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samedi 25 novembre 2023

Lettres du Kansas - Mélanie de Coster

 
Joli coup de coeur pour ce court roman épistolaire.
Il y a longtemps que je n'avais pas lu un vrai échange de lettres, et celui-ci est passionnant.
À la fois la vie au jour le jour, et il se passe beaucoup de choses, on ne s'ennuie jamais.

1869, Kansas, l'Amérique profonde. Sarah et Ellie sont deux cousines qui ont été très proches quand elles habitaient toutes deux Spring Hill, petite bourgade de cinq cents habitants. Partageant les mêmes rêves d'ailleurs, d'émancipation, de ne pas suivre la vie toute tracée de femme d'agriculteur qui s'occupe de la maison et aide aux champs, sans jamais aller voir au-delà.
À présent, Ellie habite Topeka, la grande ville, capitale de l'État (6000 habitants). Elle est mariée, mais n'a pas abandonné ses rêves puisqu'elle est journaliste, et que c'est elle qui fait "bouillir la marmite" avec un homme écrivain qui peine à se faire reconnaître. 

Leur correspondance parle de coeur, mais aussi de travail, de féminisme, de médecine, du nouveau sort des anciens esclaves à présent affranchis, des chantiers du chemin de fer. Et surtout, surtout, de la place des femmes, celle qu'elles ont, celle qu'elles veulent prendre, celle qu'on accepte ou pas de leur céder.
Léger et puissant à la fois. 

mercredi 19 janvier 2022

Terre promise – Philippe Arnaud

Un roman sublime, mais un peu désespérant, tant de violence en l’homme !
Je me doutais en commençant la lecture d’un « western » qu’il y aurait probablement plus de violence que je ne peux supporter, mais la plume de Philippe Arnaud est si merveilleuse que j’ai choisi de le lire quand même, et heureusement, il aurait été dommage de passer à côté d’un si beau livre.
Tant de thèmes importants qui s’entremêlent, et tant d’empathie pour ses personnages, de figures fortes, de gens emportés par l’époque et leur condition.

Difficile de parler de tout, ce roman est si riche, si prenant.

L’essentiel du récit se déroule au Kansas en 1870, cinq ans après l’abolition (théorique ?) de l’esclavage. Mais de fréquents retours en arrière nous permettent de comprendre peu à peu les motivations des personnages.
Une shérif qui tient sa ville d’une poigne énergique, Ellen, si forte et si fragile.
Un noir qui a su dépasser sa haine, grâce à la musique, et à la voix de celle qu’il n’a jamais cessé d’aimer. 
Un jeune sudiste qui ne sait de quel côté pencher, entre une obsession de vengeance, son moi profond qui n’était pas fait pour être ni un planteur, ni un soldat, sa honte de l’erreur de jeunesse qui le poursuivra toute sa vie.
Des Indiens et d’autres esclaves. Et un tueur sanguinaire.
L’auteur sait étonnamment se glisser dans la peau de chacun, nous faire pénétrer leurs pensées profondes, leurs raisons, leurs côtés positifs et négatifs.
On s’attache énormément aux personnages, particulièrement au barman noir, ce géant si émouvant.