Trois amis, trois amis inséparables depuis toujours. Qui doivent faire face à la crise de l'adolescence, mais aussi à quelque chose de bien plus grave.
Car très vite, on comprend qu'il y a eu un drame, et que s'ils sont trois, l'absence du quatrième laisse un énorme trou béant dans leur amitié.
Une absence dont ils se sentent coupables, tout en affirmant qu'ils ne le sont pas.
Un drame qui aurait dû resserrer leurs liens pour faire face, et qui au contraire les éloigne.
Le narrateur est le quatrième, le manquant, et s'il est triste de ne plus être présent parmi eux, il est surtout inquiet pour eux, inquiet de les voir s'éloigner. Il espère qu'ils vont réussir à se retrouver.
D'ailleurs, chacun le souhaite aussi. Il y a des pas timides l'un vers l'autre, des reculs, des rires qui reviennent timidement.
Il y a aussi des amitiés qui voudraient être plus que ça.
J'ai toujours du mal avec les romans qui laissent entendre ce qui s'est passé, mais ne nous le disent pas, on attend la révélation à chaque page, et personne ne se décide.
J'ai donc eu un peu de mal à entrer dans ce roman. Mais c'est une difficulté toute personnelle. L'envie d'aller directement à la fin, pour revenir ensuite lire en comprenant mieux ce qui s'est passé.
Et ici, on apprend tout doucement, mais assez vite on comprend l'essentiel.
Un peu de mal sans doute aussi parce qu'il s'agit en quelque sorte d'un journal, avec des textes très courts pour chaque jour. Mais je pense qu'au contraire, les jeunes lecteurs seront à l'aise avec ces textes courts qui vont à l'essentiel. (Je ne suis clairement pas le lecteur cible bien sûr !)
Dans une langue simple mais tellement bien écrite.
J'ai adoré le narrateur, son empathie, sa belle vision des choses, sa gentillesse.
"En même pas un an", ces jeunes gens auront bien avancé.
La 4e, une année essentielle à l'adolescence ?
Petite anecdote personnelle : J'ai relu trois fois les quelques premières lignes !! Parce que Raf, dans les autres romans de Yaël Hassan, c'est Raphaël, celui de La vie selon Raf, en 6e il y a deux ans, et donc que je voyais bien en 4e (même si son modèle doit être en train de préparer le bac je pense).
Et ici, c'est une fille, j'ai mis quelques secondes et trois relectures pour le comprendre !! 😁
Il est vrai qu'il n'y avait pas le choix : les quatre amis s'appellent Dona, Rafaëlle, Léonard et Angelo.
Ça vous évoque quelque chose ?
(ma culture à moi est plus tournée vers les romans de Yaël Hassan que vers ce à quoi vous venez de penser, d'où ma méprise !!!)
Extraits :
Il ouvre un oeil ensommeillé. Sa mère se tient sur le seuil de sa chambre. Elle lui sourit timidement, comme si elle ne savait pas comment faire fonctionner correctement cette curieuse machine nommée "adolescent".
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La prof de français leur donne une nouvelle liste de bouquins à lire pour le deuxième trimestre, dont La fille qui n'aimait pas les fins. Moi non plus, je n'aime pas les fins...
[Joli clin d'oeil 😉]
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Ils ne peuvent s'empêcher d'appréhender leur avenir. Jusqu'à la quatrième, tout était encore si simple.
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La haine, la rancoeur ne sont pas de bonnes conseillères et font bien plus de mal à ceux qui les nourrissent.
Éditeur : ScriNeo - 19 mars 2026 - 200 p. - 12.90 €
Lu en numérique via NetGalley que je remercie.
Du duo Pascal Brissy & Yaël Hassan, je vous ai déjà parlé de
Mytho (j'y détaille mes autres lectures de ces auteurs).
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