Il y a longtemps que je n'avais pas lu un vrai échange de lettres, et celui-ci est passionnant.
À la fois la vie au jour le jour, et il se passe beaucoup de choses, on ne s'ennuie jamais.
1869, Kansas, l'Amérique profonde. Sarah et Ellie sont deux cousines qui ont été très proches quand elles habitaient toutes deux Spring Hill, petite bourgade de cinq cents habitants. Partageant les mêmes rêves d'ailleurs, d'émancipation, de ne pas suivre la vie toute tracée de femme d'agriculteur qui s'occupe de la maison et aide aux champs, sans jamais aller voir au-delà.
À présent, Ellie habite Topeka, la grande ville, capitale de l'État (6000 habitants). Elle est mariée, mais n'a pas abandonné ses rêves puisqu'elle est journaliste, et que c'est elle qui fait "bouillir la marmite" avec un homme écrivain qui peine à se faire reconnaître.
Leur correspondance parle de coeur, mais aussi de travail, de féminisme, de médecine, du nouveau sort des anciens esclaves à présent affranchis, des chantiers du chemin de fer. Et surtout, surtout, de la place des femmes, celle qu'elles ont, celle qu'elles veulent prendre, celle qu'on accepte ou pas de leur céder.
Léger et puissant à la fois.
