J'abordais ce Calamity club avec un peu d'hésitation, car après un premier roman qui a eu un énorme succès (et que j'ai beaucoup aimé, moi qui ai souvent un avis à contre-courant) il est fréquent que le suivant soit parfois décevant.
Mais non ! Ce roman est tout aussi extraordinaire que La Couleur des Sentiments, quoique très différent.
J'ai tout aimé ici, l'écriture, les personnages, les situations.
On entre de plain-pied dans la vie de ces personnes si malmenées par l'existence.
Même si les situations sont terribles, on ne peut s'empêcher de sourire à l'incongruité de ce qui se passe !
Surprise des lectures : Je viens de lire un roman où une fillette abandonnée est obligée de retourner chez sa mère, parce que la famille prime. Alors qu'elle le refuse absolument.
Et me voici dans un roman (ailleurs, en d'autres temps) où la mère n'a aucun droit pour reprendre son enfant, bien que toutes deux en rêvent.
Mississippi 1933.
Je n'en dirais pas beaucoup plus de l'histoire, je crois qu'à part moi, presque tout le monde l'a déjà lue !! (Bientôt 5000 lecteurs rien que parmi ceux inscrits sur Babelio !!).
Et il y a tant de choses que j'aurais envie de tout vous raconter !
Des sujets importants, des situations qu'on a du mal à imaginer, j'ai adoré m'immerger dans cette histoire et faire un bout de chemin avec ces dames et demoiselles, j'ai terriblement du mal à les quitter.
Un peu moins d'enthousiasme au tout début, tant qu'on a deux mondes très distincts et qu'on ne voit pas le rapport entre eux. Mais dès qu'ils se rencontrent, je ne les ai plus quittés.
Un roman vraiment superbe pour moi. Que je relirai probablement, plus calmement, parce que j'avais tellement hâte de savoir ce qui allait leur arriver : le "dancing" allait-il être découvert ? Mme Tartt devinerait-elle ? Et bien sûr, que va-t-il advenir de Meg ?
J'ai admiré Birdie, et Charlie, et aussi la future docteur. J'ai souffert avec Meg et admiré sa résilience.
J'ai adoré détester Frances, mais peut-être parce que je suis une vieille dame, j'ai particulièrement apprécié Mme Tartt, quelle belle philosophie de vie !
Mention spéciale à la traductrice, Parce que, entre les différents niveaux de langage, les jeux sur les mots, le vocabulaire familier ou plus, quel bon travail !
Et, une fois n'est pas coutume, j'ai très apprécié lire en numérique un texte sans aucun défaut. (Je l'ai emprunté en bibliothèque. J'avais d'abord prévu de l'emprunter en version papier, mais presque 700 pages, j'ai du mal avec l'objet.)
Extraits :
Je me demande comment elles réagiraient si une Juive lépreuse attardée passait la porte.
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- Si j'avais su qu'on allait inventer le cinéma parlant, remarqua Dixie, je n'aurais jamais perdu mon temps à apprendre à lire.
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Je fus outrée. Demander à la mère de Jésus de bénir notre entreprise de prostitution et de mener à nous des filles travailleuses... C'était pousser la foi un peu loin.
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Ces gens luttaient aussi contre la miscégénation, c'est-à-dire la mixité raciale dans les lieux publics, et contre ce qu'ils appelaient la "corruption de leur population "chrétienne pure", ce qui ne voulait rien dire.
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Les geeks étaient ces monstres en cage dans les foires qui mangeaient les animaux vivants.
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Là d'où je venais, un mari mourait , ou alors il partait acheter du tabac à chiquer et ne revenait pas. Il n'y avait pas d'autre possibilité. Mais un divorce, ça paraissait très adulte, et un peu crasseux.
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Quand on ouvrait un bordel dans une ville qui comptait treize églises, sans doute fallait-il s’attendre à se heurter à des obstacles à tous les coins de rue.
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J'imagine que même les riches aiment bien avoir du personnel gratuit, peut-être plus que les gens normaux. Comme ça, ils restent riches.
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Le Dr Weems n'aime pas les femmes. Pendant son cours de biologie, il nous a dit que les femmes étaient trop hystériques pour devenir médecins à cause de leurs hormones. Quand je lui ai dit que je m'inscrivais en médecine, il a répondu : " Mais ma jolie, si vous souhaitez vivre dans un milieu médical, pourquoi ne pas épouser un médecin, tout simplement ? " Et il a essayé de me mettre la main aux fesses. Il mériterait qu'on lui verse du phosphate de tricrésyle dans son café.
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- Bien sûr qu'elle a de bonnes intentions !
- Comment tu le sais ?
— Parce que les Pittman sont de bons chrétiens. »
J'éclatai de rire. En ce monde, il y avait des chrétiens et il y avait des gens bien, mais ce n'étaient pas forcément les mêmes.
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Saviez-vous que la première femme médecin aux Etats-Unis a pu s'inscrire dans une faculté de médecine seulement parce qu'on ne la prenait pas au sérieux ? Elizabeth Blackwell, en 1847. Le doyen s'était amusé à organiser un référendum des étudiants pour les laisser décider si une femme pourrait s'inscrire dans leur université. Croyant à une blague, ils ont voté oui à l'unanimité, le résultat a été salué par des sifflets et des rires à l'idée qu'une fille entrerait dans leurs rangs.
Ils lui ont même envoyé une lettre pour lui annoncer qu'elle était inscrite. Alors, imaginez leur surprise quand Elizabeth Blackwell est non seulement venue assister aux cours, mais qu'elle a aussi été première dans toutes les matières. Elle a obtenu son diplôme et ouvert sa propre école de médecine, réservée aux femmes.
***
Pendant qu'on se balance très haut, deux grandes filles à côté d'un arbre se chuchotent des trucs sur nous. Elles se croient trop vieilles pour s'amuser sur une balançoire. Elles ont toutes les deux les cheveux bruns comme Marybeth et des robes rouges assorties. Elles chuchotent en nous lorgnant et se privent d'un bon moment parce qu'elles ont grandi.
***
C'était pour faire un séjour à l'hôpital.
- Pour quelle raison ? demandai-je.
A cause d’une maladie. Ça s’appelle Homo Sexualité. Rory l’avait. C’est quand les hommes veulent être…. Intimes avec d’autres hommes.
***
Nos papas s’entendent bien tant que personne ne parle des Démocrates, d’aller à l’église ou des esclaves pendant la guerre.
***
Et que le mari de Frances avait attrapé l'Homo Sexualité.
***
Dans l'île de Célèbes, les gens vous enterrent, puis vous déterrent tous les deux ans pour vérifier que tout va bien.
Titre original : The Calamity club (2026)
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Laura Satz
Éditeur : Robert Laffont
Collection : Pavillons - 28 mai 2026 - 682 p. - 24.90 €
Lu en numérique (Médiathèque départementale M.D.D.)

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