À la fois très original, et très émouvant.
Je n'y mettrais pas un coup de coeur, parce que je n'étais pas prête à lire une histoire de cancer et de récidive, mais qu'est-ce qu'il est beau ce roman !!
Je n'y mettrais pas un coup de coeur, parce que je n'étais pas prête à lire une histoire de cancer et de récidive, mais qu'est-ce qu'il est beau ce roman !!
Deux héros qui se confient à tour de rôle, et j'ai autant aimé un que l'autre.
Ernest, le jeune garçon discret et calme, si attachant.
Et Olivetti, la machine à écrire si attachée à la famille. Qui voudrait tant aider, mais c'est difficile quand on est privé de paroles, et de mouvement. Olivetti qui connait les réactions et sentiments des humains, mais qui a parfois du mal à comprendre pourquoi ils sont comme ça.
Les machine à écrire ... Est-ce qu'on leur confiait nos secrets ? Elles étaient bien plus discrètes que nos ordinateurs, capables de divulguer tout ce qu'on leur donne.
La petite Olivetti de ma soeur... grâce à elles deux, j'ai appris à taper avec tous les doigts !
La grosse machine de mes débuts d'enseignante.
Que j'ai en effet abandonné lâchement, juste parce que les nouveaux claviers me permettaient de corriger mes erreurs. Mais je ne l'ai pas vendue, je l'ai confiée à ma petite-fille, intriguée par cette drôle de machine qui n'avait pas besoin d'être branchée. Je vais la récupérer, peut-être arriverais je à entendre ce qu'elle a à me dire ?
Car c'est l'histoire d'une machine à écrire qui a beaucoup à nous apprendre, mais aussi l'histoire d'une famille confrontée à la maladie.
Où chacun a cru que se taire, oublier, ne pas nommer ce qui blesse, permettrait de guérir, alors que c'est l'inverse.
J'ai vu aussi un autre clin d'oeil dans ce roman.
Parce qu'il est question de bibliothèque, bien sûr, et de leur importance. Mais pour moi un clin d'oeil précis parce que quand j'ai débuté à la bibliothèque, il y avait ce roman L'Armoire magique, seul du cycle de Narnia sur son étagère, je n'ai jamais compris ce que faisait là cet esseulé ! Resté des années sans lecteur, en l'absence des autres tomes. Je regrette soudain de ne pas l'avoir lu !!
Quelle bibliothèque aurait l'idée d'acheter pour ses lecteurs ados un roman dont le titre et le sujet sont une machine à écrire ? Où le livre préféré du héros est le dictionnaire, qu'il cite à chaque chapitre.
On l'a fait, et j'espère qu'il aura une belle vie, contrairement à notre Narnia, parce qu'il en vaut la peine !!
Ce roman est édité et classé en jeunesse, mais je pense qu'il fait aussi une belle lecture pour adultes.
Extraits : (Une fois encore, j'aurais envie de vous citer beaucoup trop de passages !)
Parce qu'à quoi bon se remémorer le passé en sachant que les choses ne seront plus jamais comme avant ?
C'est bien plus facile d'oublier. Ainsi, on ne sait pas ce que l'on rate.
***
C'était tout le problème d'inclure les autres. Plus de voix, plus d'avis. Tout devenait plus compliqué.
***
Quand nous avons eu nos premières cartes, tout petits, papa et maman nous ont fait comprendre que c'était un grand jour. À leurs yeux, c'était un événement important, comme obtenir son permis de conduire. Sauf qu'on n'a pas besoin de faire quoi que ce soit pour avoir une carte de bibliothèque.
***
Un dicton humain dit : Notre maison se trouve là où bat notre coeur.
Mon coeur ne bat pas. D'ailleurs, je n'en ai même pas. Mais dès l'instant où Ernest m'a sorti de son sac, j'ai eu le sentiment d'en avoir un.
J'étais chez moi.
***
La force, ce n’est pas seulement ce que l’on peut faire, avait fait remarquer sa mère. C’est ce que l’on peut supporter.
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Comme la plupart des matins, notre petit quartier de San Francisco était plongé dans le brouillard. Les gens ne l'apprécient pas à sa juste valeur. Il n'est fait de presque rien, et pourtant il fait tout disparaître.
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- Tu n'en as pas assez de lire ce truc, Ernie ? [le dictionnaire]
[...]
C'est juste des mots, pourquoi tu ne lis pas une vraie histoire ?
Je ne lui ai pas fait remarquer que toutes les histoires étaient "juste des mots". Ni que sans dictionnaires, personne n'en comprendrait le sens. Grâce aux dictionnaires, tout signifiait quelque chose.
Je ne lui ai pas fait remarquer que toutes les histoires étaient "juste des mots". Ni que sans dictionnaires, personne n'en comprendrait le sens. Grâce aux dictionnaires, tout signifiait quelque chose.
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Les livres ne savent pas écouter.
***
C'est dans la nature humaine de retourner sur un lieu familier quand les choses tournent mal. Un endroit où vous vous sentez en sécurité.
***
[Olivetti] Pour une raison qui m'échappait, je ne faisais pas partie de leurs bagages pour partir à la mer. Peut-être parce que je ne sais pas nager.
J'étais pourtant sûr d'être capable de me prélasser sur le sable aussi bien que n'importe qui.
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Les téléphones, c'est bon pour les gens qui ont des amis. Ou en cas d'urgence. Je ne me sentais donc pas concerné.
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Quand on fait connaissance avec des gens, on risque de s'attacher. Et c'est quand on s'attache qu'on risque de les perdre pour de bon.
On risque moins d'être blessé, quand on garde ses distances.
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Voilà ce qu’il se passait quand on faisait confiance aux autres. Quand on les autorisait à s’approcher. Ils vous blessaient, vous quittaient ou vous laissaient tomber. Et le plus souvent, les trois en même temps.
Sous-titre : L'histoire d'une machine à écrire qui voulait sauver sa famille.
Titre original : Olivetti (2024)
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Laurent Laget
Éditeur : Milan - Août 2025 - 281 p. - 15.90 €
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La photo de la machine qui m'accompagne actuellement. Malgré son vert Olivetti, ce n'en est pas une, c'est une Lego ! Qu'aurait-elle à raconter ? |


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