Affichage des articles dont le libellé est surdité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est surdité. Afficher tous les articles

samedi 10 août 2024

Jefferson se fâche - Jean-Claude Mourlevat

 
Voici le troisième opus des aventures de Jefferson Bouchard de la Poterie, et c'est encore un régal de lecture.
Il peut parfaitement se lire seul, mais c'est bien agréable de retrouver les personnages des histoires précédentes.
Un roman drôle et tendre, mais aussi l'occasion, comme les précédents, d'aborder un sujet sérieux.
Drôle car nous sommes dans un pays où les animaux vivent quasiment comme des humains, et où toutes les espèces cohabitent. Ce qui n'est pas forcément simple : quand Jefferson, le hérisson doit s'expliquer face au chien danois policier, qui le surplombe d'un bon nombre de centimètres, il n'est pas très à l'aise.
Mais sa petite taille ne l'empêche pas d'être un étudiant très sérieux. D'ailleurs il a obtenu une bourse pour partir au pays des humains. On espère donc un prochain tome.
Tendre, car il y a beaucoup d'amitié entre ces héros.
On rencontre ici, un groupe de jeunes sourds, qui cohabitent et s'aident. Et c'est l'occasion de mieux se rendre compte de ce qu'implique ce handicap dans la vie quotidienne : difficultés à lire sur les lèvres dès qu'il fait sombre, personnes qui se fâchent quand on ne répond pas, sans prendre la peine de voir que c'est impossible, complexité des conversations et des interrogatoires ...
Jefferson, le jeune hérisson, a beaucoup d'"humanité" : il est très peureux, il l'assume, mais se dépasse quand il doit aider ses amis.

samedi 29 février 2020

Tu crois tout savoir, Jilly P. ! - Alex Gino

Deux thèmes forts dans ce roman : la surdité, et le racisme envers les noirs aux USA.
Les deux traités de façon plus qu'intéressante, on est au coeur des problèmes, et on apprend aussi pas mal de choses si ce ne sont pas des sujets qui nous sont familiers.
J'étais un peu surprise que deux sujets aussi forts cohabitent en un roman, quand hélas ils finissent par se rejoindre, et c'est dramatique.

J'ai toujours un peu de mal avec le style d'Alex Gino, que je trouve parfois ennuyeux. Des détails qui me paraissent inutiles sur ce que mangent les protagonistes, ou sur leurs vêtements, de longs échanges sur la série de livres qui rassemble les personnages, mais dont nous ignorons tout ; c'est un peu lassant.
Mais contrairement à George, beaucoup de choses intéressantes ici. Que découvriront peut-être les ados qui le liront.
D'une part autour de la surdité, les divergences entre ceux qui sont pour la langue des signes, et ceux qui pensent que ça empêche les enfants de progresser, et qui les en privent de façon parfois un peu brutale (quand on sait qu'actuellement, on apprend la langue des signes avec certains bébés entendants, pour les comprendre avant qu'ils ne sachant parler), les implants et autres "aides"...
D'autre part, il est difficile d’imaginer vu de France la peur quotidienne des noirs en Amérique. (Quoique on revient ici aussi hélas à un racisme primaire et dangereux)

J'ai aimé que Jilly P. se pose des questions, j'ai aimé que ce soit elle qui réagisse en famille quand tous font mine d'ignorer les problèmes.

samedi 18 mars 2017

Le garçon qui parlait avec les mains - Sandrine Beau


Illustrations : Gwenaëlle Doumont
Editions Alice 2015
Collection Primo 91 pages
Résumé Babelio

Un petit roman bien construit, intelligent, absolument superbe.
Manolo est espagnol, ce qui déjà, intéresse Victoria, Manolo est fascinant à ses yeux, dès son arrivée en cours d’année dans l’école. Mais Manolo est sourd.
Si pour Victoria, la communication arrive à se faire très vite, pour d’autres élèves, sourd semble encore synonyme de débile, même au 21e siècle.
Et quand certains parents s’en mêlent, souhaitant une pétition pour exclure cet élève, parce que « il ne faudrait pas que nos enfants prennent du retard » ça n’arrange rien.

J’ai trouvé tout très juste dans ce roman : les réactions variées des élèves, celles des parents (et de leurs enfants) face à la pétition proposée, les rapports dans la classe, une meneuse etc …
Et la « solution » proposée par Victoria (et Manolo), solution à la portée de tout élève, sans rien d’extraordinaire, va s’avérer géniale, et efficace.

On se prend à souhaiter que tous les élèves lisent ce roman, mais aussi tous les enseignants. Parce que si la classe n’est pas forcément confrontée à ce genre de problème, elle peut l’être à des tas d’autres variantes d’exclusion volontaire d’un groupe.

lundi 22 février 2016

Silence (Benoît Séverac)

Scotchée !!
Je n'ai pas pu lâcher ce livre, et ce n'était pas à cause du suspens, il n'y en a pas vraiment.
Plus que le sujet, c'est l’écriture je pense qui m'a empêchée de poser le roman avant la fin.
Des chapitres courts, pas de laïus, pas de pathos, des personnages qui sonnent vrai. Une histoire dont on a l'impression qu'hélas elle pourrait arriver presque à n'importe qui. Et des remises en question pour tous, adultes et jeunes.
On découvre peu à peu ce qui s'est passé, en même temps que Jules essaie de s'en souvenir, de se renseigner, et de comprendre. C'est vraiment très prenant.
Un petit côté plus léger, avec le personnage de la petite soeur, à la fois affectueux, drôle, mais aussi qui apporte à Jules les infos dont il a besoin.
Et de la chaleur humaine et du réconfort avec Damien, l'infirmier.

J'ai un peu regretté le passage en langage SMS. Evidemment, je ne suis pas vraiment le public visé, et donc j'ai un peu de mal à comprendre. Mais je ne suis pas sûre que c'était indispensable pour faire "jeune" ou plus vrai (et ça risque de dater rapidement, non ?)
Et j'avoue ne pas savoir ce que veut dire le terme "root" en français.

Je ne sais pas ce qu'en pense le public ado ; avec mes yeux d'adultes, j'ai vraiment apprécié ce roman et il me semble important de le faire lire aux jeunes.
Je remercie au passage Aurélien, du blog "Mes romans de collégien" grâce auquel j'ai découvert par hasard ce livre.


Extrait :
- La littérature, il n'y a que cela de vrai. Lire t’aidera.