dimanche 11 mars 2018

Le tour de l'Inde en 80 trains - Monisha Rajesh

Je regrette, mais je n'ai pas du tout accroché, malgré ma grande envie de découvrir cette aventure (je n'avais demandé que deux titres à cette Masse Critique, tant j'espérais recevoir celui-ci, mon meilleur choix.)
Je n'ai pas réussi à m'y intéresser vraiment, et j'ai pas mal traîné pour arriver au bout, sans trop savoir pourquoi.
Je suppose que c'est dû à l'écriture et à la forme, mais aussi au fait que je ne connais pas du tout l'Inde. Sans doute me manque-t-il quelques clés pour comprendre certaines situations.

Pourtant, cette idée de parcourir en train tout le sous-continent m'avait vraiment tentée, j’adore les voyages en train.
J'avais été passionnée par le tour du monde de Nelly Bly (Quatre-vingts jours autour du monde, de Matthew Gooman) mais je n'ai pas retrouvé ici l'envie de suivre ce périple.

J'ai regretté qu'aucune carte ne permette de suivre le trajet. Au minimum une carte de la totalité du parcours, mais j'aurais apprécié aussi le détail par chapitre, car le lieu a une certaine importance.
J'ai bien repéré les étapes principales sur Internet, mais ça aurait été plus pratique sur le livre.
J'en ai profité pour découvrir des photos des merveilles dont on parle, et ça, ça donne vraiment envie !

J'ai été agacée assez souvent car tous les mots intraduisibles sont en italique, avec un lexique à la fin, sauf que parfois on les trouve dans le lexique, d'autres fois non.

Je pense cependant que c'est un bon livre, qui peut plaire car on y découvre beaucoup de lieux et de situations intéressantes.

L'autrice a toujours vécu en Grande-Bretagne, sauf une courte période où ses parents avaient essayé de revenir en Inde, et qui fut un échec, et elle a très envie de découvrir par elle-même ce pays.
Elle va donc nous conter, avec un regard un peu décalé, ni vraiment étrangère ni vraiment du pays, ce qu'elle va vivre durant ce périple.
Nous aurons la découverte de quelques sites, mais surtout la vie à bord, les rencontres, la pauvreté et la pagaille, mais pas toujours. Et aussi ses démêlés avec son co-équipier, qu'elle ne veut pas quitter car voyager seule dans certains endroits l'inquiète, mais ils ont du mal à s'entendre au fil des kilomètres.
Nous apprenons à voir l'Inde de l'intérieur, et ça donne envie d'approfondir le voyage.
J'ai particulièrement apprécié un des derniers chapitres, lorsque Monisha, un peu étourdie par tout ce qu'elle a vu, entendu et subi au cours de ces quelques semaines, décide de faire une retraite de dix jours en silence.

Je vais à présent prêter le livre à une amie qui était en Inde le mois passé, et je sais que ça va lui évoquer pas mal de souvenirs.

Je remercie les Editions Aux forges de Vulcain pour m'avoir permis de découvrir ce livre et de parcourir l'Inde au rythme des trains de luxe ou de troisième classe.

Extraits :

 la jeep [...] fini[t] par s'immobiliser dans un ornière. Il n'y avait vraiment qu'un guide indien pour proposer à ses clients d'aller se dégourdir les jambes en attendant qu'on nous sorte de là, alors qu'on était au beau milieu d'une réserve de lions.

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En résumé, les Indiens sont racistes. Jamais ils ne l'admettront, mais le plus paradoxal c'est qu'ils en sont fiers. D'un côté, les gens du nord sont catalogués comme étant sans éducation et vulgaires quand ils sont riches, de l’autre ceux du sud sont vu comme des intellos rétrogrades à la peau foncée - l'abomination ultime dans un pays où la crème "Blanc +" de Clarins a pour slogan : "La baguette magique que vous attendiez."

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Les voyages sont importants pour les Indiens, mais ce qui compte vraiment, c'est atteindre sa destination. Dans un pays où survivre est le mot d'ordre, cette règle s'applique à tout ce qu'ils entreprennent. C'est mal de mentir, tricher, soudoyer, arnaquer - mais si grâce à cela on obtient ce qu'on veut, la notion devient brusquement plus floue. Acheter son diplôme de médecin, griller les feux alors qu'on n'est pas un VIP et inviter les électeurs d'une circonscription à son mariage en échange de leur vote sont des classiques. Tout le monde le sait, et tout le monde le fait.

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Un talus boueux, derrière lequel on devinait une épaisse couche d'ordures en plastique, bordait la voie la plus proche de la route.... Cette bande de terre était les WC communs, et les habitants venaient y faire leur offrande quotidienne. Je trouvais leur gestion du temps admirable. De la même manière que les Anglais se retrouvent au pub après le boulot, ils se rencontraient là pour échanger les derniers potins.


Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Patricia Barbe-Girault
Première parution en 2012
Editions Aux forges de Vulcain 2017
Collection Littératures 330 pages
Résumé Babelio





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