Sarah Lark est décidément une de mes autrices préférées en littérature d'évasion. Pas une minute d'ennui à la lecture de ses romans, c'est toujours passionnant, quel que soit le sujet, avec des personnages de filles fortes et volontaires, et si attachantes.
Cette nouvelle série nous emmène loin de ses lieux habituels, Nouvelle-Zélande et Caraïbes. C'est en Écosse et en Amérique du nord qu'elle nous entraîne cette fois. Sur les traces de trois cousines de la noblesse écossaise, aux caractères fort différents, mais qui toutes trois ne supportent pas la vie toute tracée qu'on leur propose, piano, broderie mariage, et se taire !!
Quand Katrina veut la célébrité comme artiste, ses cousines rêvent du ciel : Ailis est émerveillée par les étoiles, alors que Donna, ce sont les montgolfières, les débuts du vol pour les humains, qui l'attirent.
Mais comme les Mousquetaires, ces trois-là sont quatre !!
Car il ne faudrait pas oublier Emily, le bébé que Katrina a dès l'enfance voulu comme sa servante, sa chose, celle qui doit suivre tous ses désirs.
Emily, fille de domestiques, a l'avenir tout tracé, et qui sait à la fois être humble et si forte.
La possibilité de partir interne au lycée, décrochée de haute lutte auprès de leurs parents (à quoi peut bien servir qu'une fille étudie ?) sera le premier pas. Mais rien ne va tourner comme attendu.
Une belle aventure et un superbe texte, je n'ai pas pu le lâcher.
Après les animaux fabuleux, les oies sauvages bien réelles et autres oiseaux.
Voler, en rêve avec les oies sauvages, en vrai avec un ballon (dirigeable ou pas, telle est la question !)
Il est question de racisme, de la place des femmes, des études possibles ou pas.
De la possibilité de s'envoler aussi.
Les essais de décollage m'ont un peu rappelé Les larmes de la déesse Maorie, mais alors que c'était parfois un peu ennuyeux et répétitif, ici, j'ai aimé chaque ligne.
L'évolution du personnage d'Emily est particulièrement passionnant. Son attitude envers le jeune homme noir, si brillant mais tenu à l'écart en raison de la couleur de sa peau.
Avec des lieux que j'apprécie beaucoup, Écosse puis Boston !!
J'attends avec impatience le tome suivant.
Extraits :
- La philosophie de notre école tient en une phrase : aucune jeune fille ne devrait en savoir moins que ses frères !
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À Boston, les Noirs ne se mêlaient pas aux Blancs, et inversement. [1889]
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- Vous n'avez rien à craindre de la plupart des personnes noires, miss Alma. Comme de la plupart des personnes blanches. Ce n'est pas la couleur de peau qui nous rend bon ou mauvais, c'est autre chose. Emily aimerait déterminer d'où vient cette différence, mais je ne crois pas qu'elle y parviendra.
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Quant aux idées déplacées, si vous voulez dire par là que les jeunes filles pourraient refuser de fonder un foyer parce qu'elles ont suivi des leçons de physique et de chimie, rassurez-vous : la grande majorité de mes élèves se marient. Leur union est souvent plus épanouissante et heureuse que celles de leurs sœurs moins cultivées, car elles ont autre chose à raconter à leur époux que des contes de fées.
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Enfin, au fond, c’est toujours la même chose. Nous, les femmes, nous accomplissons le travail, et les hommes empochent le mérite.
Titre original : Himmelsstürmerinnen (2024)
Traduit de l'allemand par Noémie Juglet et Isabelle Liber
Éditeur : Charleston - 16 octobre 2024 - 667 p. - 22.90 €
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