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jeudi 30 juillet 2026

Olivetti - Allie Millington

 
À la fois très original, et très émouvant.
Je n'y mettrais pas un coup de coeur, parce que je n'étais pas prête à lire une histoire de cancer et de récidive, mais qu'est-ce qu'il est beau ce roman !!

Deux héros qui se confient à tour de rôle, et j'ai autant aimé un que l'autre.
Ernest, le jeune garçon discret et calme, si attachant.
Et Olivetti, la machine à écrire si attachée à la famille. Qui voudrait tant aider, mais c'est difficile quand on est privé de paroles, et de mouvement. Olivetti qui connait les réactions et sentiments des humains, mais qui a parfois du mal à comprendre pourquoi ils sont comme ça.

Les machine à écrire ... Est-ce qu'on leur confiait nos secrets ? Elles étaient bien plus discrètes que nos ordinateurs, capables de divulguer tout ce qu'on leur donne.
La petite Olivetti de ma soeur... grâce à elles deux, j'ai appris à taper avec tous les doigts !
La grosse machine de mes débuts d'enseignante.
Que j'ai en effet abandonné lâchement, juste parce que les nouveaux claviers me permettaient de corriger mes erreurs. Mais je ne l'ai pas vendue, je l'ai confiée à ma petite-fille, intriguée par cette drôle de machine qui n'avait pas besoin d'être branchée. Je vais la récupérer, peut-être arriverais je à entendre ce qu'elle a à me dire ?

Oui, ce roman fait cet effet là ! Se demander ce qu'on a oublié de partager !

mardi 7 octobre 2025

Le book club des coeurs solitaires - Lucy Gilmore

 
Gros coup de coeur pour ce roman choral
Alors que titre et couverture laissaient penser à une énième romance pour (avec) bibliothécaires, c'est vraiment bien plus que ça.
Ça parle de livres, oui, mais aussi (surtout) de relations familiales, de filles et de mères, de solitude et d'amitié. D'humour et de tendresse, de larmes et de rires. Et de livres aussi !!

Roman choral, et quand, arrivée à la page 95, je me suis aperçue que nous quittions la narratrice, Sloane, à qui je m'étais déjà bien attachée, j'ai été déçue l'espace d'un instant. Je déteste quitter les personnages avec qui je viens de vivre des moments forts.
Mais très vite, j'ai apprécié la suite de l'histoire, tout aussi prenante, sans quitter personne, même si vue par les yeux de Maisey, puis des autres protagonistes.

Sloane, bibliothécaire dans l'Idaho profond, a un travail qu'elle aime, un riche fiancé chiropracteur qui la choie, elle est bien accueillie dans sa famille, ce qui lui fait un peu oublier la sienne, où il vaut mieux ne pas s'attarder.
Si on ne creuse pas trop, tout semble aller pour le mieux pour elle. Alors, pourquoi s'inquiéter de l'absence d'un lecteur habituel, le plus atrabilaire, le plus odieux. 
Mais Sloane est comme ça, elle va enfreindre toutes les règles, et passer outre à la déontologie pour vérifier ce que devient ce vieux bonhomme râleur et grognon.
Elle ne se doutait pas jusqu'où ça allait l'entraîner.

samedi 13 juillet 2024

L'indifférence de l'eau qui dort - Valentine Stergann

 
Un peu partagée sur ce roman : j'ai bien aimé le thème, et j'ai fini par m'attacher à certains personnages.
Mais (attention, je divulgâche un peu. Si vous n'aimez pas les spoils, lisez d'abord le livre, et revenez me donner votre avis 😀) Faustine a beau dire qu'elle est impulsive et ne réfléchit pas toujours avant d'agir, ce qu'elle fait est tellement absurde que j'ai eu du mal à accrocher. Difficile pour moi de lire en ayant sans arrêt envie d'envoyer promener l'héroïne !
Imaginez : une famille que vous ne connaissez pas, dont vous ignorez tout. Vous soupçonnez que la femme, il y a très longtemps, a trompé son époux. Et que le fils n'est pas l'enfant du mari. Vous avez absolument besoin de savoir la vérité (je ne vais quand même pas tout vous spoiler !!). Vous allez donc les rencontrer. Même si vous êtes "tête en l'air", vous viendrait-il à l'idée d'en parler au jeune homme, puis à celui qui pense être le père, avant d'essayer d'en savoir un peu plus auprès de la mère ? C'est d'une telle absurdité que j'ai failli arrêter là ma lecture (à défaut de pouvoir me fâcher avec Faustine  !!)

Ce roman est aussi et surtout l'histoire de la relation mère - fils. Faustine a dû élever seule Tristan, sans aucune famille autour d'elle, seul son vieux voisin Georges leur a tenu lieu de famille. Elle craint toujours de mal faire, le surprotège parfois, mais lui aussi essaie de protéger sa mère.

On sait d'avance comment ça va se résoudre mais ça, ça ne me gêne pas, j'aime les romances et les belles fins !!

samedi 11 septembre 2021

Souris, Maman ! - Émilie Chazerand

Se transformer en souris quand on déteste ces petites bêtes là, ça vous change la façon de voir le monde non ?
Même si je m'amuse toujours beaucoup avec les Pépix, il y a longtemps que je ne riais pas autant !
Émilie Chazerand est vraiment extraordinaire pour parler de façon drôle (parfois hilarante) de sujets sérieux voire tristes.
Quand en plus, c'est illustré par Joëlle Dreidemy, dont j'adore les dessins...
On va de surprise en surprise, et on ne s'ennuie pas une seconde.

Michel Grenadine, 10 ans, vit seul, avec sa maman. Un papa dans le coma depuis des années, pas d'amis, mais une mère très originale qui l'adore. Dont le travail est de créer des déguisements originaux, et la passion (outre son fils) de créer des mots aussi originaux.
Hélas, si sa mère est heureuse d'avoir son petit garçon toujours avec elle, Michel se dit qu'il est temps d'aller voir ce qu'est une école. Et puisqu'il le faut, il se débrouille seul.
Pas le choix pour la maman, mais comme elle voudrait être une petite souris pour le suivre, et savoir à tout moment ce qu'il fait.
Mais ... attention à Nostradamus !

jeudi 9 janvier 2020

Une fille de perdue c'est... une fille de perdue - Claire Renaud

Quel beau roman !
Au début, je me suis dit que c'était agréable à lire, mais plus destiné aux ados, puis très vite, j'ai été emportée par l’histoire.
Car au-delà de l'humour du titre, détournant un dicton qui se voudrait encourageant, on a une histoire à la fois très triste, et lumineuse.

Aurélia vient de signifier à Marcel que leur histoire commune s'arrête là, et Marcel ne peut pas y croire. Il s'accroche, se cramponne, Aurélia, c'est toute sa vie. Si elle l'abandonne, c'est un pan de lui-même qui s'effondre. En même temps, il se dit qu'il ne la méritait pas cette fille, qu'elle n'était pas pour lui, trop belle, trop solaire, toujours à l'aise alors que lui-même ne cherche qu'à passer inaperçu, rien pour la retenir. Mais malgré cette lucidité, il craque totalement, essaie désespérément, et de façon peu glorieuse, de la retenir.
Une histoire d'ados donc.
Sauf que peu à peu, on découvre la vie de Marcel, et ce n'est pas tout rose, c'est le moins qu'on puisse dire. On comprend alors pourquoi il a tant besoin de s'appuyer sur la fille qu'il aime. Parce que à côté de ça, il n'a pas grand chose de solide. On comprendra par la même occasion pourquoi elle a mis fin à leur relation.
Marcel essaie de cacher à son entourage combien sa situation familiale est terrible. Une mère qui s'enfonce dans l’alcoolisme, et qui le vit de la pire des façons vis à vis de son fils. Un père gentil et totalement démissionnaire, qui refuse de voir le danger de la situation.

Ça pourrait être un roman bien noir.
Mais ... mais il y a la nounou de Marcel, qui le soutient de toutes ses forces.
Et surtout, les amis. Une famille atypique et qui réchauffe le coeur de l'esseulé qu'est Marcel, et le nôtre au passage. Comme on aimerait faire partie des intimes des Tissier. Ces gens-là, malgré (ou avec) leurs fêlures et leurs difficultés, ils vous éclairent votre journée.

jeudi 28 mars 2019

Une évidence - Agnès Martin-Lugand

Je suis très partagée sur ce roman.
Une fois de plus, je regrette, je ne serai pas vraiment d'accord avec les avis dominants !!
Depuis Les gens heureux lisent et boivent du café, j'attendais avec impatience de découvrir cette autrice, dans un genre de romans que j'apprécie.
Je partais donc avec un a priori favorable et j'étais ravie de le recevoir. D’autant plus qu'il parle de secret de famille, sujet qui m'intéresse.
Et effectivement, c'est une lecture très addictive, je n'ai pas pu le lâcher, lu en quelques heures.

Mais le personnage principal m'a tellement agacée que, en même temps, je languissais de m'en débarrasser et d'en arriver au bout !!

Une mère totalement possessive, et même si on comprend au fil du roman pourquoi, je l'ai trouvé insupportable.
Un fils de 17 ans qu’elle couve comme si il en avait dix. L'appelant sans cesse et le "pistant" à chaque instant.
Et quand elle a l’impression de faire des progrès, ça donne :"Je lui avais demandé de se trouver quelques livres à emporter pour nos vacances et l'avais laissé faire ses recherches et son choix". Non, vous ne rêvez pas, il n'a pas huit ans, comme certains enfants que je vois à la bibliothèque accompagnés de leur mère et à qui on essaie de procurer la possibilité de choisir seuls leurs lectures !

vendredi 1 février 2019

Minute papillon - Aurélie Valognes

Ça se lit vite, c'est même assez "page turner" je reconnais, facile et agréable à lire.
Mais agaçant ! J'ai du mal avec les romans où aucun personnage ne m'est sympathique, j'ai un peu envie de tous les envoyer au diable !
Et ici, on les cherche les gens sympathiques.
Certainement pas le personnage principal, Rose, a qui j'ai eu tout le long envie de donner quelques claques pour la remuer. Parce que vouloir à ce point garder sous sa coupe son fiston, même s'il est unique et si elle l'a élevé seule, il n'a plus quinze ans ! Quant au secret de famille qu'elle cultive, c'est tellement idiot de penser qu’elle va ainsi protéger son fils que ça en devient ridicule. On est au 21e siècle il me semble, chacun sait qu'un non-dit fait plus de mal que tout le reste.
Pas sa soeur non plus qui décide pour elle, de façon parfois surprenante. Pas Véronique bien entendu, mais elle est là pour ça, pour être détestée, et nous faire sourire tant elle est caricaturale. Même pas le chien ! Et Colette, et bien il faut vraiment avancer dans le roman pour qu’elle dévoile un côté un peu supportable !
Il y a bien le petit groupe du café, mais on les voit à peine.
Bref un avis mitigé pour moi, même si j'aime les lectures légères et les "happy ends" (si joliment invraisemblable ici !)
Je situerai donc ce roman (pour mes propres goûts hein !) entre Mamie dans les orties, que j'avais lu avec grand plaisir, et Nos adorables belles-filles, qui m'avait pas mal agacée.

mardi 9 octobre 2018

Une petite place sur cette terre - Hélène Montardre

Quel conte merveilleux, quel roman surprenant.
On va découvrir à la fois la vie misérable des sans papier, chassés d'un endroit à l’autre, une légende de la mythologie grecque, et un épisode à la Robinson Crusoé (en plus tendre et plus émouvant) le tout s’entrecroisant de façon inattendue et logique.

J'ai eu au départ un peu de mal à y entrer vraiment (pas à entrer dans la lecture, il se lit très facilement, mais à me sentir proche des personnages) car on n'a pas de repères de lieux, de dates ... ce qui est logique, on est entre le conte et la mythologie, tout en étant hélas ancré dans notre actualité la plus terrible.
Très vite, je n' ai plus pu le lâcher, et je l'ai lu jusqu’au bout, presque sans respirer !

Un duo tendre et émouvant, Rudy et sa maman. Tellement proches puisqu'ils ne vivent que l'un avec l'autre, l'un pour l'autre, devant fuir sans cesse et se cacher. Une mère qui fait tout pour le protéger, et ne pas être séparé de lui.
Et en deux cents pages, on va voir peu à peu Rudy devenir lui le protecteur de la famille. Encore très enfant au début, malgré des conditions de vie difficiles, il va grandir très vite, par la force des choses.
Grâce aussi au livre, et à une bibliothèque de rue. Ce qui, même s'il s'agit d'un court passage, ne peut que me réjouir !
Parce qu'il a découvert la légende grecque de Leto, il va d'abord arriver à pardonner à sa mère, puis parvenir à force d'utopie à sauver la famille.

La couverture et le titre m'ont attirée irrésistiblement, et je ne regrette pas.