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mercredi 17 août 2022

La fille de l'ogre - Catherine Bardon

 L'écriture de Catherine Bardon est un enchantement.
Je l'ai découverte avec la saga des Déracinés, que je dois encore terminer (j'ai acheté la suite, elle m'attend !) . Mais je n'ai pas résisté à demander celui-ci.
Nous voici donc de retour en République dominicaine si chère à son coeur.
Sur les traces de Flor de Oro Trujillo, fille très peu connue du dictateur hélas bien connu.
Sa vie ne semble exister qu'à travers celle de son père, Rafael Trujillo, et de celui qui fut son premier mari Porfirio Rubirosa.
Et pourtant, quelle vie. Catherine Bardon a mené l'enquête pour nous, pour retracer trois quarts de siècle d'une histoire qui est aussi celle de la République Dominicaine.

Une vie d'une incroyable tristesse, car Flor de Oro ne cessera d'essayer à la fois de se valoriser aux yeux de son monstre de père, et de s'affranchir de sa coupe pesante, voire méchante.
Comment vivre quand on est la fille d'un père qui ne se souvient de vous que quand il est question de ses propres intérêts, qui impose tout et empêche de vivre. Comment parvenir à conquérir une liberté méritée.
Ce sera le drame de toute l'existence de Flor di Oro, constamment monnaie d'échange pour une des pires dictatures, séparée de sa mère, la seule personne qui semble l'avoir réellement aimée.

dimanche 8 décembre 2019

Les déracinés - Catherine Bardon

Un superbe roman à lire absolument. Avec Exodus, bande-son de ma chronique !
Non que le roman ait un rapport, enfin, pas directement. Mais quand j'ai commencé à suivre l'errance de cette famille, de port en port, de pays en pays, m'est curieusement venue en tête de façon entêtante un mot "Exodus". Et une musique avec quelques paroles.
Je dis curieusement car je n'étais pas née lors de la triste odyssée de l'Exodus, et un peu jeune pour avoir vu le film. Après recherche, je m'aperçois que c'est la chanson d'Edith Piaf que j'ai en tête, et qui ne me quitte pas. Je ne sais pourquoi cet épisode m'avait marquée, moi qui ai si peu de souvenirs de mon enfance.

Après ma lecture de L'Américaine, j'avais immédiatement bien entendu désiré lire le livre précédent. Acheté tout de suite, mais laissé de côté faute de temps.
Par hasard, je le lis juste à la suite de "Quand Hitler s'empara du lapin rose", et j'y retrouve pas mal  de points communs, sur les débuts du moins.

Celui-ci commence à Vienne dès 1921, Wilhem est heureux avec sa jeune soeur Myriam.
Peu à peu, Vienne l'idyllique, la merveilleuse, pétrie de culture et d'humanité, va devenir un enfer.
Myriam, jeune mariée, parvient à quitter à temps le vieux continent. Pour Wil, c'est plus compliqué. S'exiler n'est pas une décision facile à prendre, encore moins quand ça implique d'abandonner ses parents. Quand enfin, le jeune couple s'y trouve contraint, les USA ont fermé leurs frontières, et peu de solutions s'offrent à eux.

lundi 17 juin 2019

L'Américaine - Catherine Bardon

Très gros coup de coeur pour ce roman, que j'ai lu (presque) par hasard.
Un concours sur Facebook, un coup d'oeil rapide au résumé (de toutes façons, je ne gagne jamais les concours ;-)  ) j'oublie, et quelques jours plus tard,  ce superbe roman dans ma boîte aux lettres.

C'est la suite de Les Déracinés, mais ça ne m'a jamais gênée de ne pas l'avoir lu. Personnages et situations sont bien repris quand c'est nécessaire.
Par contre, je suppose que j’aurais eu une lecture un peu différente si je connaissais le volume précédent. Et surtout, ça m'a donné une grande envie de le lire !

1961 Ruth Rosenheck, vingt et un ans, se résout à contrecoeur à quitter son pays, la République dominicaine, où la vie devient très difficile en pleine dictature.
Elle part pour New York, tenter de vivre son rêve d'être journaliste. Ce choix n'est pas anodin : si ses parents, fuyant l'Autriche et la menace nazie, se sont réfugiés en République dominicaine, c'est à cause du refus des USA de les accueillir, bloqués à Ellis Island.
Encore sous le coup de la mort accidentelle de son père, elle refait "le voyage à l'envers", sur les traces de ses parents.
Une période de sa vie aux Etats-Unis, très loin de tout ce qu'elle connaissait jusque là, mais qui ne va pas résoudre toutes ses questions, bien au contraire.
Un passage en Israël aussi, car comment savoir si c'est là qu'est notre vie tant qu'on n'a pas essayé ?

J'ai tout aimé dans ce roman, l'écriture, les personnages, la traversée des grands événements, connus, ou moins.