J'étais très attirée par cet essai, moi qui n'aime lire que quand j'espère que ça finisse bien !! Par une autrice que j'apprécie, j'ai voulu le découvrir.
Hélas, il est en écriture inclusive. Navrée mais Iels, ou auterice ne fait pas partie de mon vocabulaire, pas plus que les mots avec des points médians. Lire un essai dans une langue qui m'est étrangère est pénible, et je n'arrive plus à saisir le sens et le fond, bloquée par la forme.
J'ajoute que je ne vois vraiment pas en quoi écrire des textes qui compliquent la lecture, (quand on voit comme elle devient de moins en moins évidente pour une bonne part des gens) ferait avancer la cause des femmes.
On apprenait à l'école que ce masculin, celui qui prévaut quand on veut parler de tous et toutes, ne renvoie pas à l'homme en tant que genre, mais à l'espèce humaine. C'était aussi simple que ça, et aucune domination de l'homme en tant que sexe dans tout ça.
J'abandonne donc ce livre à regret, je ne saurais pas ce que Coline Pierré voulait démontrer, et que j'aurais certainement apprécié.
Extraits :
[Incipit]
Adolescente, je lisais beaucoup de fictions dures et dramatiques, comme une manière d'éprouver l'âpreté et la violence du monde depuis mon fauteuil douillet du cocon parental alsacien.
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Offrir une fin heureuse à un personnage malheureux, c'est faire acte de désobéissance. On affirme haut et fort une morale de la contradiction. Et en imaginant une alternative, on aide à la rendre possible dans le monde réel. L'imagination est la première forme d'action politique.
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Je crois que c'est un acte profondément conservateur que de prendre la décision de faire échouer un personnage qui se bat pour son destin, ses idées, sa vie ou sa liberté. Lorsqu'on décide d'anéantir les efforts et les espoirs d'un personnage pour le conduire à l'échec, on fait un choix réactionnaire : celui de la norme et de la fatalité.
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Porter un regard optimiste sur la vie est un effort, une incessante nage à contre-courant, tandis que le pessimisme, c'est le canoë qui file sur le fleuve, glisse sur l'eau sans effort.
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Une fin heureuse n'est pas une fin où tout se résout, c'est une fin qui ouvre une porte vers le possible, c'est l'esquisse d'un futur.
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Éditions Daronnes - 27 janvier 2023 - 85 pages - 12.00 €
Première édition : Monstrograph 2018.
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