Un superbe réquisitoire contre l'absurdité de la guerre, de toutes les guerres. D'autant plus actuel à présent qu'elle est à nos portes.
Un roman qui commence comme du Jane Austen, et qui se termine dans l'enfer des tranchées.
Une écriture toute en légèreté, un humour toujours présent.
Sous des dehors de comédie un brin romantique, de sujets importants sont abordés ici.
D'abord, la triste vie des femmes célibataires sans revenus, et il est difficile d'imaginer ce qu'on pouvait leur imposer.
Puis l'arrivée de la guerre, d'abord sous la forme des réfugiés belges. Le ridicule et la mesquinerie des manifestations prévues pour les aider : thés, réunions festives, toujours avec un maximum de décorum et un minimum d'ouverture.
Hypocrisie et stupidité deviennent terribles quand il s'agit de statuer sur le sort d'une pauvre fille violée. Non content de la mettre à l'index, on écarte ceux qui ont pu l'aider comme des pestiférés.
Une analyse fine de l'état d'esprit à l'aube de la guerre, partage entre fierté de défendre la patrie, et angoisse et tristesse de savoir que parmi tous ces jeunes gens, combien reviendront, intacts ?

