Je suis presque aussi intéressée par New York que par Boston et les îles du Massachusetts. Et comme je risque de ne jamais y retourner - attendre que Trump disparaisse et je ne serai plus en état - je profite de voyager en lecture.
Le thème, tout autant que les lieux, m'attirait. Le décalage de ces vies si différentes des nôtres, l'argent, le style, les traditions, le règne du paraître, des gens qui ne vivent que pour ce qu'on voit d'eux.
Hélas, je n'ai pas adhéré à l'écriture.
Je ne sais même pas pourquoi. Les divers personnages sont intéressants, les situations aussi.
Les parents qui cèdent l'appartement familial au jeune couple, mais la belle-fille ne doit surtout pas changer un rideau, ni toucher à la déco, et à tout ce que chacun y a laissé. Les réceptions "entre soi", le mépris pour ceux qui ne gagnent pas autant. La famille asiatique bien plus à l'écoute.
Pourtant la jeune génération voudrait changer. Mais ils ne savent pas comment faire.
J'ai eu du mal avec les chapitres sur Georgiana surtout. Ces pauvres petites filles riches qui ne savent comment remplir leur vie à part boire et se lamenter m'ennuient profondément. Même si ça devient cocasse quand elle pense soudain que se délester de tous ses millions va résoudre ses problèmes, alors qu'elle n'a jamais eu à payer quoi que ce soit. Et sa famille qui s'inquiète, ce n'est encore qu'une enfant (elle n'a QUE 26 ans).
En outre, c'est évidemment terriblement américain, et alors que c'est ce qui me plait, j'ai eu du mal à comprendre assez souvent parce que je n'ai pas les codes, je ne connais ni les marques ni les personnes dont il est question.
En repensant à ce livre, j'ai l'impression d'avoir apprécié pas mal de choses, mais je me suis un peu trop souvent ennuyée dans cette lecture.
Je regrette cette chronique en demi-teinte, je pense que c'est un bon roman, n'hésitez pas à le lire et à me donner votre avis.
Extraits :
De toute manière, elle n'avait pas le sentiment que cet argent familial lui appartenait. Il appartenait à ses grands-parents et à ses arrière-grands-parents.
***
Sasha s'était d'abord imaginé que [...] sa belle -famille l'accueillerait à bras ouvert. Or pas du tout. Sa famille à elle était à l'image d'un coin banquette dans un restaurant : on pouvait toujours se serrer pour faire de la place à quelqu'un. Celle de Cord était comme une table entourée de chaises, et ces chaises étaient vissées au sol.
***
Cy était la parfaite illustration de ce qui rendait l'industrie aéronautique si attrayante : la réussite ne reposait ni sur le patronyme ni sur le système dynastique du milieu bancaire. C'était une méritocratie qui récompensait l'intelligence pure et la passion.
***
- Oh, Peter ? Bonjour ! lâcha-t-elle d'une voix un peu trop forte.
Elle se demanda aussitôt si elle avait bien fait de l'appeler par son prénom. N'aurait-elle pas dû dire Monsieur Perthman ? Non. Trop bizarre. C'était son boss, pas son directeur d'école.
***
Elles avaient même commencé à surnommer Sasha "la croqueuse de diamants" après qu'elle s'était installée dans la maison de Pineapple street. Ce n'était pas très gentil de leur part, mais elle l'avait bien cherché.
***
Leur famille formait un bloc, un circuit fermé qui lui semblait impénétrable.
***
- C'est ce jeune milliardaire qui veut donner tout son argent à des œuvres de charité
[...]
- Oh, j'ai lu un truc sur lui, fit Cord en pendant la tête sur le côté. Ce ne serait pas un fan-boy de Bernie Sanders ?
Titre original : Pineapple Street (2024)
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Nathalie Peronny
Éditeur : Les Escales - 7 mai 2026 - 352 p. - 22.00 €
Lu en numérique via NetGalley que je remercie.
Mes autres lectures traduites par Nathalie Peronny :
Le faussaire de Salt Lake City - Simon Worrall
Les Magnolias de Myrtle Lane - Catherine Shook
Nous les menteurs - E. Lockhart

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