"Ouvrir une carte routière, c'est, d'un seul coup d'oeil, nouer le présent avec le passé, la géographie avec l'histoire. C'est s'abandonner à l'attrait des possibles pour décider de la route à suivre ou tenir le fil d'un vagabondage. C'est plonger vers une suite d'alternatives, joliment dessinées, suggestives"
Joli coup de cœur pour ce livre, demandé un peu au hasard, parce que j'ai toujours aimé me plonger dans les cartes, signes de vacances en vue.
Une lecture agréable, un vocabulaire soutenu quoique très facile à lire. Un chouette voyage, dans le temps, et dans la France !!
Des anecdotes, des explications, des découvertes.
Qui, s'il n'est pas du métier, pense à la quantité d'informations et de précisions qu'il faut additionner pour nous fournir une seule carte détaillée, précise et sans erreur ?
J'ai utilisé toutes sortes de cartes toute ma vie, et je ne m'étais jamais demandé combien de personnes et d'heures pour me permettre de me diriger partout, ne rien rater de ce qu'il faut voir, sans me perdre...
Ce livre m'a surprise car il ne parle pas que de cartes, mais une très grande partie est consacrée à Michelin : cartes, guides, objets, collections et l'inoubliable Bibendum, toute la saga Michelin.
J'ai apprécié, étant une grande utilisatrice (des cartes, des guides verts, des atlas), mais je suis un peu étonnée que le titre et la présentation ne soient pas plus clairs sur le sujet.
Mon regret, c'est surtout qu'il n'y ait aucune illustration.
J'ai eu la chance de le recevoir grâce à la Masse Critique (merci à Babelio, et aux Éditions Équateurs), mais je serais prête à acheter une nouvelle édition avec illustrations : fac-similé des cartes des différentes époques, du "petit guide rouge", images de Bibendum au fil des décennies, polices de caractères qui marquent une époque, guides verts toujours pareils et toujours renouvelés ...
Surtout dans les derniers chapitres, l'auteur oscille entre le regret de tout ce qu'on perd en voyageant sans les cartes et guides papier, et le plaisir et le côté pratique qu'apportent les nouvelles technologies.
C'est très compréhensible et cette dualité est la base même de cette réflexion.
Une chose me surprend : je me doutais bien que le GPS occupait une place grandissante au détriment des cartes et guides, mais j'ai du mal à imaginer qu'on voyage sans carte.
Je ne peux hélas plus voyager, donc je n'ai pas inauguré cette ère.
GPS et carte en ligne me sont d'une grande utilité pour les petits déplacements dans nos campagnes et même en ville.
Mais si je repartais en voyage en France, je ne me passerais pas de cartes papier.
Le GPS m'amène là où je veux aller (le plus souvent !!) mais il y manque la vue d'ensemble, savoir où je me trouve, où je VEUX passer.
De même, chercher des renseignements précis sur internet pour les lieux où je me rends est pratique.
Mais quid de la découverte de ce qu'on ne cherche pas ? Toutes ces richesses découvertes au hasard de la lecture d'un guide vert. Qui me donnent envie d'aller découvrir ces coins là.
Aurais-je jamais découvert l'existence du Trou de Bozouls, cette merveille naturelle de l'Aveyron, si je m'étais contentée de suivre mon chemin grâce au GPS ?
Je pourrais parler aussi de cette fois où nous avons rencontré une déviation sur un trajet que nous avions parcouru des dizaines de fois. Brouillard épais, et très vite plus de réseau sur le GPS. Pas de problème, nous allons ressortir les bonnes vieilles cartes. Mauvaise surprise : la boîte à gants, contenait beaucoup de cartes, certaines de régions lointaines, mais aucune de là où nous nous trouvions !! S'agissant d'une trajet habituel, je n'avais pas pris la précaution de vérifier celles à emporter, contrairement aux grands départs en vacances. Je l'ai bien regretté, on a fini par se retrouver en pays connu après beaucoup de perte de temps !
Ce livre m'a posé un problème personnel !
Je suis en train d'essayer de vider un maximum ma maison, et je venais peu avant de décider de me débarrasser de tous ces souvenirs, et notamment cartes jaunes et guides verts ! J'avais toujours espéré utiliser les vieilles cartes pour de la déco (j'en ai eu fait des protège-cahier ou classeur !!)
Après cette lecture, j'ai envie de tout garder ! Non pour leur valeur, ça n'en a aucune, mais pour le plaisir de retrouver l'évolution des graphismes, les divers lieux etc ...
Un vrai goût de nostalgie pour moi, cette lecture et ces documents !
J'ai apprécié que ce documentaire passionnant soit à la fois assez technique sur la partie de fabrication des cartes, et très abordable pour tous.
Je ne m'attendais pas vraiment à ça, plutôt à parcourir la France au travers des cartes, mais j'ai vraiment aimé ce que j'ai appris ici, et aussi de retrouver la peinture d'un monde à jamais révolu.
Surprise d'apprendre que le guide rouge Michelin a servi pour des distributions de prix !! (J'aurais été bien embarrassée si ça avait été le cas dans notre école, nous n'allions jamais au restaurent ni à l'hôtel !)
Et, plus important, tout aussi surprise que les cartes Michelin aient servi pendant la guerre, pour les Allemands comme pour les résistants, et que même le guide rouge ait été utilisé pour prépare le D Day !!
Surprise aussi de découvrir une minuscule erreur, tant ce document est précis, avec notamment pour chaque lieu le département signalé entre parenthèse.
Page 219, une phrase laisse penser que Fos-sur-Mer serait dans le Var ...
J'ai aimé tellement de choses que j'ai noté deux pleines pages d'extraits à vous citer, mais je n'ai plus le temps de les recopier, je vous laisse découvrir vous-mêmes cet ouvrage si le sujet vous tente !
Extraits :
Extraits :
À la distance se substitue le temps. On ne calcule plus les kilomètres mais les heures. Sur les routes, les panneaux indicateurs d'une ville à l'autre pointent une direction mais ne donnent plus cette précision, longtemps si précieuse. (p. 302)
***
Le 6 septembre 1891, une course vélocipédique destinée à marquer les esprits s'élance [...]
Paris-Brest-Paris, 1 200 kilomètres d'une traite, sans étape, avec interdiction de changer de monture en route.
[...]
Charles Terront [...] a couvert les 1 200 kilomètres à 17 km/h de moyenne pendant 71 heures et 37 minutes, côtes comprises, en tirant une lourde machine sans confort, ni aménagement pour soulager son effort, sur des routes défoncées.
[...]
Moins de la moitié des coureurs parvient à rallier Paris, alors que le délai maximum leur laissait un peu de marge. Il avait été fixé à dix jours.
(pp. 21/27)
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Réputé sédentaire, la cinquantaine bien tassée, enveloppé d'un robuste embonpoint, Émile Zola se lance à son tour et confesse être devenu, en quelques mois, "un enragé de la bécane" qui force l'admiration, doublé d'un prosélyte forcené. En un temps où ce sport nouveau, rappelle Jean-Paul Versini dans son ouvrage Zola à bicyclette, était "accusé par les éditeurs de tuer la lecture, par le clergé de vider les églises, de favoriser les divorces et, par les mauvais médecins, de transporter les microbes". (pp. 35-36)
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[Vente aux enchères] la carte détaillée du parcours de la course cycliste Paris-Clermont en 1892, dressée par André Michelin lui-même, à l'échelle 1/80 000, dépliable en accordéon sur 5,5 mètres, objet fascinant, convoité par les collectionneurs.
Cet exemplaire revêt une valeur singulière. Il est annoté à la plume. Un coureur y a consigné par écrit ce qu'il consommait à chaque halte. Une absinthe-sucre à Melun, un Dubonnet à Montargis, trois bières à Nevers, un bock à Cosne-sur-Loire, un blanc-Vichy à Pouilly-sur-Loire, ailleurs un verre de rouge, et, à quelques encablures de l'arrivée, un litre de lait... (p. 243)
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Comme dans le cochon, dans le Michelin, tout est bon. [pour les collectionneurs] (p. 248)
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Des milliers d'objets ont transité par les enchères de Clermont. On y a trouvé de tout, des plus évidents aux plus hypothétiques, jusqu'à des préservatifs Michelin (le caoutchouc, toujours...) (p. 251)
Éditions des Équateurs
29 mai 2026 - 313 pages - 22.00 €
ISBN 9782382848456
Puisque le livre n'est pas illustré, à mon grand regret, j'ajoute quelques images que sa lecture m'a évoquées !
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| Quelques sculptures de Fernando Costa sculpteur français né en 1970 à Sarlat-la-Canéda Le Guide Michelin de 1900 s'est vendu jusqu'à 47 000 € en 2022 |





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