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mercredi 4 mars 2026

La couleur de nos étés - Audrey Mafouta-Bantsimba

 
Un tendre roman qui parle du passage de l'enfance à l'adolescence.  
De la nostalgie de ces étés où le temps passe si lentement et pourtant trop vite. Malgré l'époque bien différente, ça m'a évoqué de lointaines vacances que j'avais oubliées.

Mais aussi un roman dur puisqu'il se passe au moment de la montée du nazisme.
Un roman original car non seulement c'est la guerre vue de l'Allemagne, mais en partie à travers les yeux des noirs installés depuis longtemps dans le pays, qui ne sont pas épargnés par l'horreur qui se prépare.
"Le premier roman adolescent sur le traitement des afro-descendants en Allemagne nazie".

1932. Une enfant découvre peu à peu ses racines africaines, et aussi l'amitié, et les premières attirances.
Un groupe soudé, et pourtant, des personnalités et des vies si différentes.
La guerre, le nazisme, et le racisme, vont bouleverser tout ça.

Un beau roman, mais que je vais avoir du mal à proposer aux enfants. Qui s'y plongera ?
La première moitié très intimiste, tendre et lente, risque de ne pas accrocher (voire décourager) les jeunes lecteurs qui apprécieraient la suite, plus historique.
Peut-être ceux qui apprécient les histoires vraies, puisqu'il est écrit à partir d'une histoire réelle.

vendredi 28 mars 2025

Les Secrets des dames de Shilling Lane - Jennifer Ryan


Difficile de classer ce roman. À la fois une chronique de la vie, et la mort, en temps de guerre, pendant le terrible blitz de Londres, un thriller entre espions, contre espions, agents doubles, MI5 et 5e colonne, et surtout une réflexion sur la famille, la relation mère-fille, qu'est-ce qu'une vie réussie.
C'est d'ailleurs ainsi que commence le roman : Mrs Braithwaite note dans son carnet "Comment mesurer la réussite de sa vie ?"
En quelques jours et beaucoup d'aventures, sa réponse sera profondément modifiée.

J'avais adoré La chorale des dames de Chilbury, j'ai donc voulu lire celui-ci sans hésiter.
Je l'ai trouvé bien plus noir, et je me suis aussi un peu emmêlée dans les factions et les lieux, entre voyous, nazis, combattants pour l'Angleterre ...
Le côté guerre est très présent, un peu trop pour moi, même si c'est une autre façon de la voir "de l'intérieur".

Mrs Braithwaite est absolument horripilante au début, si bornée et inconsciente. Bornée dans son éducation, toujours être supérieure aux autres. Inconsciente du danger, en temps de guerre notamment.
Elle va évoluer au fil des pages, et faire évoluer aussi par force ce pauvre Mr Norris.
Vu sa façon de ne tenir compte de rien, c'est totalement irréaliste côté intrigue, alors que c'est très réaliste côté vie quotidienne en temps de guerre. 

dimanche 12 janvier 2025

Mademoiselle J. - Tome 3 - Jusqu'au bout du monde (1945)

 Après avoir relu, en version papier cette fois, et toujours avec autant de plaisir, les deux premiers tomes, je découvre enfin le 3e.
C'est une histoire à part entière et il peut très bien se lire séparément. Même si le lecteur se demandera un peu qui est ce Ptirou dont le fantôme apparait au fil des pages pour encourager Juliette.

J'ai beaucoup aimé ce volume aussi, mais il est bien plus sombre que les précédents : seconde guerre mondiale, déportation, camps de concentration , etc...
Cependant une très belle leçon d'histoire. On est captivé par les aventures de Mademoiselle J. qui va parcourir le monde jusqu'en Sibérie et braver tous les dangers en cette période troublée, à la recherche de sa grande amie Léa.
Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi notre bibliothèque départementale classe cette série en BD adulte, alors que les collégiens et lycéens y apprendront plus que dans leurs cours d'histoire. Et même si le sujet est terrible, c'est toujours fait avec retenue, lisible par tous, bien plus que d'autres livres qu'on leur propose.

Comme dans les volumes précédents, c'est l'oncle Paul qui raconte aux enfants, impatients de connaître une nouvelle histoire.
Cette partie, narrée en gris pour la distinguer, est située en juillet 1960.
Un des enfants reçoit en cadeau un Lucky Luke ! (Le Juge, paru l'année précédente)

mardi 12 novembre 2024

Almah Une jeunesse viennoise 1911-1932 - Catherine Bardon

 
Quelle bonne idée que ce préquel d'une série que j'ai tellement aimé. (Et j'en ai profité pour commencer à la relire, avec l'éclairage de cet épisode).
On fait ici la connaissance d'Almah dès sa naissance en avril 1911. Et même quelques instants avant, avec l'inquiétude de Julius, son père, à l'approche du grand moment.
Un père médecin aux idées très ouvertes, une mère fragile qui se fait soigner par celui dont on commence à parler : le docteur Freud. 
Un milieu cultivé, spectacles et fêtes, et surtout Vienne, la ville, centre culturel incroyable.
Puis l'approche de la guerre, la première. La dislocation de l'Empire austro-hongrois "douze nationalités, six langues, cinq religions", qui semblait inébranlable.
La montée de toutes les peurs, la tristesse de voir Vienne perdre ce qui faisait son charme.

Mais c'est surtout l'histoire d'Almah et de Wilhem que nous suivons, à travers la grande histoire, jusqu'à leur éblouissante rencontre.
Ce livre se temine juste où commencera le tome un des déracinés.
Un vrai plaisir cette lecture, comme les autres volumes. 
Je n'ai pas encore terminé la série, et je l'apprécierais d'autant plus, en connaissant l'enfance d'Almah, et l'origine de leur amour.

Extraits :

lundi 11 avril 2022

Un grand-père tombé du ciel - Yaël Hassan (Roman)

Après avoir eu la chance de découvrir en avant-première la B.D., j'ai voulu relire ce premier roman de Yaël Hassan. Grâce auquel tout a commencé, et qui nous a donné la chance de lire depuis des dizaines de romans de cette autrice, tous meilleurs les uns que les autres.
Mon idée était surtout de voir si l'adaptation en B.D. était fidèle. J'avais lu le roman peu après sa sortie, et pas relu depuis longtemps.
L'adaptation est étonnamment proche du roman, y compris le passage par le journal intime de Leah, même s'il n'est pas présenté au même moment.
Cependant, un avantage du roman : C'est avant tout l'histoire de l'apprivoisement mutuel entre un grand-père et sa petite fille. Ceci prend du temps, et donc le rythme en est plus logique dans un roman, qui nous laisse voir l'approche, le temps nécessaire pour se comprendre.

J'ai été surprise de découvrir que ce roman n'a absolument pas vieilli.
J'aime relire mes anciennes lectures, ou lire des romans  moins récents. Mais je reconnais généralement que le texte en est un peu daté, et je ne les proposerais pas à mes petits lecteurs en général.
Ici, aucune impression de ce type. Ce roman aurait pu être écrit cette année, et je vais me dépêcher de le conseiller à mes petits-enfants s'ils ne l'ont pas vu en classe.

Après la mort de son grand-père qu'elle aimait tant, Leah, pour se sentir encore un peu proche de lui, ressort le journal intime qu'il lui avait offert, et raconte à sa façon l'arrivée soudaine dans sa vie de ce grand-père dont elle ignorait l'existence.

lundi 14 mars 2022

La course dans les nuages - Thibault Vermot

Qu'il est chouette ce roman ! Une aventure haletante, un superbe hommage aux héros de l'Aéropostale, mais aussi - surtout - aux pionnières de l'aviation au féminin, sans oublier les volontaires de l'humanitaire.
Un mélange d'adrénaline, d'action, de tendresse, d'émotion, de souvenirs, de féminisme, sans oublier l'humour. En trois parties distinctes :
- Les préparatifs du vol, une aventure assez improbable qui voit une aviatrice chevronnée embarquer avec elle dans un périple insensé un journaliste dont elle ignore tout, jeune freluquet qui ne connait aucun autre instrument que son stylo et son carnet. Dans un périple dont elle découvre en même temps que nous les dessous et les côtés politiques.
- Le vol de tous les dangers, entre éléments naturels et côté guerre totale. Et la désillusion sur les poignées de mains entre "gentlemen". Une aventure mécanique et humaine incroyable, où on tremble constamment pour ces deux personnages tellement exceptionnels, et pourtant dont on se sent si proches.
- l'arrivée dans une ville presque totalement détruite par un tremblement de terre, et un volcan qui menace.

Un côté très émouvant, par l'histoire personnelle de Salomé,.... un peu en boucle, la fin rejoint en quelque sorte le début !
Une aventure passionnante aux côtés d'une héroïne attachante.
Sans oublier la part très historique, montée du nazisme, zeppelins...
Et hélas un côté qui rejoint l'actualité, quand soudain il est question de guerre.

mardi 23 février 2021

Quand Hitler s'empara du lapin rose - Judith Kerr

 J'avais lu avec beaucoup de plaisir et d’émotion ce roman Medium de l'École des Loisirs il y a une trentaine d'années. J'ai profité de sa réédition par Le Livre de poche (probablement en raison du décès de son autrice) pour l’acheter et le relire. Avec toujours autant de plaisir.
Un roman autobiographique, réaliste, mais avec beaucoup d 'humour, et une famille chaleureuse dont on apprécie de suivre les pérégrinations.

Berlin 1933. Anna a neuf ans, une vie agréable et bien remplie dans une famille unie, un père célèbre, des amis proches.
Mais la montée du nazisme les oblige à fuir, d'abord à Zürich, puis à Paris.
Une lecture facile mais très agréable, qui donne un bon aperçu de la vie d'une enfant à cette époque troublée.
Ça peut être lu par tous, et je le conseille vraiment.
Je regrettais d'avoir dû quitter Anna au moment de leur départ de Paris pour Londres, j'ignorais qu'il  y avait une suite, j’espère la lire bientôt.

Extraits :

mardi 15 décembre 2020

Mademoiselle J. - Tome 2 - Je ne me marierai jamais (1938)

J'ai tout autant aimé ce tome que le précédent.
Après Il s'appelait Ptirou, nous retrouvons Juliette à Paris, mais hélas Ptirou n'apparaît plus que sous forme d'une évocation très émouvante.

Avril 1960. Ce tome commence quatre mois après le précédent, à Pâques cette fois. Les cloches ont apporté des B.D. aux enfants ! Et ils sont toujours dans l'attente de l'oncle Paul (Dupuis ?) et des histoires qu'il leur conte.
C'est amusant parce que la partie qui se passe en 1960 est encore en gris, mais seules les BD sont en couleurs !!
Son récit reprend la suite immédiate du précédent, l'arrivée de Juliette à New York. Mais très vite, c'est le retour en France, Juliette passe son bac, et s'obstine à se vouloir grand reporter, malgré les obstacles et le peu d'enthousiasme de son père. 
Contrairement à lui, elle est très méfiante vis à vis des nazis, et refuse leurs tentatives de rapprochement.
Sa situation lui permet un scoop qui va enfin lui ouvrir quelques portes.
L'histoire est très prenante, on ne s'ennuie pas une seconde, on s'inquiète pour Juliette et son amie. Et on découvre aussi une période particulière de l'Histoire, très bien représentée.

dimanche 8 décembre 2019

Les déracinés - Catherine Bardon

Un superbe roman à lire absolument. Avec Exodus, bande-son de ma chronique !
Non que le roman ait un rapport, enfin, pas directement. Mais quand j'ai commencé à suivre l'errance de cette famille, de port en port, de pays en pays, m'est curieusement venue en tête de façon entêtante un mot "Exodus". Et une musique avec quelques paroles.
Je dis curieusement car je n'étais pas née lors de la triste odyssée de l'Exodus, et un peu jeune pour avoir vu le film. Après recherche, je m'aperçois que c'est la chanson d'Edith Piaf que j'ai en tête, et qui ne me quitte pas. Je ne sais pourquoi cet épisode m'avait marquée, moi qui ai si peu de souvenirs de mon enfance.

Après ma lecture de L'Américaine, j'avais immédiatement bien entendu désiré lire le livre précédent. Acheté tout de suite, mais laissé de côté faute de temps.
Par hasard, je le lis juste à la suite de "Quand Hitler s'empara du lapin rose", et j'y retrouve pas mal  de points communs, sur les débuts du moins.

Celui-ci commence à Vienne dès 1921, Wilhem est heureux avec sa jeune soeur Myriam.
Peu à peu, Vienne l'idyllique, la merveilleuse, pétrie de culture et d'humanité, va devenir un enfer.
Myriam, jeune mariée, parvient à quitter à temps le vieux continent. Pour Wil, c'est plus compliqué. S'exiler n'est pas une décision facile à prendre, encore moins quand ça implique d'abandonner ses parents. Quand enfin, le jeune couple s'y trouve contraint, les USA ont fermé leurs frontières, et peu de solutions s'offrent à eux.

samedi 16 novembre 2019

Taille 42 - Malika Ferdjoukh et Charles Pollak

Joli coup de coeur pour ce roman jeunesse. Je ne comprends pas comment il avait pu m’échapper, et pourquoi on en a si peu entendu parler.
La vie d'un petit garçon juif en France sous l'occupation, racontée par ce petit garçon, au plus près de ses sensations et impressions, et écrite avec la belle plume de Malika Ferdjoukh.

Charles Pollak était un vieux monsieur (il avait 11 ans en 1939 au début de la guerre) quand il a rencontré Malika Ferdjoukh, et lui a confié ses souvenirs d'enfance.
Ils nous permettent ainsi de vivre au coeur de cette famille juive ces temps si difficiles.
C'est étonnamment frais, agréable à lire, plein d'humour malgré le contexte tragique.

D'abord, la jeunesse de ses parents, leur départ de Hogrie pour Paris. La venue des grands-parents pour quelques mois, depuis leur lointaine campagne;
Puis dès avant la guerre, des exemples terrifiants d'antisémitisme, envers de pauvres enfants à qui on n'a vraiment rien à reprocher.

Avec la déclaration de guerre, toute l'école de Charly est envoyé loin de Paris, pour les mettre à l'abri.
Il rejoint ensuite ses parents, aide son père tailleur.
Quand ils doivent tous quitter Paris, ils vont vivre dans une campagne française où ils vont essayer de se faire aussi discrets que possible. Se fondre dans la masse des catholiques, sans cacher aux soldats que le père parle allemand. Exercice périlleux, mais parfois bien utile.

C'est extraordinaire d'humanité, de simplicité, ça se lit très facilement et on y apprend énormément.
Une lecture qui devrait être conseillée à tous les enfants qui étudient cette période (et aux autres !)

Extraits :

jeudi 4 juillet 2019

Si près des étoiles - Kate Alcott

Un charme fou ce roman, le charme des acteurs d'Hollywood de la grande époque ! Énorme coup de coeur pour moi.
On pourrait dire que c'est le récit du tournage d’Autant en Emporte le vent, mais c'est tellement plus.
Et aussi un livre d'une guerre à l'autre, puisque pendant que le film retrace la guerre de Sécession, l'Europe s'embrase. Mais ça ne rendrait pas hommage au glamour, au côté intimiste et à l'humour du roman.

Je ne suis hélas pas du tout cinéphile (j'ai dû aller dix fois au cinéma ces trente dernières années - et je ne regarde pas plus la télé) mais forcément, des noms comme Victor Fleming, George Cukor, Carole Lombard, Olivia de Havilland, Vivien Leigh me parlent, quant à Clark Gable ... !!
Une des richesses du roman est de nous dévoiler des acteurs très humains. Pour moi, c'était des noms, et des images sur papier glacé, et les voici devant moi en émotions et en sentiments.
J'ai lu et relu Autant en emporte le vent, le roman, bien entendu, mais je n'ai vu le film qu'une fois, il y a très (très) longtemps.
Difficile d’imaginer en le visionnant les péripéties que son tournage a pu engendrer, et l'importance qu'il a eu dès cette époque.
Je vais essayer de le revoir, et je le verrais d'un oeil très différent après cette lecture.

samedi 3 février 2018

Ces rêves qu'on piétine - Sébastien Spitzer

Fascinant !
Je dois dire que j'ai hésité longuement à commencer ce livre. Je cherche en ce moment plutôt des livres gais, ou surtout légers, et je me doutais que ce ne serait pas le cas de celui-ci. Mais les excellentes critiques m'ont incitée à m'y plonger. Je l'ai cependant commencé presque à contre-coeur, en me disant que j'allais peut-être m’arrêter rapidement, si c'était trop dur.

Et j'ai été happée par l’histoire, les histoires plutôt, qui s'entremêlent, se croisent et se rejoignent.
Une écriture superbe, un vocabulaire souvent inattendu, à la fois précis, élégant, mais sans prétention.
Et surtout, une façon de raconter qui sans édulcorer les horreurs, se laisse lire et même dévorer.

jeudi 9 mars 2017

Un soir à Sanary - Michèle Kahn

Roman
Editeur : Le Passage 2016 ; 286 pages.
Résumé Babelio

Pour une fois, sur une roman adultes, une chronique très personnelle, (vous n'êtes pas obligé de la lire  ;-) mais je me sens obligée de l'écrire) !

J'ai demandé ce livre juste à cause du titre, sans idée du contenu (et je l'ai commencé de même, toujours sans regarder la 4e de couv.)
Je veux dédier cette lecture à ma soeur, qui m'a fait découvrir Sanary et m'y a amené en vacances plusieurs années. Lecture découverte juste trop tard, j’aurais tant aimé en parler avec elle, évoquer les lieux que j'y retrouve et dont je n'avais plus entendu le nom depuis 50 ans.

J'ignorais totalement que Sanary avait accueilli tant d'artistes allemands très connus, qui fuyait le nazisme.
Mais je me souviens bien que c'est là que j'ai eu le désir d'apprendre la langue allemande, parce que nous croisions souvent, sur le chemin de la plage, des groupes de jeunes dont je ne comprenais pas un mot, ce qui est frustrant. J'ignorais qu'ils étaient peut-être les descendants de tant de personnalités ou sur leurs traces ! Et j'ai attendu un demi-siècle avant de me lancer enfin dans l'apprentissage de l'allemand (sans grand succès hélas !)