Un livre que je n'ai pas choisi, et que je n'aurais pas eu l'idée de choisir !!
Je remercie donc Babelio (et en particulier qui a choisi pour moi) pour ce cadeau !
Je n'avais rien lu de Julien Sandrel (apparemment, c'est une erreur !!) et les gens qui racontent leur vie m'intéressent en général assez peu, je préfère m'évader avec un roman.
De façon amusante, je venais de lire Un gamin à Rome, que j'avais choisi, et qui m'a bien déçue. Et ici, j'ai été emportée par la plume de l'auteur, d'un bout à l'autre.
J'ai tout aimé, ses recherches, ses retrouvailles, et surtout ce voyage entre frères.
Sans doute suis-je un peu jalouse, j'ai longtemps espéré partir avec ma soeur, mais les problèmes familiaux de santé ne nous l'ont jamais permis hélas.
Difficile de parler d'un livre si riche, mes mots ne seront jamais à la hauteur de ceux de Sandrel.
Je me contenterais donc de parler de quelques détails, ce qui m'a fait sourire, ce qui m'a émue (quoique j'ai été émue d'un bout à l'autre !).
Je suis surprise qu'un auteur se livre autant, nous laissant voir son intimité, sa famille et ses pensées.
Cette chronique sera sans doute pour moi aussi plus personnelle.
Vous pouvez arrêter tout de suite de me lire et vous plonger dans les récit de Julien Sandrel, ce sera bien plus intéressant 😉
J'ai très très peu de souvenirs mais il en a fait ressurgir, certains bien lointains !
Les repas dans la famille italienne, même impromptus, même quand on ne s'est jamais rencontrés, (et même quand ce n'est pas le sud), c'est tellement ça ! Accueil chaleureux, nourriture débordante, bonne humeur, bonheur.
"Les cimetières sont des lieux fascinants [...]
À mesure que l'on avance, les allées se resserrent, bordées de hauts murs percés de niches funéraires rectangulaires empilées les unes sur les autres comme les compartiments d'un gigantesque casier. Chacune est scellée par une plaque de marbre, gravée d'un nom, d'une date, décorée d'une photo. Ces alignements rigoureux, verticaux, presque oppressants, sont typiques des cimetières italiens. C'est un peu comme si, dans ce pays, le chaos était parfaitement accepté dans la vie... mais formellement banni du cimetière."
Moi qui aime me promener dans les cimetières, les comparer selon les régions, ça me renvoie au seul que j'ai visité en Italie. Il y a soixante ans et je ressens encore le malaise entre ces murailles de "cases", on a dû me raccompagner rapidement à l'extérieur tant ça m'était insupportable.
Et voir ces frères se faire un "gâté" mot que je n'avais plus entendu depuis si longtemps... Grande nostalgie familiale !
Même retrouver mon nom de famille écrit noir sur blanc (ici prénom d'un cousin) m'a émue !
Mais c'est toute l'ambiance de ce récit familial qui m'a profondément marquée.
On passe de réflexions sur sa vie à son vécu d'auteur, tout en suivant le récit de ce voyage "de commande" puisque c'est à la demande d'une éditrice qu'il s'est lancé dans cette recherche, assez incongrue, car que retrouver au bout de si longtemps de silence familial ?
Et j'ai apprécié que soit précisé que ce périple entre frères, si agréable et tellement indispensable à la fratrie, a été possible parce que les dames, pendant ce temps, ont assuré seules la bonne marche de la famille.
C'est rare qu'une de mes lectures m'émeuve et me marque autant, remuant tant de souvenirs et d'envies de retrouvailles.
Mais ce texte donne aussi une immense envie de partir (ou repartir) vers Naples !
Je précise que sur cette édition (qui doit être la première je pense) j'ai trouvé une erreur de mise en page qui m'a surprise : les pages, de la 163 à la 174, sont "en vrac". Ce qui m'a fait peur un bref moment !
Nous en étions à un passage à fort suspense (pour les frères et pour moi !!) et j'ai cru qu'il manquait des pages. En un instant j'avais déjà pensé lancer un SOS pour en obtenir la copie 😊mais j'ai heureusement vu qu'elles étaient juste un brin déplacées. Avec les numéros, ce n'était pas un problème ! Une surprise, je n'ai pas souvenir d'avoir déjà vu ce type d'erreur dans les milliers de livres qui me sont passés dans les mains !
Extraits :
Puis Andréa [son frère] secoue la tête, hilare :
- T'as le sens du rebondissement, tu devrais écrire des romans, toi...
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J'ai longtemps considéré que mettre autant d'énergie dans un sport était une hérésie. Pour moi qui ai grandi en faisant de la réussite scolaire ma priorité absolue, accepter ce décalage a été difficile.
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N'est-il pas illusoire d'imaginer que l'on puisse s'arracher à sa famille, ses amis, sa terre natale, sa culture, sa langue, tout ce qui constitue son identité... Sans en souffrir terriblement ?
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Et puis, je ne peux m'empêcher de penser qu'écrire son nom dans un livre, c'est aussi une façon de la rendre un peu immortelle.
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La vie, et ma famille surtout, m'ont appris que la valeur d'un être humain n'a rien à voir avec sa position sociale, son niveau d'études, sa capacité à citer Proust ou obtenir la médaille Fields de mathématiques. Mes aïeux étaient des individus exceptionnels, et la banalité de leur destin n'y change rien.
Éditeur : Charleston - 10 avril 2026 - Nouveauté
Collection : Paradis Perdu - 191 p. - 18.90 €
Couverture souple avec rabats.
Si vous êtes curieux de ce "Paradis Perdu" :
Charleston lance « Paradis perdu », une nouvelle collection consacrée aux récits personnels autour des lieux de l’enfance et de la mémoire. La collection sera inaugurée le 10 avril par Mes frères, nos fantômes et moi de Julien Sandrel, tiré à 20 000 exemplaires, avant la parution en 2026 de deux autres titres signés Camille Anseaume et Lisa Azuelos.
Présentation de Debora, l'éditrice, pour inviter Julien Sandrel à écrire un texte pour cette collection :
...Une maison de vacances à laquelle on n'a plus accès, un objet d'enfance, une madeleine... J'invite les auteurs à se replonger dans des sensations oubliées, des joies d'adolescence, des chats d'oiseaux.
Toute l'équipe Charleston est heureuse de vous dévoiler « Paradis Perdu », une nouvelle collection de récits littéraires sur les lieux qui nous forgent. ✨
L'idée de cette collection est venue d'une envie de découvrir des voix de l'intime, de comprendre ce qui nous construit et nous marque au plus profond de nous.
Nous proposons à des autrices et auteurs que nous admirons de se replonger pour quelques jours dans un lieu qui a marqué leur histoire familiale ou personnelle et de tirer un récit de ce retour au « Paradis Perdu ». À l'instar de Colette qui a nourrir son œuvre à ses souvenirs heureux dans sa demeure de Saint-Sauveur-en-Puisaye ou de Marcel Proust dans la maison de Tante Léonie, nous les invitons à se raconter à travers le territoire, les réminiscences, ce qui relève de l'enfance, de la terre, d'une maison de vacances, d'histoires de famille oubliées, d'objets perdus...


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