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jeudi 21 septembre 2023

Les chants d'amour de Wood Place - Honorée Fannonne Jeffers

Difficile de parler de ce livre, un pavé de neuf cents pages présenté ainsi :
"Lauréat du National Book Critics Circle Award de fiction."
"Un des dix meilleurs livres de l'année pour le New York Times".
"Sur la liste du National Book Award."
"Le roman qui a bouleversé l'Amérique enfin traduit."

C'est en effet un témoignage très important sur la vie de la communauté noire, vue de l'intérieur ; un récit qui court sur plusieurs générations.
J'ai eu cependant du mal à m'attacher aux personnages, mais je l'ai lu à un très mauvais moment. On passe d'une génération à l'autre, des souvenirs au moment présent, et, pas assez attentive sans doute, je l'ai lu de façon un peu trop détachée. D'autant plus que certains passages sont vraiment terribles.
Je l'ai lu plutôt comme un documentaire, sur un sujet extrêmement important et intéressant.

J'y ai découvert W. E. B. Du Bois, importante personnalité et militant des droits civiques, dont j'avoue que je n'avais jamais entendu parler.
Beaucoup de choses m'ont interpelée bien entendu dans ce récit, mais je suis toujours surprise de l'importance donnée sans cesse au degré de foncé de la peau.
Tous ou presque, dans cette communauté de gens "de couleur" considèrent que plus la peau est claire, mieux c'est. Et sans cesse ce sujet revient, dans les conversations comme dans les considérations entre eux. On est toujours  plus clair ou plus foncé que d'autres, et c'est d'une importance capitale.

dimanche 20 juin 2021

La soeur du soleil (Electra) - Les Sept soeurs - Tome 6 -Lucinda Riley

Sans doute le tome pour lequel j'ai eu le plus de mal au début, et par lequel ensuite au contraire j'ai été totalement happée.
Un début pas très enthousiasmant. Electra n'est pas la plus sympathique des soeurs, et lire plusieurs fois par page qu'elle se fait un rail de coke et boit de la vodka m'a lassée (l'overdose était un peu pour moi là !)
Pareil pour les nausées, je pense que tous les lecteurs avaient compris bien avant l'héroïne.
Je pense franchement que 200 pages de moins auraient facilité la préhension du livre, et n'auraient pas manqué à l'intrigue !!
Mais ensuite, addictif comme les autres tomes. Et toujours avec des allers-retours entre passé et présent.
Cette fois, ce n'est pas Electra qui part pas à la rencontre de son passé, comme ses sœurs, elle est bien trop hésitante, c'est son passé qui vient à elle.
Nous partons d'abord au Kenya, sur les traces d'une jeune femme blanche qui n'a pas de lien direct avec Electra, mais une grand importance cependant pour la famille.
Comme dans chaque volume, l'autrice mêle des éléments historiques et véridiques à la partie romanesque, et c'est intéressant de découvrir la vie de ces petites communautés blanches qui se retrouvent en pays africain, et les relations entre les groupes.
Et aux USA aussi plein de sujets intéressants sont abordés, drogues et désintoxication, ségrégation raciale ... et d'autres que je vous laisse découvrir.

lundi 15 février 2021

Un cow-boy dans le coton (B.D. Lucky Luke)

Un très bon Lucky Luke à mon avis !
Un thème plus sombre, mais toujours le même plaisir de lecture.
Esclavage, Ku Klux Klan, mais aussi les bayous de Louisiane, Et même les tornades. 
Bien sûr, on croise quand même, pour notre plus grand plaisir, les inévitables Dalton (qui sans le vouloir vont sans doute aider Lucky Luke.)
Sans oublier, comme souvent dans la série, un personnage historique. Totalement inconnu pour ma part celui-ci, et pourtant diantrement important.
Une bonne façon d'aborder en douceur avec les plus jeunes les côtés les plus noirs de l'Histoire américaine, un beau contrepoint à Autant en emporte le vent !!
Je trouve excellent d'aborder ainsi l'Histoire par le biais de la bande dessinée, et de l'humour.

Quand  Lucky Luke hérite d'une grande plantation de coton en Louisiane, il n'a d'autre choix que de s'y rendre, et il espère bien faire changer les choses. Car si l'esclavage est aboli depuis cinq ans, les Noirs ne sont pas plus libres pour autant, et le vieux Sud pas prêt à changer. Le Ku Klux Klan a hélas encore de beaux jours devant lui.

vendredi 5 juin 2020

Des mots pour combattre le racisme - Jessie Magana & Alexandre Messager

"Pour combattre le racisme, il faut d'abord le comprendre."
Ce livre est un excellent moyen pour ça !

Je lis assez peu de documentaires (d’ailleurs, moins de cent chroniqués ici sur plus de mille livres, et encore, beaucoup sont des jeux ou cahiers à destination des enfants)
J'ai voulu découvrir celui-ci à cause de son sujet bien entendu, mais je dois dire que je l'ai lu avec énormément d'intérêt. Surtout parce qu'il est très facile d'accès.

Un petit format, dans lequel vous allez piocher au gré de votre curiosité ou au hasard.
Un abécédaire de 67 mots.   
Pour chacun :
- une page en couleurs, avec une définition explication de quelques lignes, en grands caractères, à la portée de tous.
- sur cette page, pour chaque mot, une bibliographie,  une filmographie, et des renvois vers d’autres termes.
- Ensuite, ce terme est explicité et détaillé en une page, parfois plus.
- Parfois, une illustration photo en noir et blanc.

On butine donc à son gré dans cet ouvrage.

jeudi 4 juillet 2019

Si près des étoiles - Kate Alcott

Un charme fou ce roman, le charme des acteurs d'Hollywood de la grande époque ! Énorme coup de coeur pour moi.
On pourrait dire que c'est le récit du tournage d’Autant en Emporte le vent, mais c'est tellement plus.
Et aussi un livre d'une guerre à l'autre, puisque pendant que le film retrace la guerre de Sécession, l'Europe s'embrase. Mais ça ne rendrait pas hommage au glamour, au côté intimiste et à l'humour du roman.

Je ne suis hélas pas du tout cinéphile (j'ai dû aller dix fois au cinéma ces trente dernières années - et je ne regarde pas plus la télé) mais forcément, des noms comme Victor Fleming, George Cukor, Carole Lombard, Olivia de Havilland, Vivien Leigh me parlent, quant à Clark Gable ... !!
Une des richesses du roman est de nous dévoiler des acteurs très humains. Pour moi, c'était des noms, et des images sur papier glacé, et les voici devant moi en émotions et en sentiments.
J'ai lu et relu Autant en emporte le vent, le roman, bien entendu, mais je n'ai vu le film qu'une fois, il y a très (très) longtemps.
Difficile d’imaginer en le visionnant les péripéties que son tournage a pu engendrer, et l'importance qu'il a eu dès cette époque.
Je vais essayer de le revoir, et je le verrais d'un oeil très différent après cette lecture.

samedi 13 janvier 2018

Ruby tête haute - Irène Cohen-Janca

Un album INDISPENSABLE.
Sur le même thème que l'excellent Sweet Sixteen d'Annelise Heurtier, mais pour les plus jeunes, et bien plus facile à lire puisqu’il s'agit d'un album.
Quarante pages, mais à droite c'est toujours une illustration pleine page.

J’avoue n’être pas fan des dessins, mais ils sont très parlants. (J'ai un peu honte car apparemment, tout le monde les trouve excellents :-/  Mais je n'arrive pas à les voir autrement. Cependant, oui, ils illustrent très bien l'histoire.)

Je regrette juste que l'album soit si grand je l'aurais volontiers offert autour de moi (les albums trop grands finissent en général sur l'étagère du haut, la seule où ils entrent, et du coup on les lit peu)
J'ai déjà réussi à le faire acheter à la bibliothèque alors qu'on achète très peu d'albums pour cet âge. Il  va d'ailleurs se retrouver au rayon ado, et c'est dommage.

Un début d’histoire contemporain et intéressant, j'aimerais bien que beaucoup d’enseignants s'en inspirent.
Chaque semaine, la maîtresse montre un tableau aux enfants, et leur demande ce qu’ils RESSENTENT en le regardant.
J'ai beaucoup aimé l'idée de ne pas commencer par expliquer, mais par ressentir.
Aujourd'hui, il s'agit de
"The problem we all live with" peint en 1964 par Norman Rockwell pour le magazine Look.

dimanche 21 mai 2017

Beignets de tomates vertes - Fannie Flag

Titre original : Fried green tomatoes at the Whistle Stop Cafe
Traduit de l'américain par Philippe Rouard
Editeur J'ai lu 2015
Première parution : 1987 (1992 pour la version française)
Résumé Babelio

Tout à fait par hasard, j'enchaîne avec un autre livre sur les U.S.A. (Ceux que j'ai intercalé entre étaient des lectures plus anciennes pas encore chroniquées)
Après L'attrape-coeurs, puis Miss Dumplin me revoici dans l'Amérique profonde, et en partie presque à la même période que le Salinger.
Sauf qu'ici, dès le début, je me régale. Je voulais le lire depuis fort longtemps sans parvenir à me le procurer (merci la nouvelle navette expérimentale de quelques bibliothèques de l'agglo qui m'a enfin permis de le lire). Un vrai coup de coeur pour le moment, même si je m'embrouille un petit brin dans les époques.

Inutile de vous faire un résumé, je dois être à peu près la seule personne ne l'ayant pas encore lu (ou n'ayant pas vu le film ?)

Voilà, à présent, terminé en un rien de temps, un vrai chouette coup de coeur.

dimanche 22 mai 2016

Life is so good - Je suis né au Texas il y a 102 ans ...


George Dawson ; Richard Glaubman
Traduction : Bernard Blanc
Editions Libra Diffusion (Grands Caractères) 2001
394 pages

Quel superbe témoignage ! Un régal à lire ce bouquin.
J'ai aimé :
- Combien il est tonique et positif, même si sa vie n'a pas toujours été forcément gaie.
- La découverte d'un siècle de vie  en Amérique profonde. D’ailleurs au départ, c'est pour ça que je l'ai emprunté (j'arrivais d'un séjour en Californie).
Et vraiment, vu du coté noir, ça dépasse ce qu'on peut lire habituellement.
- Qu'il se passe tant de choses qu'on ne peut pas lâcher le livre. Pas une minute d'ennui.
Aucune monotonie, vue la vie bien remplie de notre centenaire.
On n'y croit pas forcément toujours à cent pour cent, mais pas grave, c'est passionnant.
Si le livre ne commençait pas par l'épisode du lynchage de son ami, sans aucun motif, je pense que je l'aurais donné à lire à mes petites-filles, on y apprend tellement.
De ce fait, j'attendrais un peu.

Je n'ai pas très bien compris pourquoi soudain, vers la fin, il se met à parler au passé simple. Bizarrerie de traduction ? Volonté de montrer qu'à présent qu'il sait lire, il parle différemment ?

J'ai regretté qu'il n'y ait pas de carte de l'Amérique du nord pour suivre un peu son périple. J'ai tracé son itinéraire sur l'ordi, mais pas toujours à portée pendant que je lis.

Je crois que mon passage préféré, même si j'ai aimé tout le livre, est sa brève incursion au Mexique.
D'abord surprise de la facilité de passer la frontière USA - Mexique dans les années 20.
Et puis, sa surprise à lui de découvrir que si près de chez lui, tout changeait : plus de wagon réservé, de fontaine à part, de restaurant interdit. On le considère comme un homme, plus comme quelque chose de transparent et non humain. C'est très étonnant.
"Jorge et moi, nous discutions à présent comme des gens normaux, même s'il était blanc et moi noir."

En conclusion, un livre à lire absolument, et si agréable à lire.

Ma note : 4,5/5


Extraits :

p 67
- Il vaudrait mieux qu'on rentre, dis-je.
- Pourquoi ? demanda Richard
- Vous voyez ce nuage, là ? C'est un cumulus bourgeonnant. On va avoir un gros orage.
- Il est tout seul, ton nuage, dit Sallie en rigolant. La météo annonce dix pour cent de chances de pluie. Je viens juste d'entendre le bulletin.
- Je vois le temps depuis un siècle; répliquai-je. Je sais ce que je vois.
Aujourd'hui, les gens allument la télévision pour savoir le temps qu'il fait, alors qu'il leur suffirait d'ouvrir la fenêtre et de mettre le nez dehors !


p 295
[Après que l'auteur qui l’interviewe lui ai montré le livre du Docteur Spock "L'Art d'être parents"]
- Fils, on n'apprend pas tout dans les livres. Le bon sens a encore de beaux jours devant lui. Elzenia et moi, on en avait à revendre ! Et on avait beaucoup d'amour aussi. Une famille a besoin d'amour pour bien fonctionner.


p 350
Les gens sont comme ça. Impossible de leur en vouloir de chercher à vous aider. Mais dans ce cas ils n'ont qu'à réserver leur bonne volonté à ceux qui en ont vraiment besoin. Moi, ça va. Ce n'est pas de ma faute si j'ai cent deux ans.


J'ajoute exceptionnellement la 4e de couv', je ne suis pas certaine que ce soit celle-ci qui apparaît sur Babelio :

George Dawson a 102 ans.
Lorsque tout petit déjà il cardait le coton, grand-mère Charity lui disait «George, je sais que tu n'en peux plus. Mais le président Lincoln ne nous a pas affranchis pour qu'on devienne paresseux. Il l'a fait pour qu'on travaille dur...»

Aujourd'hui, il vit seul à Dallas, marche sans canne, ne porte pas de lunettes et regrette seulement d'avoir oublié de faire renouveler son permis de conduire.
C'est bien la seule chose qu'il ait oublié de toute une vie qui a fini par se confondre avec l'histoire de l'Amérique et du XXe siècle.

Cela méritait bien un livre, mais George a dû travailler trop jeune pour pouvoir apprendre à lire et à écrire, même s'il a toujours tâché que personne ne s'en aperçoive, pas même ses enfants. À 98 ans enfin il a pris le chemin de l'école, et là encore il lui a fallu bosser dur. Avec l'aide de son ami Richard il a pu raconter ses mémoires qui valent tous les élixirs de jouvence.