jeudi 2 avril 2026

Un gamin à Rome - Chico Buarque

Attirée par le journal d'un auteur presque de ma génération, en Italie, pays de mes parents, et qui arrive du Brésil (comme ma grand-mère).
Je pensais lire la vie et les surprises d'un gamin transplanté soudain dans un autre pays, un autre continent. Ou les souvenirs d'une époque qui pourraient me rappeler un peu les miens.

Rien n'a réussi à m'intéresser dans sa prose. Ni le curé qui lui pelote les fesses en corrigeant ses devoirs, ni sa soeur qu'il regarde par la serrure de la salle de bains, ni ses rêveries sur les filles ou les femmes, ni l'affaire Wilma Montesi, dont je n'avais aucun souvenir. Ni les matches de foot brésiliens ou autres.
Tout au plus de le voir danser une valse avec Alida Valli (sans qu'il sache qui elle est) puis copain avec son fils, qui deviendra acteur aussi.
Il saute d'une anecdote à l'autre, sans véritable suite, sans qu'on ne s'attache à personne.
Par moment, je ne savais plus s'il parlait de ses souvenirs d'enfant ou de l'époque où, octogénaire, il écrit ce texte.

J'ai même trouvé un côté malsain quand il parle avec légèreté du prof qui met la main dans son slip comme si c'était anodin, ou des relations sexuelles de ses parents.

Que l'auteur prenne plaisir à se souvenir des moments de sa jeunesse, je le comprends bien (quand on ne peut plus penser à l'avenir, il nous reste le passé).
Mais à quoi bon nous l'infliger ? 

Je n'avais jamais lu de romans de Chico Buarque, et je ne doute pas que ce soit un bon auteur, qui écrit bien. D'ailleurs, j'ai vu d'excellentes critiques de ce récit. Je vous invite donc à vous faire votre propre opinion. Ce n'était pas pour moi !
Mais j'ai apprécié son expérience du métro parisien qui m'a rappelé la mienne. Quand, lors de nos rares et brefs passages dans la capitale, nous passions des heures dans le métro, d'une ligne à l'autre. Et cette odeur, que je sens encore plus d'un demi-siècle plus tard à cette lecture, me replonge dans ce sentiment de liberté éprouvé en arrivant de notre province, la grande ville toute entière pour nous !

Extraits :

Mais le reste de ma journée, je le passais dans le métro, une nouveauté pour moi. J'aimais les vibrations souterraines, et, muni d'un simple ticket, je circulai à l'infini jusqu'à la fermeture.

***
[Incipit] Accroché à mon ballon de football, je jetai un dernier regard en arrière en quittant la maison du 1625 rua Haddock Lobo, à São Paulo, juste au moment où le camion de déménagement démarrait. En découvrant la maison vide, avec les traces des meubles sur le sol et des cadres sur les murs, je compris que l'absence serait longue, peut-être même définitive.

***
Parce qu'à l'étranger tout est étrange, avait dit l'un des enfants, et cette phrase était devenue notre devise à la maison.

Titre original : Bambino a Roma (Brésil - 2024)
Traduit du brésilien par Mathieu Dosse.
Éditions Métailié - 13 février 2026
Collection : Bibliothèque brésilienne - 160 p. - 18.00 €
Lu en numérique via NetGalley que je remercie.



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