Joli coup de coeur pour ce roman, qui nous tient en haleine tout au long des presque cinq cents pages. On tremble avec les personnages, on cherche à démêler le vrai du faux, et rien n'est évident, à qui faire confiance ?
Je n'avais rien lu de Julia Chapman et j'avais très envie de la découvrir, je me suis lancée dans cette lecture sans trop savoir où elle allait m'emmener, j'y ai pris grand plaisir.
Une seule déception : je l'ai lu sans penser que c'était un tome 1 et je me m'attendais pas à une fin qui laisse bien des possibilités pour la suite. L'énigme centrale est résolu à la fin de cet opus, mais le danger pas écarté pour autant. J'espère que la suite arrivera vite !
Coventry (U.K.) 1979
Ça commence par la rencontre de deux hommes, l'un sauvant l'autre.
Hélas, tous deux en grand danger d'être découvert ou accusé, il aurait mieux valu qu'ils ne se croisent jamais.
Vaut-il mieux qu'ils se séparent, ou s'allient pour faire apparaître la vérité ?
Pour Errol, il est certain que s'éloigner de Finn serait prudent. Sauf que c'est peut-être le seul en mesure de l'aider à sauver sa peau ?
Par un froid polaire, transformant les routes en patinoire, les mystères et les drames vont se succéder.
Flics pourris, Skinheads, incendie, meurtres ou tentatives.
Ça pourrait être très noir, mais c'est cependant assez léger, aidé par la musique, trombone et trompettes mais aussi piano, et par les effluves agréables de l'épicerie du rez de chaussée !
Pour une raison que je n'arrive pas à cerner, l'ambiance de ce roman m'a souvent fait penser au Dortmunder de Donald Westlake, que j'apprécie tant. Pourtant, nous ne sommes pas en Amérique, c'est bien moins déjanté, les héros sont plutôt du "bon côté" contrairement au cambrioleur un peu Pied Nickelé.
Mais rien à faire, j'ai retrouvé le même plaisir à leurs aventures imprévisibles et dangereuses.
Peut-être un lien avec ce pays en grande difficulté économique? Chômage et difficultés financières tiennent aussi leur rôle dans ce roman.
Tout le monde cherche tout le monde, tout le monde ment à tout le monde... Certains sont énigmatiques, d'autres peut-être trop francs. À qui faire confiance ?
Des personnages bien campés et attachants pour beaucoup, y compris ceux "secondaires" : Jasmine la future journaliste, la maman Alzheimer, sans oublier Benji, le chien, mais lui, c'est plutôt un rôle principal. Comme l'avocate et ex-compagne (pas si ex !), l'"ange" toujours grognon, .... J'aurais envie de tous les citer, tant je n'ai pas envie de les quitter.
Tous ces gens-là, et l'ambiance glaciale et parfois chaleureuse, ne doivent pas faire oublier la trame de l'histoire, dont chacun aura bien du mal à démêler les fils qui s'entrecroisent et s'embrouillent.
Qualifié de cosy crime, il est quand même plus noir, bien que l'écriture soit légère, que les cosy mystery que je lis habituellement. Plus dense et profond.
Une vraie réussite, vivement le second !
Je remercie Babelio et La Bête Noire qui m'ont permis de découvrir ce roman que je n'aurais sans doute pas lu sans ce cadeau.
Mes connaissances musicales sont hélas proches de zéro (voire plus bas !) mais à la fin, un QR code permet d'accéder à la playlist qui suit cette lecture.
Si le jazz vous accompagne, vous apprécierez encore plus ce roman (mais si vous êtes comme moi, ça ne vous empêchera pas de vous régaler !)
Extraits :
- Tu doutes de mon intégrité ?
- Non, pas du tout. Juste de ton équité.
***
Beverley s'avança vers le dernier box où un skinhead était assis sur le bord de la table d'examen, l'air vulnérable en dépit de son crâne rasé et de ses boots. À l'hôpital, tout le monde se sentait comme un chétif insecte.
Titre original : Two Tones of Murder (2026)
Traduit de l'anglais par Dominique Haas et Stéphanie Leigniel
Éditeur : La Bête Noire (Robert Laffont)
5 novembre 2026 - Nouveauté - 476 p. - 18.90 €


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