J'en suis aux deux tiers, je n'ai pas la moindre idée de qui est coupable, mais qu'est-ce que je m'amuse !
(Je l'ai terminé très rapidement après avoir écrit ceci !! tout en allant de surprise en surprise.)
Une situation on ne peut plus classique : le meurtre parfait en chambre close : non seulement la chambre était en effet fermée, et hermétiquement, mais sur une île accessible seulement à marée basse, "le Bout du Monde".
Et pourtant beaucoup d'originalité. D'abord, dans la situation elle-même : nous sommes en mai 1910, à la veille du passage de la comète de Halley à proximité de la Terre.
Le maître des lieux est persuadé, sûr de ses calculs scientifiques, qu'un gaz toxique va balayer la Terre. En calfeutrant à l'extrême tout le manoir, il va survivre avec sa famille et son personnel, il suffira de ressortir le lendemain dans un monde "nettoyé".
Les personnages aussi sont assez atypiques, et dans tous les cas bien campés, jamais fades.
Le narrateur voudrait bien être aussi celui qui découvre la vérité, car il est fortement menacé, non seulement de perdre sa place, mais de finir ses jours en prison ou pire. Hélas ses dons d'enquêteur ne sont pas à la hauteur.
Le détective envoyé par Scotland Yard est encore pire, le plus nul de tous les temps.
La grand-tante Decima, exilée dans sa chambre insalubre, s'avère à la fois bien plus intelligente, mais encore plus catastrophique que prévu.
Un vrai régal de suivre Decima, truculente à souhait, impertinente et ingérable, et tellement futée aussi.
Chaque personnage a une vraie personnalité. Ils sont bien campés, parfois assez inattendus, on a même un petit garçon, assez rare dans ce genre de roman, et il s'avère presque pire que le reste de la famille, ce qui n'est pas peu dire.
Avec ça un vrai polar à énigme, tortueux au possible.
Bref, je me suis régalée ! Même si à mesure qu'on avance, ça devient un peu plus noir.
Dommage que le plan de la maison au début, est impossible à lire sur liseuse, sur Thorium, et même en l'imprimant !
J'ai par contre bien apprécié la couverture, qui m'avait attirée. Même si hélas pas plus lisible en numérique.
D'après le sous-titre "Une enquête de Steven et Mademoiselle Decima" on peut espérer d'autres épisodes. Je les lirais avec grand plaisir !
Extraits :
Le succès d'un domestique repose sur sa capacité de se rendre invisible. De se confondre avec le mobilier, pour en devenir une pièce maîtresse. De n'apparaître que lorsque sa présence est requise, de ne parler que l'lorsqu'on lui adresse la parole, et de s'effacer le reste du temps.
***
Il avait la ferme conviction que les domestiques et les maîtres devaient vivre séparés, et c'est pour cette raison que la demeure comporte plusieurs escaliers de ce type, nous permettant d'accéder à n'importe quel étage, de jour ou de nuit, sans être vus.
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Nan avait toujours dit qu'aucune fortune ne pouvait empêcher un imbécile d'être un imbécile,
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et nous prendrons un nouveau départ ! [...]
Plus de guerres ! Plus de Parlement sans majorité ! Plus de distractions insignifiantes comme le socialisme, le vote des femmes ou l'indépendance de l'Irlande.
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Je mis un moment à saisir ce qui le chiffonnait : les valets de pied étaient payés en fonction de leur taille.
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- Je suis surpris que vous ayez une bible, mademoiselle. Vous ne me paraissez pas très croyante.
- J'aime avoir sous la main des objets que je peux lancer sans crainte de les casser...
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- La phrénologie. Une matière fascinante. À laquelle je me suis entièrement formé seul.
[Jarvis, le détective de Scotland Yard]
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Lettice va vouloir retirer sa robe de deuil du dimanche matin pour revêtir sa tenue d'affliction de l'après-midi.
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- À mon cousin Edwin Welt ... [...]
- ... je lègue la totalité de mes recherches scientifiques sur le vaccin de la variole, qu'il doit impérativement lire, lui qui a voté contre à de multiples reprises.
Titre original : The Murder at World's End (2025)
Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Alice Delarbre.
Éditeur : Hachette - 1 juillet 2026
Collection : Black Lab - 432 p. -22.90 €
Lu en numérique via NetGalley que je remercie.
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