Un très beau roman à deux voix, sur les secrets de famille, mais aussi des pages d’histoire (souvent méconnue pour nous).
Nous faisons la connaissance d’Anna-Mei, jeune lycéenne de seize ans, alors qu’elle se retrouve en service psychiatrique.
On va peu à peu découvrir ce qui l’a amené là, et pourquoi elle a soudain craqué, alors qu’elle s’interroge elle-même pour comprendre ce qui lui arrive.
C’est sa grand-mère asiatique qui l’a élevée, et, pour l’aider, elle l’amène consulter une thérapeute en médecine traditionnelle chinoise. Qui va essentiellement conseiller de dévoiler à Anna-Mei ce qui s’est passé avant sa naissance, les heurs et malheurs de ses ancêtres, proches ou plus lointains (malheurs surtout).
Sa mère est morte quand elle était très jeune, on ne lui en parle jamais. C’est le côté asiatique de sa famille, et sa grand-mère a préféré taire ses souvenirs les plus durs. Pour protéger sa petite-fille, mais aussi peut-être elle-même ?
Elles vont donc s’enfoncer dans les souvenirs à tour de rôle, Anna-Mei n’ayant accepté de parler de ce qui l’a conduite à cette crise que si sa grand-mère parlait aussi.
Au fil des chapitres et sans ordre chronologique, elle fait connaissance avec sa famille proche ou lointaine dans le temps. Grâce à un arbre généalogique au début, on peut suivre les liens de famille, les dates, et même les noms, pas toujours évidents à distinguer pour moi.
Nous découvrons avec elle un pan de l’histoire de la Chine et de Taïwan. Et c’est rarement rose !