Alternance de très courts chapitres, Emma, de nos jours, et Violet, au temps des grands transatlantiques.
Emma, 40 ans a abandonné un brillant métier de chercheuse pour se retrouver vendeuse chez un couple de modestes mais sympathiques fleuristes.
Sans doute pour changer de vie après la mort subite de Will son mari.
Malgré ses qualités, elle doute fort d'elle-même, et la méchanceté de sa mère n'arrange rien.
Elle se lance dans une difficile recherche autour des fleurs du Titanic, car des éléments l'intriguent.
Y avait-il une fleuriste à bord ? Il n'en est jamais question et pourtant, que de fleurs dans ce début de voyage.
La photo d'une jeune femme la surprend. Elle l'obsède comme si elle la connaissait, et ne parvient pas à établir un lien, familial ou autre.
Violet, (qu'on suit à partir de ses 6 ans en 1893) après une grave maladie, doit quitter l'Argentine à la mort de son père, avec sa mère et toute la fratrie, pour l'Angleterre, seul endroit où ils ont un peu de famille pour les aider.
Sa mère part travailler sur un paquebot, laissant Violet s'occuper de sa petite soeur, et les garçons en pensionnat.
Quand Violet est assez âgée, la mère reprend les enfants et c'est Violet qui part, plusieurs années, sur les transatlantiques.
Emma et son entourage sont des personnages de roman, mais Violet a existé.
Violet Jessop, connue pour avoir survécu aux trois grands naufrages des "sister-ships" de la White Star Line (Olympic, Titanic et Britannic).
Violet Jessop, connue pour avoir survécu aux trois grands naufrages des "sister-ships" de la White Star Line (Olympic, Titanic et Britannic).
J'avais apprécié la douceur des romans précédents. Celui-ci m'a paru encore plus lent au début. Je ne dois pas être dans une très bonne période lecture, et le passage rapide d'une personne à l'autre, dans chaque chapitre, m'a donné un peu de mal au début. Avant de me laisser emporter par la belle écriture de Sally Page, pleine d'empathie pour ses personnages.
Il faut dire que je suis sans doute la pire lectrice pour ce roman ! : le personnage principal en est incontestablement les fleurs. Chaque titre de chapitre (presque 80 !) est un nom de fleur. Mais surtout, elles jouent un grand rôle, et on réfléchit beaucoup à leur pouvoir et à leurs vertus.
Or non seulement je n'ai pas la main verte, mais j'ai beau aimer les fleurs, je déteste qu'on m'en offre ou en avoir dans la maison, car je ne supporte pas les fleurs coupées, des fleurs qui se fanent et qui meurent.
L'importance des fleurs ici m'a bien fait réfléchir !
J'ai été étonnée de la quantité de fleurs, et d'occasions d'en offrir, sur un bateau qui vogue pendant des semaines loin de tout ! On en offre, on en fait envoyer, on en reçoit...
Mais ce roman, c'est aussi l'importance de l'amitié et de la bienveillance.
Extraits :
Pourquoi les fleurs ? Pourquoi sont-elles si importantes ?
[...]
c'est que les fleurs sont partout. Pas seulement pour les mariages, les enterrements, ou les baptêmes et les anniversaires, mais aussi les pendaisons de crémaillères, les remerciements de toute sorte...
***
- Betty, penses-tu qu'on puisse choisir qui on est ?
Comme Betty semble confuse, elle précise :
- C'est ce qu'affirme Clem.
Betty rit.
- Ma foi, je ne peux pas choisir d'être une blonde aux jambes interminables. Mais je peux décider de ne pas être une pimbêche qui prend les gens de haut ...
***
Il hausse les épaules avec une élégance typiquement parisienne.
***
Cette femme a une langue tellement acérée qu'elle pourrait tailler une haie.
***
Plus tard, on ira peut-être jusqu'à dire que le parfum des fleurs rappelait la Riviera, comme si le Titanic avait été un jardin flottant.
***
- Est-ce difficile de mourir ? demande Emma.
- Pas du tout. C'est vivre qui demande du courage.
Titre original : The Book of Beginnings (2023)
Traduit de l'anglais par Martine Desoille
Éditeur L'Archipel - 23 avril 2026 - 384 p. - 22.00 € Nouveauté
Lu en numérique via NetGalley que je remercie
Mes autres chroniques de Sally Page :
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