De la Drôme à Boston, deux endroits qui me sont chers, ça m'a attirée. Mais c'est la qualité d'écriture qui m'a retenue.
J'ai tout aimé. J'ai particulièrement apprécié le début, la vie de cette fillette de l'Assistance dans les villages reculés de la Drôme provençale.
Mais la deuxième partie, vie avec les Kennedy, m'a aussi vivement intéressée.
J'ai bien entendu quelques souvenirs des évènements marquants de cette période. Et j'ai vu à Boston la maison "des Kennedy". Sans imaginer combien les parents étaient rigides, et si déterminés à la réussite de tous leurs enfants, aimables avec le personnel, mais si durs avec leur famille.
Mais y vivre "de l'intérieur" est autre chose !
Andrée est une enfant "trouvée", née à Marseille en 1907, puis envoyée en famille d'accueil dans la Drôme provençale. C'est là qu'elle grandit, sans connaître ses origines, trimballée de famille en famille au gré des contraintes de l'administration. Outre un talent pour la cuisine, qu'elle va peu à peu se découvrir, son caractère volontaire la conduira bien plus loin qu'on ne s'y attendrait. Jusque donc à cuisiner pour la famille Kennedy, mais aussi à s'occuper de certains des enfants, qui ne l'oublieront pas.
En lisant le début, je me disais : que de changements en un siècle ! Alors que dans cette campagne haut perchée dans la Drôme du sud, la vie semblait quasi immuable depuis les siècles précédents.
(Toute la famille mangeant au coin du feu, les grands-pères avec les petits-enfants, huit sans compter ceux de l'assistance...). Puis d'un coup, tout s'est accéléré.
Andrée, après des débuts dans la vie bien difficiles, croisera beaucoup de personnalités connues, d'une place à l'autre. Avant même les Kennedy, elle nous fait rencontrer les artistes du début du 20e siècle, Camus et Gallimard, la famille Berliet à Montchat (où encore maintenant, des rues et des lieux évoquent leur souvenir), et même les Lumière. On verra aussi le début des "mères" lyonnaises.


















