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mercredi 4 mars 2026

La couleur de nos étés - Audrey Mafouta-Bantsimba

 
Un tendre roman qui parle du passage de l'enfance à l'adolescence.  
De la nostalgie de ces étés où le temps passe si lentement et pourtant trop vite. Malgré l'époque bien différente, ça m'a évoqué de lointaines vacances que j'avais oubliées.

Mais aussi un roman dur puisqu'il se passe au moment de la montée du nazisme.
Un roman original car non seulement c'est la guerre vue de l'Allemagne, mais en partie à travers les yeux des noirs installés depuis longtemps dans le pays, qui ne sont pas épargnés par l'horreur qui se prépare.
"Le premier roman adolescent sur le traitement des afro-descendants en Allemagne nazie".

1932. Une enfant découvre peu à peu ses racines africaines, et aussi l'amitié, et les premières attirances.
Un groupe soudé, et pourtant, des personnalités et des vies si différentes.
La guerre, le nazisme, et le racisme, vont bouleverser tout ça.

Un beau roman, mais que je vais avoir du mal à proposer aux enfants. Qui s'y plongera ?
La première moitié très intimiste, tendre et lente, risque de ne pas accrocher (voire décourager) les jeunes lecteurs qui apprécieraient la suite, plus historique.
Peut-être ceux qui apprécient les histoires vraies, puisqu'il est écrit à partir d'une histoire réelle.

dimanche 24 octobre 2021

La baronne des glaces T 1 Jusqu'au bout du monde - Nicole Vosseler

 L'Archipel, maison d'édition si bien nommée, me fait joliment voyager. Après la Nouvelle-Zélande et l'Australie, nous voici du côté du froid, pays nordiques et Groenland. Et toujours, la chasse à la baleine !
Mais surtout une belle ode à la glace.

Tout commence en 1822, en Russie. 
Grichka, maltraité par son père et ses frères, s'enfuit, sans savoir où ses pas vont le mener. Mais il ne peut abandonner sa soeur derrière lui. La petite Katya, 9 ans, sera donc du voyage.
Saint-Pétersbourg d'abord, qu'ils trouvent immense, eux qui n'avaient jamais quitté leur campagne.
Mais leur périple ne s'arrêtera pas là. Ils veulent gagner leur vie, ne plus dépendre de quelqu'un, voir le monde. 

Une bien belle balade de la Russie à la Norvège en passant par l'Allemagne. Tromsö, les lacs du nord,  Hambourg.
Je l'ai cependant trouvé moins addictif que mes lectures précédentes vers la Nouvelle-Zélande. Peut-être parce que la chaleur m'attire plus ? Mais surtout, j'ai eu un peu de mal avec les relations entre les personnages.

vendredi 5 février 2021

HELMUT l'ami marmotte (B.D.) - Hervé Kuhn

 
Je connaissais déjà les éditions Boule de Neige, fortement ancrées en Savoie, par leurs sympathiques albums. J'en ai toute une collection mais je ne vous ai présenté pour le moment que La Dent du Chat.
J'ai découvert il y a peu Églantine et Séraphin, les deux adorables marmottes, et  je me suis empressée de leur commander les bandes dessinées.
Le tome 1 de Là-haut sur la montagne est hélas épuisé, et même s'ils m'ont gentiment communiqué les adresses des libraires qui en ont encore, je me contente de commencer par le tome 2.

C'est mignon comme tout, avec en plus une jolie morale.
Car Helmut, comme son prénom l'indique, est un étranger. Et quand on habite une si jolie région que la Savoie, avec un terrier un peu à l'écart de tout, on n'aime pas forcément beaucoup se voir envahi d'étrangers ou de touristes !
Églantine est ravie de retrouver son ami rencontré lors de son échange collégien. Séraphin nettement moins, avec un brin de jalousie en plus. Et le vieux montagnard fondateur du FLM Front de Libération de la Montagne, pas du tout. 
Le tout dans une atmosphère très bon enfant, avec des animaux tous aussi adorablement dessinés les uns que les autres. 
Un peu de musique, beaucoup d'ambiance, des clichés qui font sourire, et des "petites saucisses", c'est tout simplement adorable.

mercredi 16 mai 2018

Trois filles en colère - Isabelle Pandazopoulos

Excellent ; mon coup de coeur de l'année probablement.
Le nom d'Isabelle Pandazopoulos m'a attirée (j'ai lu, et beaucoup apprécié, La Décision) le sujet (Mai 68) m'a retenue.
J'ai donc ouvert le livre, qui commence par la présentation des trois filles et leurs familles.
Surprise : ces trois filles sont nées la même année que moi !
Je me suis lancée dans la lecture avec le plaisir de retrouver des sensations et des souvenirs, et aussi de voir vivre ce que j'avais raté, parce que je n'étais pas à Paris, parce que de près, on ne voit pas tout, parce que le recul aide à comprendre.

Mais, au-delà des souvenirs, ce livre a la grande qualité de nous présenter non pas juste les événements de 68, mais surtout ce qui les a amenés. Sous couvert d'un roman, très facile à lire et très prenant, nous voyons vivre les années précédentes, et comprenons comment on en est arrivé là. Et pas seulement en France, puisque la Grèce des colonels, et Berlin et la construction de son mur y ont une grande place.

Roman épistolaire, parsemé de quelques documents et photos d'époque. Roman à la fois très riche et très facile, même si on ne connait pas la période.

jeudi 12 avril 2018

Picoti Picota une poule arriva - Matthias Riehl

 En recherchant des idées de lecture pour mon petit-fils de 6 ans (qui vient de terminer mon stock de Clan des 7 :-)  !!)  j'ai ressorti mes quelques "Bibliothèque de l'Amitié", que je n'avais pas regardés depuis longtemps.
La Bibliothèque de l'Amitié était une belle collection éditée par Rageot / Editions de l'Amitié des années 60 jusqu'en 1988.
On y trouvait notamment Yvon Mauffret, Michel-Aimé Baudouy, Betsy Byars, et même quelques Susie Morgenstern, Christian Grenier, et l’inénarrable Mystère au chocolat de Didier Herlem.
Une épaisse couverture cartonnée, mais surtout, son signe distinctif, une photo pleine page en couverture.
Qui faisait terriblement moderne et original quand mes enfants les lisaient, et qui les fait paraître à présente particulièrement démodés !
Cette collection a été remplacée dès 1989 par la collection Cascade aux belles couleurs et à la couverture souple, certains titres y ont même été réédités (Mystère à Carnac, ou Mystère au chocolat par exemple)

mardi 11 juillet 2017

Lune indienne - Antje Babendererde

Un roman marquant. Je l'ai terminé depuis plusieurs jours, et les personnages ne me quittent pas.

Au départ, c'est presque un peu trop beau, un brin trop cliché, mais vraiment agréable à lire.

Commencé au milieu d'une autre lecture (pour cause d’encombrement !!) je n'ai pas pu le lâcher.
On se sent immergé dans l’esprit des Indiens, on découvre beaucoup. Même si c'est sans doute parce que l'auteur voit aussi les choses de l'extérieur que c'est si facile d'accès ?
Un regret tout de même qui m’empêche de mettre la note maxi : léger tout le long, malgré le contexte, mais beaucoup de rencontres positives etc, j'ai regretté que la fin soit bien plus dramatique (même si  sinon j’aurais trouvé que c’était trop optimiste probablement !!!) avec ce sentiment d'impuissance face aux terribles événements qui sont le fait des hommes hélas, pas de la nature. Si cette impuissance face à tant de stupidité, de règlements terribles, me révolte autant bien que je soies adulte, je me demande ce qu'il en est sur des ados en pleine période de révolte !

En résumé, comme souvent, un Millézime très fort, à lire à tout âge.

jeudi 9 mars 2017

Un soir à Sanary - Michèle Kahn

Roman
Editeur : Le Passage 2016 ; 286 pages.
Résumé Babelio

Pour une fois, sur une roman adultes, une chronique très personnelle, (vous n'êtes pas obligé de la lire  ;-) mais je me sens obligée de l'écrire) !

J'ai demandé ce livre juste à cause du titre, sans idée du contenu (et je l'ai commencé de même, toujours sans regarder la 4e de couv.)
Je veux dédier cette lecture à ma soeur, qui m'a fait découvrir Sanary et m'y a amené en vacances plusieurs années. Lecture découverte juste trop tard, j’aurais tant aimé en parler avec elle, évoquer les lieux que j'y retrouve et dont je n'avais plus entendu le nom depuis 50 ans.

J'ignorais totalement que Sanary avait accueilli tant d'artistes allemands très connus, qui fuyait le nazisme.
Mais je me souviens bien que c'est là que j'ai eu le désir d'apprendre la langue allemande, parce que nous croisions souvent, sur le chemin de la plage, des groupes de jeunes dont je ne comprenais pas un mot, ce qui est frustrant. J'ignorais qu'ils étaient peut-être les descendants de tant de personnalités ou sur leurs traces ! Et j'ai attendu un demi-siècle avant de me lancer enfin dans l'apprentissage de l'allemand (sans grand succès hélas !)

dimanche 10 janvier 2016

Sirius (Jonathan Crown - Traduit par Corinna Gepner)

Un vrai coup de coeur pour ce court roman que j'ai eu la chance, grâce à Babelio, de lire avant sa sortie.
Un livre léger sur une période qui est loin de l'être.
Un roman assez atypique, dont il est assez difficile de parler sans trop en révéler, (bien qu'hélas, comme trop souvent la 4e de couv' en dévoile beaucoup trop. Heureusement, je ne l'ai lue qu'après).

Plein de côtés intéressants :
Une approche de la période hitlérienne, à la fois bien vue de l'intérieur, et très légère, donc très facile à lire, pour ceux comme moi qui ont besoin en ce moment de lectures pas trop dures.
Malgré son apparente légèreté, ce roman m'a parfois fait plus réfléchir, et mis plus au coeur de la situation que d'autres plus "raides".

Beaucoup d'humour. D'ailleurs, quand j'ai envie de citer plein de phrases du livre, c'est un signe, on ne se lasse pas de relever des petits bouts de textes à retenir.

Une vraie immersion dans l'entourage et la vie des derniers jours d'Hitler.

Mais aussi, surtout, un très agréable moment en compagnie des célébrités de la scène, de l'écran ou de la musique de l'époque. On croise plein de personnages connus, et là aussi, on les découvre de l'intérieur, avec leurs petits travers, et beaucoup d'humour. Je me suis vraiment régalée là-dessus.
Un joyeux mélange de personnes réelles et d'autres inventées, un mélange vraiment cohérent cependant.

Et bien entendu, le personnage central, le chien, aux multiples noms selon ce qu'il vit, mais à la personnalité unique, étonnante, qu'on retrouve avec plaisir dans les diverses péripéties de sa vie. Et qui semble, en cette période troublée, réfléchir plus et mieux que beaucoup d'humains contemporains !

L'auteur est né un peu après cette période, mais je me demande quelle est la part dans le roman d'histoire vraie concernant sa famille, puisqu'il s'est amusé à donner au héros, une fois américanisé, son propre nom de famille.

Je remercie vraiment Babelio et les Presses de la Cité pour ce très agréable moment de lecture et de réflexion.


Ma note 5/5

Extraits :
Clark Gable s'incline.
[.....]
A Hollywood, le bruit court qu'il n'a accepté le rôle de Rhett Butler que pour pouvoir payer ses frais dentaires. Il rêvait plutôt de jouer Tarzan, mais le film lui est passé sous le nez.



Jack Warner l'interrompt d'un geste.
[.....]
- Possible. Je n'ai pas la mémoire des noms. Chaque fois que je tombe sur ce type mal luné avec sa cigarette au bec, il me faut un petit moment avant de me dire : Ah oui, bien sûr, Humphrey Bogart.



Peu après, Carl Crown est convoqué dans le bureau du réalisateur Tyrone Chester. Celui-ci est connu pour faire des films si larmoyants qu'après les avoir vus on a besoin de nouvelles glandes lacrymales.


Billy Wilder fait un tabac sur la piste de danse.
[.....]
- Quel est votre rêve ? demande-t-il soudain.
[.....]
- Chanter ? Alors deviens chanteur. Cambrioler ? Fais-toi cambrioleur. Réinvente-toi. Il te faut un rêve si tu veux pouvoir te lever le matin.