jeudi 12 février 2026

La deuxième vie de Lise - Cécile Briomet

 Je n'étais sans doute pas prête à affronter la voix d'une vieille dame qui vient de perdre son mari, et qui se retrouve face à un grand vide, mais aussi avec des liens tout à coup différents avec ses deux fils, et les reste de la famille. Mais malgré pas mal de larmes, j'ai beaucoup aimé ce roman.
Peut-être cette Lise, si différente de moi, en tout, va-t-elle m'aider à avancer pour faire mon deuil ?

Quand le mari d'Élisabeth meurt subitement, ce n'est pas seulement le compagnon de toute une vie qu'elle perd, c'est aussi celui qui lui lisait des romans, parce que sa jeunesse chaotique ne lui avait pas donné un accès facile à la lecture. Celui aussi qui faisait le lien avec l'extérieur, et avec la famille.
Elle découvre vite que ça allait bien au-delà de ce qu'elle ressentait.
Combien de voisins a-t-il aidé, alors qu'elle n'était proche d'aucun ? (Voire qu'elle n'en appréciait aucun).
Qu'avait-il su voir derrière la façade pas forcément avenante de certains membres de leur famille proche ?

Mais Lise a plus de ressources qu'on ne pourrait l'imaginer, et même qu'elle ne le pense.

Il faut dire que son mari, à qui elle reproche de l'avoir abandonnée sans préavis (oh comme je la comprends) a pourtant laissé discrètement derrière lui de quoi l'aider.

Elle, la râleuse, la secrète, n'était pas vraiment prêt à se laisser approcher et apprivoiser. Et pourtant...
Il y a Martin, une amitié inattendue. Il y a les voisines, le petit groupe du café.
Et puis le chat, ce gros chat roux  qui ne veut pas savoir que Lise n'aime pas les chats ...

Vraiment un très beau roman.
Dommage, la couverture ne me parait pas très attirante (mais les goûts ...)

Extraits : (Mais j'aurais eu envie d'en partager des dizaines d'autres avec vous)

Tu vois Gaston, je me dis qu'on en a loupé des choses dans notre vie, mais nos enfants... Je crois qu'on a vraiment réussi à faire d'eux des hommes bons.

***
Les infirmiers courent dans tous les sens, il y a trop de monde, pas assez de soignants. Je ne serais pas étonnée que la femme de l'accueil soit également celle qui nettoie les  chambres et opère quand elle a deux minutes. Le tout pour un SMIC dont elle ne verra que les quelques centimes restant  à la fin du mois.

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Que c'est triste de vieillir !
- Que c'est beau, au contraire, répond Miza dans un rire.
On ne s'embarrasse plus de faux-semblants ; si quelqu'un t'ennuie, tu te moques des politesses, tu n'as plus le temps pour ça.

***
Je suis suivie de près par le félin qui semble comprendre bien plus facilement "jambon blanc" que "ne monte pas sur la table".

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C'est une chance d'avoir de la peine : c'est qu'on a aimé suffisamment fort pour ressentir le manque. Ça vaut le coup.

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Voilà, la vie c'est un tango, avec ses temps longs, ses espoirs, sa passion et ses doutes. Mais comment le danse-t-on quand son partenaire s'en va ?

Éditions de l'Archipel - 6 novembre 2025 - 208 p. - 21.00 €
14.99 € en version numérique
24.00 € en grands caractères (éditions de La Loupe)
Lu en numérique via NetGalley que je remercie.

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