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dimanche 26 janvier 2025

La ferme des animaux - George Orwell

 

Quelle superbe allégorie de la dictature, si transparente et si facile à lire.
J'avoue que je ne l'avais jamais lu (j'ai de grosses lacunes du côté des classiques !! Et rarement envie d'en lire). Merci à ma libraire qui, alors que je l'achetais pour ma jeune lycéenne, m'a, en une phrase, donné envie de le découvrir.
Parce que ce n'est pas la couverture de cette édition Folio qui m'aurait donné envie. Je suis bien contente de n'avoir pas à la conserver dans ma bibliothèque, c'est tellement moche !
J'ai été surprise, en terminant ma lecture, d'apprendre que ça a été écrit fin 1943 début 44. En plein sujet !!

Tout le monde ou presque l'ayant sans doute déjà lu à part moi, je ne vous en parlerai pas beaucoup plus.
Juste dire qu'après ma lecture, je regarde les commentaires, et je vois que c'est clairement une dénonciation du Stalinisme.
Je suis assez nulle en Histoire, et je pensais en lisant que c'était aussi une dénonciation des dictatures, de la montée en puissance de tout dictateur. 
Les noms de cette traduction française sont particulièrement savoureux.

Extraits :

lundi 10 juin 2024

L'écrivain pour enfants qui détestait les enfants - Bertrand Santini

Oh la la, mais quel roman ! 
Plus grinçant que drôle, plus drôle que grinçant !! 
On y retrouve le grand Bertrand Santini, l'auteur du Yark, de Miss Pook. Mais aussi celui de Gurty, qui plait tant.
Gontran Pelpoir, partagé entre ce qu'il aime écrire, et ce que les lecteurs aiment lire, est-il un autoportrait 😄 ?

Il y a tant de niveaux de lecture chez cet auteur qu'il est difficile de parler de façon juste de ce roman sans trop en dévoiler.
Humour, aventure, critique des régimes totalitaires, la vie d'écrivain, les secrets de famille, un peu de peur, beaucoup de rires. Et finalement de l'émotion. Tout est humour, tout est sérieux. 
Les plus jeunes le liront au premier degré, et se régaleront de cette aventure improbable, remuante, et inattendue. Les autres y verront des clins d'oeil, de la réflexion, et se régaleront tout autant.

Un début sans trop de surprise : tout est dit dans le titre. Gontran Pelpoir, brillant universitaire, déteste les enfants, tous, en vrac et en détail. Le cauchemar commence lorsqu'il se retrouve, bien contre son gré, devoir écrire un roman pour ces chers petits ; et surtout lorsque, malgré ses efforts, ils adorent !! Presque classique.
Mais ça ne va pas durer.

dimanche 3 décembre 2023

Dernier gueuleton avant la fin du monde - Jonas Jonasson

Une si jolie vengeance : ce roman aurait dû s'intituler ainsi !
L'humour de Jonas Jonasson, on aime, ou pas. Moi, j'apprécie, alors que je suis assez difficile sur les romans adultes marqués humour. Je me suis régalée avec ce roman aussi surprenant que les autres.

Il nous fait rire sans méchanceté du malheur des autres, et des personnes moins futées.
Un mélange d'aventures individuelles (ou plutôt pour un joli groupe de personnes) et de politique aux opinions très affirmées.
Bon, j'ai été un peu perdue dans les histoires de mafia russe, même si je suis assez vieille pour que les noms de chaque dirigeant de l'URSS m'évoque quelque chose. Mais ça n'a pas grande importance pour le suivi du roman.

Réunissez, par le plus grand des hasards, un jeune homme un peu simplet, à qui le second degré échappe totalement mais qui fait des merveilles en cuisine même dans les pires conditions de confort ; une presque astrophysicienne, qui a su calculer la fin du monde, et elle arrive rapidement ; une jeune influenceuse septuagénaire qui voyage beaucoup mais n'a jamais quitté son village ; un frère odieux totalement dépourvu de scrupules. 
Ajoutez-y un peu de mafia, quelques dirigeants parfaitement amoraux, comme il se doit. Mais aussi Obama "sans R", et quelques autres personnages existant, et une banque suisse.
J'allais oublier un animal en voie de disparition, ou pas.

mercredi 10 mai 2023

Léo et la cité mécanique - Lorraine Darrow

 
Quel merveilleux cadeau d'anniversaire !
Les éditions Sarbacane fêtent leurs 20 ans. 
20 ans de textes marquants, de régals de lecture.
Et pour fêter ça, elles nous proposent un beau livre, dans la lignée de Violette Hurlevent. Mais accessible un peu plus jeune à mon avis.

Un très bel objet : papier épais, couverture avec motifs et noms dorés, rabats noirs illustrés, illustrations intérieures nombreuses, par la fille de l'autrice.
Et le roman est à la hauteur de ce bel écrin.
Une dystopie dans un monde étonnant, où les robots sont en passe de remplacer les humains.
Léo, le petit prince orphelin, n'a qu'un ami, Bobbi-Bop, un robot un peu obsolète, affectueux et romantique. 
Dans un monde terrible, dominé par sa grand-mère, reine tyrannique et dangereuse, où il est interdit de lui parler de ses parents, dont il ne sait rien, Bobbi-Bop est son seul réconfort.
Quand celui-ci est menacé de « mort » Léo ne voit pas d’autre issue que s’enfuir, et partir à la recherche de sa mère.
Mais que va-t-il trouver hors de la cité fermée où il a toujours vécu ?
Et d’ailleurs, comment serait-il possible d’en sortir ?

mercredi 17 août 2022

La fille de l'ogre - Catherine Bardon

 L'écriture de Catherine Bardon est un enchantement.
Je l'ai découverte avec la saga des Déracinés, que je dois encore terminer (j'ai acheté la suite, elle m'attend !) . Mais je n'ai pas résisté à demander celui-ci.
Nous voici donc de retour en République dominicaine si chère à son coeur.
Sur les traces de Flor de Oro Trujillo, fille très peu connue du dictateur hélas bien connu.
Sa vie ne semble exister qu'à travers celle de son père, Rafael Trujillo, et de celui qui fut son premier mari Porfirio Rubirosa.
Et pourtant, quelle vie. Catherine Bardon a mené l'enquête pour nous, pour retracer trois quarts de siècle d'une histoire qui est aussi celle de la République Dominicaine.

Une vie d'une incroyable tristesse, car Flor de Oro ne cessera d'essayer à la fois de se valoriser aux yeux de son monstre de père, et de s'affranchir de sa coupe pesante, voire méchante.
Comment vivre quand on est la fille d'un père qui ne se souvient de vous que quand il est question de ses propres intérêts, qui impose tout et empêche de vivre. Comment parvenir à conquérir une liberté méritée.
Ce sera le drame de toute l'existence de Flor di Oro, constamment monnaie d'échange pour une des pires dictatures, séparée de sa mère, la seule personne qui semble l'avoir réellement aimée.

vendredi 26 février 2021

Des chrysanthèmes jaunes - Rafael Reig

Erreur de choix de ma part ! Le résumé m'avait tentée, mais je n'ai pas réussi à accrocher à l'histoire de Pedrito telle qu'il nous la raconte.
Curieusement, j'ai commencé cette lecture juste après Soleil jusqu'à la fin, et tous deux nous plongent dans le quotidien d'enfants vivant dans un orphelinat. Mais rien de plus différent que ces deux romans, même si la vie n'est pas plus drôle pour l'un que pour l'autre.

Le début m'a paru truculent, le sexe vu par des enfants avant la libération sexuelle. La suite plutôt répétitive, tant le narrateur revient sur ses histoires de masturbation, et de soeurs qui accumulent les gestes osés.
Quand Pedrito doit quitter l'orphelinat, ses copains et les soeurs, pour être accueilli par ses grands-parents, l'ambiance a changé et j'ai pensé que j'allais être intéressée par son changement de vie, passant soudain d'une vie misérable à un milieu aisé. Mais je n'ai pas réussi à m'intéresser à son récit, qui oscille entre du sexe, de la politique, un brin de fantastique avec ces apparitions de la vierge très olé olé.

De jolis passages sur l'importance de la lecture. 
Mais tout m'a semblé trop détaillé, la politique (d'autant qu'il me manque des connaissances pour comprendre la politique espagnole), l'économie, les rencontres et même la lecture de Sandokan, que l'on suit en parallèle.

mercredi 16 mai 2018

Trois filles en colère - Isabelle Pandazopoulos

Excellent ; mon coup de coeur de l'année probablement.
Le nom d'Isabelle Pandazopoulos m'a attirée (j'ai lu, et beaucoup apprécié, La Décision) le sujet (Mai 68) m'a retenue.
J'ai donc ouvert le livre, qui commence par la présentation des trois filles et leurs familles.
Surprise : ces trois filles sont nées la même année que moi !
Je me suis lancée dans la lecture avec le plaisir de retrouver des sensations et des souvenirs, et aussi de voir vivre ce que j'avais raté, parce que je n'étais pas à Paris, parce que de près, on ne voit pas tout, parce que le recul aide à comprendre.

Mais, au-delà des souvenirs, ce livre a la grande qualité de nous présenter non pas juste les événements de 68, mais surtout ce qui les a amenés. Sous couvert d'un roman, très facile à lire et très prenant, nous voyons vivre les années précédentes, et comprenons comment on en est arrivé là. Et pas seulement en France, puisque la Grèce des colonels, et Berlin et la construction de son mur y ont une grande place.

Roman épistolaire, parsemé de quelques documents et photos d'époque. Roman à la fois très riche et très facile, même si on ne connait pas la période.

mardi 9 janvier 2018

Liberté(s) - Marie-Sabine Roger

Ce recueil comprend trois romans :
 - Le quatrième soupirail
- Et tu te soumettras à la loi de ton père
- Une poignée d'argile

J'avais lu les deux premiers,  mais je souhaitais depuis un bon moment relire le second, car je savais l'avoir apprécié, mais je mélangeais un peu avec un autre roman sur un thème voisin.
J'ai profité quand j'ai trouvé ce recueil dans la bibliothèque, d’autant que lire Marie-Sabine Roger est toujours un moment précieux.

Editions Thierry Magnier 2013
Résumé Babelio

Le quatrième soupirail

lundi 23 octobre 2017

La fabrique des mots - Erik Orsenna


J'ai déjà croisé Jeanne dans "La grammaire est une chanson douce" il y a plus de quinze ans, et je n'ai pas lu les autres livres de la série.
Ce n'est pas gênant pour retrouver ici Jeanne, sa classe et sa maîtresse, (et Henri Salvador aussi) aux prises avec un dictateur qui veut supprimer les mots, parce que les mots sont dangereux. Et que parler empêche de travailler (de l'avis du dictateur)

J'ai été amusée de voir ici la Carte du Tendre, donc je n'avais guère entendu parler depuis mes (très lointains) cours de français du lycée !
Et j'ai aimé retrouver Monsieur Henri, et ses mots si tendres.
Côté Illustrations, je ne suis pas fan des dessins, visuellement, mais par contre, ils sont très "parlants" détaillés, correspondant bien à l'histoire.

Un conte, une fable ? mais un joli petit roman facile à lire et tellement intéressant sur les mots, leur utilité, leur origine, les langues ...
Pour tous, jeunes et adultes.
J'ai trouvé ça passionnant, et je me demande juste à partir de quel âge ça peut intéresser les enfants.

samedi 22 juillet 2017

Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés - Arto Paasilinna

Un peu déçue. J'apprécie beaucoup Arto Paasilinna. Mon préféré n'étant pas Le Lièvre de Vatanen, son plus connu, mais La douce Empoisonneuse.
Je sais que c'est un peu (voire plus) déjanté avec pas mal d'humour noir.
Mais là, l’histoire se passe vraiment sur des faits trop tristes pour moi. Même avec l'humour,  j'ai du mal à y apprécier. Notamment je supporte difficilement de lire lorsque ça parle de tortures. Et la vie au Macabraguay est vraiment terrible, d'autant plus difficile qu'on sait bien que ça existe.
J'ai aussi trouvé des passages un peu longuets.

J'ai cependant apprécié le fond de l'histoire, cette mise en parallèle des dictatures militaires et du pire communisme, à peine différents dans la forme, aussi atroces pour les habitants.
Apprécié aussi l'humour, l'art de l'auteur de nous faire rire quand on devrait pleurer. Et son personnage central, naïf et plein d'idées utopiques, et qui parvient malgré tout à ses fins, de façon toujours inattendue.
Bien ri aussi avec les noms de pays et de monnaies.
Sans doute faut-il en remercier aussi la traductrice ?
Dont j'apprécie que chez cet éditeur, son nom apparaisse sur la première de couverture (et la 4e !). Il faut si souvent dénicher l'info bien cachée.