant.

mercredi 8 janvier 2025

Leçons de chimie - La brillante destinée d'Elizabeth Zott - Bonnie Garmus

 
Joli coup de cœur pour ce roman. J'ai tout aimé ! J'ai noté des dizaines de pages dont je voudrais garder le texte, je n'aurais hélas pas le temps de taper toutes ces citations.
Il y a déjà eu tant de commentaires et de critiques que je ne vais pas trop vous en dire, à part "lisez-le !".

Quelques mots peut-être tout de même ;-)
Un très beau texte sur l'invisibilité des femmes dans le secteur scientifique. Mais aussi une belle histoire d'amour atypique, et d'amitié.
Une très intéressante approche de la cuisine par la chimie. Et une incursion dans les dessous des émissions télé.
Et une fin que j'ai trouvé tellement émouvante.
Un bon roman que je vous conseille. Et merci à Pierrette qui m'en a parlé !

Extraits :

 Ce n'est pas que je désapprouve le mariage [...] je désapprouve tous les gens qui nous désapprouvent parce que nous ne sommes pas mariés.

***

dimanche 23 juin 2024

Un espoir à l'autre bout du monde - Sarah Lark (Le pays du nuage blanc - Tome 4)

 
Voici donc, une dizaine d'années plus tard, le quatrième tome d'une série qui semblait bien terminée au 3e.
J'ai beaucoup aimé ce volume, comme les premiers, (et nettement plus que le 3e).
Quand j'ai enfin réussi à comprendre l'ordre des tomes, et bien qu'il soit précisé qu'on peut lire celui-ci tout à fait indépendamment, j'ai choisi de lire / relire les précédents (plus de 2100 pages en une douzaine de jours) et je ne le regrette vraiment pas.
Si vous commencez par celui-ci, je ne crois pas que vous arriviez à démêler vraiment les origines de la famille (déjà moi en les ayant lu d'affilée, je m'emmêle encore un peu 😄 ; il faut dire que ma mémoire n'est pas top !) mais ça ne gêne pas pour suivre ce roman.
Cependant, j'ai trouvé vraiment agréable de les lire dans l'ordre. Quand certains protagonistes expliquent à Helena leurs ascendances, j'ai l'impression de me retrouver un peu au sein de cette famille.
Donc, c'est au choix, lire ce roman pour lui-même, ou comme la suite d'une longue histoire passionnante.

J'ai été surprise au début, on est bien loin du Royaume-Uni comme de la Nouvelle-Zélande : Iran, un camp de réfugiés polonais auparavant exilés en Sibérie. (Un épisode historique dont je n'avais jamais entendu parler)
Mais très vite, un espoir d'une nouvelle vie en Nouvelle-Zélande. Et à peine débarqués, Miranda les accueille. Une inconnue pour nous, mais quand elle parle de son frère Galahad, on replonge dans la famille de Miss Gwyn !

vendredi 21 juin 2024

Le cri de la terre - Sarah Lark (Le pays du nuage blanc - Tome 3)

Je continue ma lecture de la série Le pays du nuage blanc, et ce tome ne sera pas mon préféré !
Trop de tristesse, trop de drames. Un très bon roman, mais pas pour moi en ce moment. Quand je lis de la littérature "d'évasion" c'est parce que j'ai besoin de plus de positif, de moins de noirceur.
Déjà de façon générale, je ne suis pas une grande adepte des sagas sur de longues périodes. J'aime les livres où on suit de près les personnages. Quand on saute des décennies ou qu'on change de génération, j'ai l'impression de rater trop de choses !
Heureusement ici, on a encore Gwyn, la toute jeune fille du début devenue la matriarche, qui fait le lien avec toute sa descendance.
Et puis, on ne retrouve plus guère les grands espaces et les Canterbury Plains, ce qui faisait l'originalité de cette série.
Des thèmes plus courants et que pour certains j'apprécie peu :
Les internats anglais, (envoyer de si jeunes enfants en internat à l'autre bout du monde, c'est d'une grande cruauté !), une grave maladie (sujet avec lequel j'ai particulièrement du mal).
La guerre, et pas des moindres, batailles des Dardanelles, nous y sommes au cœur.
Et puis, j'aimais suivre les personnages de femmes fortes et dynamiques.

mercredi 19 juin 2024

Le chant des esprits - Sarah Lark (Le pays du nuage blanc - Tome 2)



Ce titre est le 2e de la série "Le pays du nuage blanc". Qui en comporte 4 (pour le moment ?)
Il est assez difficile de trouver une info fiable, mais cette fois, j'en suis certaine !!
Ayant le 4e "Un espoir à l'autre bout du monde" dans ma pal, bien qu'il puisse se lire séparément, j'ai préféré relire le 1, puis découvrir le 2 (et le 3).
Ma conclusion pour ce tome 2 : vous pouvez en effet le lire seul. L'autrice sème dans le texte des indications de ce qui s'est passé avant quand c'est nécessaire.
Mais vu les imbrications entre les personnages, ceux qu'on retrouve soudain, ceux qu'on suit, ceux qui reparaissent au plus mauvais moment, je pense bien plus intéressant de lire dans l'ordre.
Ce tome commence quelques années après la fin du premier. 

Fin du 19e siècle. Gwin et James enfin réunis à Kiward Station. Ils jouent encore un grand rôle dans l'histoire, même si on va surtout suivre ici les deux petites-filles de Gwin. Cousines pas vraiment proches. Elaine, la fille de Fleurette et Ruben, douce jeune fille qui vit en ville.
Et Kura-maro-tini, la métisse, qui promet d'être aussi peu sympathique que son père Paul, et qui ne vit que pour la musique.
Deux vies compliquées, qui vont parfois se croiser, pour leur malheur, ou pas.

vendredi 22 mars 2024

Les demoiselles d'Oxford Street : L'ouverture du grand magasin - Rosie Clarke

 Bien agréable de faire un bout de chemin avec ces demoiselles qui ont tellement envie d'intégrer l'équipe du nouveau grand magasin qui s'ouvre à Londres et va faire pétiller les yeux. Surtout parce qu'elles ont un besoin impérieux de travailler, que les possibilités qui s'offrent à elles sont rares, et que c'est plus attirant de passer sa journée dans les foulards, les chapeaux et le luxe qu'en étant demoiselle de compagnie.
Peut-être aussi de supporter un chef de rayon qu'un patronne à domicile (ou peut-être pas !)

Une gentille romance, et une sympathique découverte de l'univers des grands magasins, tellement éloigné de ce qu'on connait à présent. Un petit air de Au Bonheur des Dames, un joli déballage d'articles de frivolité : que de foulards, de gants et de chapeaux décrits et énumérés. En même temps, on voit combien la condition des femmes était difficile il y a à peine un siècle. Hors le mariage, point d'avenir. Difficile d'habiter seule, impossible d'être libre, éternellement mineure. 
Il se passe assez peu d'évènements dans ce roman (à part le naufrage du Titanic !!) mais j'ai eu grand plaisir à passer mars/avril 1912 en compagnie de ces demoiselles de grands magasins.
Un quatuor vraiment sympathique, chacune a un besoin impératif d'être acceptée dans ce nouveau travail, et nous sommes contentes que tout leur réussisse.

dimanche 10 mars 2024

Jeanne La fille du docteur Loiseau - T.1 Le cadeau de Kiki de Montparnasse - Carole Trébor

J'ai beaucoup aimé ce presque polar et très belle chronique d'une époque.

Original par son époque : 1924, il me semble avoir lu assez peu de romans jeunesse qui se passe en ce début de siècle. Et aussi : Une famille de milieu moyen, ni très pauvre, ni parmi les riches, c'est assez rare.

Je continue (par hasard) ma série de lecture avec des jeunes filles qui veulent devenir scientifiques, à une époque où c'était très mal vu voire impossible.
Le père de Jeanne, le docteur Loiseau, est prêt à l'aider. Par contre, l'oncle, qui l'élève en partie, ne veut pas en entendre parler, ni d'ailleurs pour sa propre fille.

Un voleur de médicaments dans la pharmacie d'oncle Léon ? Jeanne comprend rapidement qu'il ne s'agit pas d'un dangereux cambrioleur, mais d'un effet de la misère. 
Elle doit donc résoudre l'affaire, avant que la police et son oncle ne mettent la main sur le malheureux qui cherche à sauver sa soeur.
Avec heureusement l'aide de son médecin de père, elle va découvrir tout un monde bien loin de celui où elle vit.
Un monde où se côtoient la pire misère, les petits orphelins qui vivent en bandes, mais aussi les artistes doués mais peu fortunés. 
On va ainsi en sa compagnie rencontrer Kiki de Montparnasse, Man Ray, Prévert, Queneau.

jeudi 27 janvier 2022

Les mots entre mes mains - Guinevere Glasfurd

Quel roman superbe. Superbe mais poignant.
Les mots, si importants, si dérisoires aussi parfois.
Mais aussi la vie des femmes au 17e siècle, de malheurs en malheurs, si peu considérées, si maltraitées.
Et un petit aperçu de la vie de Descartes, grand philosophe, grand scientifique, mais un homme aussi, on n’y pense pas forcément.

1635, République des Provinces-Unies des Pays-Bas.
Helena doit partir vers un ailleurs inconnu, quitter Amsterdam pour Deventer, où personne ne l’attend.
Par des retours en arrière, on va vite comprendre le pourquoi de cet exil.
Et découvrir combien est dure la condition féminine de l’époque.
Car Helena n’a aucun droit, aucun. Elle doit servir, se taire, accepter, et quoiqu’il lui arrive, ce sera toujours elle la fautive. Jamais les hommes qui la maltraitent, se servent d’elle. Même de sa propre famille elle n’a rien à attendre.
J’avoue m’être prise à espérer une éclaircie dans sa vie. Elle est si touchante Helena
Mais même auprès de Descartes, qu’elle appellera toujours « Le Monsieur », elle n’est guère plus qu’une servante. On voit qu’il tient à elle, mais son œuvre, ses recherches passent avant tout, il n’est pas homme à se préoccuper des contingences matérielles et de la vie quotidienne.

samedi 22 janvier 2022

Le livre des heures – Anne Delaflotte Mehdevi

Anne Delaflotte Mehdevi est une fée ! Comme elle m’avait passionnée avec La Relieuse du gué, et sa suite, Le Portefeuille rouge, elle me passionne ici pour l’enluminure, et les débuts de l’imprimerie, sujets auxquels je ne m’intéressais pas le moins du monde avant de la lire !
Le titre ne m'aurait pas attirée, mais quand j'ai vu qui en était l'auteur, je n'ai pas hésité. Et j'ai bien fait, quel bonheur !

Marguerite, née en 1468 vit à Paris sur le Pont Notre Dame, partageant son temps entre l’atelier d’enluminure de son père et son grand-père, et l’apothicairerie de son parrain.
Sa mère s’obstine à tenter d’en faire une jeune fille accomplie à la mode de l’époque, puis de la marier. Alors que Marguerite ne rêve que de liberté, et d’intégrer l’atelier familial.
Tout en s’occupant énormément de son frère, atteint du « mal de Saint-Jean » et dont elle est très proche, elle parvient peu à peu à trouver sa place à l’atelier, lieu normalement exclusivement masculin.
Elle en profite pour réaliser son propre Livre d’heures, dans lequel elle va intercaler le récit (en texte ou illustrations) de toutes les heures importantes de sa vie.

jeudi 30 septembre 2021

Le pays du nuage blanc - Sarah Lark

J'aime beaucoup les romans de Sarah Lark, mais je n'avais pas encore découvert ce titre, (peut-être son
premier  ?)  
L'Archipel lance une belle édition collector dans le cadre des 30 ans Le meilleur de l'Archipel et j'ai eu la chance de le recevoir grâce à la masse critique de Babelio (Bien que ce soit  le début d'une trilogie, je n'ai demandé que celui-ci tant j'espérais le lire).

Comme je m'y attendais, je l'ai dévoré sans le lâcher. Une histoire passionnante, même si la trame est assez convenue et les coïncidences nombreuses. Mais des personnages qu'on voudrait ne plus quitter, et une belle découverte de la vie en Nouvelle-Zélande, des relations avec le Royaume-Uni, et de plein d'autres données historiques que j'ignorais totalement avant de découvrir ces romans.

Deux femmes qui n'ont rien en commun, sauf sans doute leur force de caractère, qui n'auraient jamais  dû se rencontrer.
Hélène est préceptrice à Londres. Pas grand chose à espérer de la vie. 
Quand elle apprend par hasard qu'en Nouvelle-Zélande des "messieurs de réputation irréprochable" cherchent des épouses. Les paroisses servent d'entremetteuses de façon éhontée, mais Hélène se laisse prendre à la belle prose qu'elle reçoit.
Et surtout, on ne lui laisse guère le temps de la réflexion, car il faut convoyer des orphelines, de toutes jeunes filles qu'on arrache à ce qu'elles ont connu pour les envoyer servir de bonnes, quasiment d'esclaves, dans un pays qui se développe à peine.

mercredi 26 mai 2021

De père en fille - Mitali Perkins

 
Ayant la chance de découvrir bientôt le nouveau roman de Mitali Perkins, j'en profite pour partager ici une lecture bien plus ancienne, un court roman que j'avais beaucoup apprécié.

Naima voudrait tant aider son père qui conduit un rickshaw, et a du mal à nourrir sa famille.
Surtout le jour où pour tenter de l'aider, elle abîme le rickshaw tout neuf.
Mais elle est fille, donc ne peut pas travailler, tout juste décorer la maison. Et c'est elle la plus habile pour les alpanas (motifs décorant la maison)
 
Finalement, avec l'aide de son grand copain, qu'elle ne peut voir qu'en cachette à présent qu'elle est grande, elle se déguise en garçon pour aller proposer ses services au nouvel atelier de réparation (en échange de la réparation de leur rickshaw)
Et surprise, une femme dirige l'atelier ! Et lui donne sa chance.
 
J'ai aimé que cette histoire soit très légère, facile à lire, par sa longueur et son vocabulaire, mais surtout parce que le texte ne comporte rien de terrible ni choquant, ce qui permet de le proposer aux plus jeunes comme aux petits lecteurs. Mais très intéressante, on y voit bien les conditions de vie au Bangladesh, et la vie des filles, le poids des traditions.

mardi 11 mai 2021

Fleurs de feu - Sarah Lark

Sarah Lark est sans doute une de mes autrices préférées en littérature adulte.
J'aime ces romans qui font voyager, dans le temps et dans l'espace, qui nous emmènent aux confins du monde, il y a un ou deux siècles. Et quand c'est avec l'écriture de cette autrice, je ne peux simplement pas les lâcher.
Celui-ci est d'autant plus intéressant que, tout en étant très prenant à lire, il retrace des épisodes historiques réels. Ce dont je ne me suis aperçue qu'en lisant la postface, tant c'est un vrai roman qui se lit d'un trait.

1837 - Ida et Karl vivent pauvrement dans le Mecklembourg, et tous deux doivent à leur grand regret quitter l'école. Lui pour subvenir aux besoins de sa famille, elle parce que fille.
Quand le père d'Ida, écoutant l'enthousiasme d'un envoyé de la New Zealand Company, décide d'émigrer avec toute sa famille et même son village, Karl, simple journalier bien trop pauvre, ne peut se résoudre à laisser partir Ida, et ruse pour se joindre au voyage. Avec ceux qui partent dans l'espoir d'être enfin propriétaires de terres, alors qu'ici, impossible même aux plus travailleurs.

Au début, je me suis dit : Quel courage ces gens qui s'embarquent pour les antipodes ou presque, sans savoir du tout de quoi pourra être fait leur quotidien, quelle terre, quels animaux vont-ils trouver, quels "sauvages" ? ... La plupart n'ont rien lu, aucune notion sur le pays.
Et puis,

dimanche 6 octobre 2019

Terrible vertu - Ellen Feldman

"Seule la femme rebelle, lorsqu'elle sort des usages que lui imposent les conventions bourgeoises, peut faire œuvre d'une terrible vertu."
(Margaret Sanger 1914)
Citation en exergue du roman, qui explique le titre.

Encore un roman pour lequel je suis très partagée. Est-ce que je deviens trop difficile  ?
Le début m'a enthousiasmée, envie de le faire lire à tout le monde, et particulièrement à tous ceux qui n'ont pas connu cette période où il était impossible de maîtriser la fécondité, où le moindre rapport pouvait mettre les femmes dans une énorme inquiétude . Où la question n'était pas de trouver une pilule un peu moins nocive, mais de savoir que la vie de la mère serait en danger avec une nouvelle grossesse, sans pouvoir y remédier.
La croisade que va mener Margaret Sanger, pour sortir de cette malédiction n'est pas théorique, ni opportuniste. Elle a vécu de l'intérieur le drame des familles nombreuses et pauvres, vu sa mère s’épuiser au rythme des grossesses et en mourir.
Ce roman va donc nous mener sur les pas de celle qui a créé le Planning familial, qui n'a pas hésité à mettre sa famille et sa liberté en jeu pour aider les femmes et voir naître un jour nouveau. Qui a parcouru le monde pour plaider cette cause, de la prison aux soirées mondaines en passant par les quartier pauvres.
Tout cela m'a paru à la fois extrêmement important, et intéressant.

samedi 28 avril 2018

En attendant New York - Mitali Perkins

Un très beau roman sur la condition de la femme en Inde, dans une époque qui pour moi est toute récente, le milieu des années 70.
Alors que nous avions vécu depuis un moment mai 68, et que toutes les libertés s'ouvraient à nous, les jeunes femmes indiennes, notamment des castes importantes, étaient encore soumises au poids de traditions ancestrales très strictes.
Impossible de se marier tant que l'aînée ne l'était pas. Obligation d'attendre qu'un homme (forcément plus âgé que la jeune fille) fasse sa demande en mariage, par l’intermédiaire des hommes de la famille.
Interdiction de sport pour les filles sitôt la puberté. Interdiction d'adresser la parole à un garçon.
Obligation pour les femmes de se soumettre à la femme du fils aîné.
Interdiction pour les veuves de manger viande et poisson le restant de leur vie, et obligation de ne plus porter que du blanc, comme si elles étaient déjà mortes aussi. etc ...
Et comme souvent dans les cas de soumission de la femme, ce sont les autres femmes qui sont le plus sévères et qui surveillent le plus les manquements.

Tout ceci présenté au travers d'un roman extrêmement agréable et facile à lire.

lundi 29 janvier 2018

Honorables intentions - Fabiola Chenet

Ça fait du bien un peu de romance de temps en temps. Une récréation et un moment de douceur.
 D'autant plus qu'ici ça se passe en Angleterre, à l'époque victorienne,  avec toute la vie sociale qui va avec.
Et surtout, j'ai particulièrement apprécié l'héroïne, totalement à contre courant de ce que doit être une fille à son époque, et très en avance sur son temps.

Kate, la mal aimée de la famille, a pris l'habitude de vivre sa vie de façon assez indépendante, même si c'est fort difficile à cette époque pour une jeune fille bien née.
Mais quand le soupirant de sa jeune soeur découvre qu'il ne pourra pas l'épouser tant que l'aînée ne sera pas mariée, il oblige son cousin à se déclarer auprès de Kate. Qui portant des "lunettes à tempes" a peu de chance de séduire un homme, surtout en y mettant assez peu de bonne volonté !
Chacun va aller de surprise en surprise.

Malgré quelques invraisemblances probables concernant ce qu'on peut faire ou ne pas faire à cette époque, j'ai aimé suivre Kate, surtout dans la première partie, où elle se montre naturelle, et audacieuse, où elle ose poser ses conditions. J'ai trouvé ça tonique et sympathique.

vendredi 5 janvier 2018

Les mille talents d'Euridice Gusmão - Martha Batalha

Un roman choisi totalement au hasard dans la bibliothèque. Sans doute à cause de sa couverture si colorée, et de son titre aussi.
Dès les premières pages, j'ai pensé à Jorge Amado, et vérifié que les deux auteurs étaient en effet Brésiliens (je ne suis pas très bonne en géographie !!)
On retrouve ici ce côté foisonnant, un brin déjanté et plein d'énergie. Mais ce n'est quand même pas le talent d'Amado, qui me fait dévorer avec un immense plaisir n’importe quel sujet, quel que soit le nombre de pages.
Ici, c'est gai, tendre, triste, joyeux, étonnant mais parfois un peu longuet. L'autrice alterne les vies, parlant du personnage central puis dérivant vers une description détaillée d'autres personnes, leurs familles, leur entourage etc... J'ai eu quelquefois un peu de mal à ne pas me perdre.
Et il m'a semblé que le personnage d'Euridice ne tenait pas vraiment ses promesses. Je m'attendais à la voir s'émancipant, se révélant, et finalement, c'est loin d'être le cas.

Lu volontiers, un bon livre de distraction.

Extraits :

Zélia, la voisine d'à côté. Zélia collectionnait les frustrations, la plus grande étant de ne pas être le Saint Esprit, qui voyait et savait tout. En vérité, elle était plus proche du Grand Méchant Loup que du Saint Esprit, parce qu'elle avait de grands yeux pour mieux voir, de grandes oreilles pour entendre et une très grande bouche qui dispensait aux voisines les principales nouvelles du quartier.

lundi 9 octobre 2017

Celle qui voulait conduire le tram - Catherine Cuenca

Encore un joli coup de coeur en lecture junior.
Après plusieurs livres sur la première guerre mondiale, Catherine Cuenca s'est penchée ici sur le sort des femmes, pendant cette période où l'on pense surtout aux combattants.
Des femmes qui pendant la guerre assument les métiers laissés vacants par les hommes. Parce qu'on a besoin d'elles, et parce qu'elles ont besoin de gagner leur vie.
Puis, la guerre terminée, les hommes rentrés (mais dans quel état) elles sont priés de regagner leur foyer, et de reprendre l’habitude d'obéir et ne plus prendre d’initiatives.

Certaines se révoltent de cette injustice.Mais défendre la cause des femmes n'est pas simple, et les attaques sont parfois bien basses.

Un très beau roman, facile à lire mais parfois difficile à supporter !

25 ans après, à la fin de la guerre suivante, Luce part sur les traces de sa tante Agnès, mystérieusement disparue.
1916, nous découvrons une jeune femme qui va d'abord apprendre à vivre seule, et pour cela se faire embaucher pour conduire les trams, raillée ou méprisée par beaucoup.