Je me doutais en commençant la lecture d’un « western » qu’il y aurait probablement plus de violence que je ne peux supporter, mais la plume de Philippe Arnaud est si merveilleuse que j’ai choisi de le lire quand même, et heureusement, il aurait été dommage de passer à côté d’un si beau livre.
Tant de thèmes importants qui s’entremêlent, et tant d’empathie pour ses personnages, de figures fortes, de gens emportés par l’époque et leur condition.
Difficile de parler de tout, ce roman est si riche, si prenant.
L’essentiel du récit se déroule au Kansas en 1870, cinq ans après l’abolition (théorique ?) de l’esclavage. Mais de fréquents retours en arrière nous permettent de comprendre peu à peu les motivations des personnages.
Une shérif qui tient sa ville d’une poigne énergique, Ellen, si forte et si fragile.
Un noir qui a su dépasser sa haine, grâce à la musique, et à la voix de celle qu’il n’a jamais cessé d’aimer.
Un jeune sudiste qui ne sait de quel côté pencher, entre une obsession de vengeance, son moi profond qui n’était pas fait pour être ni un planteur, ni un soldat, sa honte de l’erreur de jeunesse qui le poursuivra toute sa vie.
Des Indiens et d’autres esclaves. Et un tueur sanguinaire.
L’auteur sait étonnamment se glisser dans la peau de chacun, nous faire pénétrer leurs pensées profondes, leurs raisons, leurs côtés positifs et négatifs.
On s’attache énormément aux personnages, particulièrement au barman noir, ce géant si émouvant.













