vendredi 23 janvier 2026

Northanger Abbey - Jane Austen

 
J'ai profité de ma lecture du premier tome des "Enquêtes de Jane Austen - Le Fantôme de l'abbaye" pour relire Northanger Abbey, puisqu'il est censé l'avoir inspiré.

Je n'en avais aucun souvenir, et ce n'est pas mon préféré, même si l'écriture de Jane Austen est toujours agréable.
Beaucoup d'ironie et de second degré, l'autrice sait manier ça avec brio, de l'humour, souvent, mais ça m'a paru parfois un peu longuet tout de même.

Je suis fascinée par la vie de ces gens : pas question de travailler, mais il faut bien vivre. Donc chercher qui épouser pour remonter le niveau des finances !
À chaque mariage, on va diviser les biens, les rentes, pour que le couple puisse s'installer.
Et on occupe sa vie en se promenant pour montrer ses atours, en allant de bal en réunions. 
Bath est le lieu de tous les plaisirs, et même pour ceux qui préfèrent la campagne, il est impératif d'y parader.
Jane Austen, qui connaissait bien la ville, fait preuve d'une ironie mordante pour  nous présenter notamment le premier bal.
Une autre de ses cibles est le mépris que certains affichent pour la lecture de romans.
Une opinion bien en avance sur son temps (mais elle en écrivait, donc c'est assez logique !)

Sur la 4e de couverture, Catherine Morland est qualifiée d'admirable et "la plus passionnée des héroïnes de Jane" mais elle ne m'a pas fait grande impression !
Les pieds sur terre, contrairement à son entourage, mais pas inoubliable pour moi.

Je n'en dirais pas plus. Si vous faites partie des rares personnes à ne pas l'avoir lu, allez vite vous régaler des mots de Jane Austen plutôt que des miens !
Mais voici quelques extraits pour vous donner envie !

Extraits :

Des romans, oui, car je refuse d'obéir à cette coutume mesquine et peu politique qu'adoptent si souvent les auteurs et qui consiste à déconsidérer, par une censure des plus méprisantes, le genre d'oeuvres même dont ils sont en train d'accroître le nombre.

***
[Au sujet de l'Histoire]
Je voudrais bien l'aimer aussi. [...] Les querelles des papes et des rois, les guerres et les épidémies de peste à chaque page, les hommes qui ne sont bons à rien, presque jamais de femmes... Tout cela est bien fatigant.
[En écho à ce que j'écrivais au sujet d'Historix !]

***
Lorsqu'on désire plaire à quelqu'un, il faudrait toujours être ignorant. Trop d'instruction équivaut à une incapacité totale à flatter la vanité des autres, ce qu'une personne intelligente souhaitera toujours éviter. Une femme surtout, si elle a le malheur de savoir quoi que ce soit, devra le dissimuler aussi bien que possible.

***
Mrs. Alley appartenait à cette nombreuse catégorie de femmes dont la société ne peut éveiller d'autre émotion que la surprise à la pensée qu'il s'est trouvé au monde un homme capable de les aimer au point de les épouser.

Titre original : Northanger Abbey 
(Il y en a eu tant de versions qu'il est difficile de donner une date.
1818 pour la 1e édition sans doute, mais 1856 pour la version définitive, et 1824 pour la 1e traduction française. Sans certitude de ma part !)
Je l'ai lu dans une édition de Christian Bourgois, de 1980.
Traduit de l'anglais par Josette Salesse-Lavergne.
Note biographique de Jacques Roubaud.
On le trouve en version numérique gratuite en anglais, et à 0.99 € en français.
Prix très variables pour la version papier.






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