jeudi 12 mai 2016

Le fil des souvenirs - Victoria Hislop

J'aime bien les livres qui mêlent l'Histoire à une histoire intéressante.
Ça permet d'en apprendre plus sur certaines périodes ou certains lieux, et surtout, on entre dans l'Histoire avec les personnages. même s'il s'agit d'événements que nous connaissons au point de vue historique, en avoir entendu parler ou les avoir appris est une chose, mais dans le roman, nous les vivons, au coeur même du moment, avec des personnages pour lesquels nous ressentons souvent de l’empathie.
Quand en plus ce roman a la qualité de ceux écrits par Victoria Hislop, on se régale et on en redemande. Le genre de livres qu'on ne peut pas lâcher une fois commencé.
J'avais adoré "L'île des oubliés" et je me suis encore régalé avec celui-ci.
On ne voudrait jamais quitter ces personnages, que l'on suit pendant presque tout le 20e siècle.

Je me souviens de "la Grèce des Colonels" et de la dictature qui avait sévi, mais j’ignorais tout des périodes précédentes, des déplacements de population entre Turquie et Grèce, du déroulement de la 2e guerre mondial dans ces régions, etc.
J'ai donc été très intéressée en découvrant ces épisodes, et de plus passionnée par la vie de ces familles. Même si c'est parfois un peu simpliste, les bons d'un côté, les mauvais de l'autre. Quoique les héros très impliqués se remettent en question, et s'en posent des questions.
Il me reste quelques pages pour terminer, et je ne peux me résoudre à les finir et abandonner ce couple.

Ajoutez à ça que, (ça n'intéressera personne, mais) ce don de Dieu, Theodoros est né pile un an moins un jour après moi, forcément je me sens proche !!


Extraits :

Le lendemain, 5 septembre 1950, son bébé voyait le jour. Elle l’appela Theodoros, le "don de Dieu".

*** Elias évoquait le tournoi de tavli qui durait depuis plus de la moitié de leur existence. Ils avaient fait d'innombrables parties et aucun n'avait jamais devancé l'autre de plus d'une victoire.

Traduit de l'anglais par Alice Delarbre
Titre original : The Thread
Editeur : Les Escales (2013)


Astrid Bromure tome 2 : Comment atomiser les fantômes


Astrid Bromure tome 2 : Comment atomiser les fantômes
Fabrice Parme
Editeur : rue de Sèvres 2016


Cette petite Astrid est décidément inénarrable.
Après s'être attaquée à la petite souris des dents, nous la retrouvons dans un internat très old school.


Lassée de vivre seule dans sa grande maison, malgré domestiques et animaux sympa, et grâce à la défection de son institutrice, elle parvient à "convaincre" ses parents de l'inscrire au Pensionnat de Canterville, où elle espère bien oublier la solitude.

Evidemment, comme le nom le laisse entendre, elle va se trouver aux prises avec quelques fantômes, "vrais", ou pas.
Elle va aussi s'apercevoir que la popularité dépend de notions qu’elle ignore totalement, ayant toujours vécu seule au milieu d'adultes.

J'aime toujours autant les réparties d'Astrid, ses mimiques et ses idées.
C'est une BD que j'ai grand plaisir à lire et j'attends déjà le tome 3.

Cependant, j'ai légèrement préféré le 1er volume.
Sans doute à cause de l'environnement de Mlle Bromure : une immense maison, des domestiques stylés mais agréables, des animaux domestiques.
Ici, c'est une BD plus classique, dans un  collège, avec les camarades et les enseignants, même si quelques tableaux font un peu penser à Harry Potter.
Je crois que j'ai regretté notamment l'absence du chat !
Donc, une très bonne BD, mais peut-être pas au niveau de la 1 pour moi.

Extrait :
5/ Mettre le ton en lisant ou en récitant un texte ou un poème.
Exemple ...
Ne dites pas :
"Soudain, la fenêtre s'ouvrit en claquant et un vent glacé prit possession des lieux"
Mais :
"Soudaiiin, la fenêtrre s'ouvriiit en claQuant et un veeent glasssé prit posssesssion des lieeux"











mercredi 11 mai 2016

Mè keskeussè keu sa ?

Mè keskeussè keu sa ?
Michel Van Zeveren
Pastel (Ecole des Loisirs) 2016

Un album de Michel Van Zeveren, qui de plus semble beaucoup plaire si j'en juge par les critiques lues, il est évident que je me précipite.

Nous avons donc un couple préhistorique, dessiné de façon amusante et sympathique, qui trouve par terre un bébé. Et ne savent ce que c'est. Étrange ?
Cherchent à s'en débarrasser. Mais la chose, trouvée par terre donc baptisée "Crasse" est fort collante et s'incruste.
Et par la force des choses, puisqu'elle ne s'en va pas, ils finissent par s'y attacher.

J'aime bien en général les albums avec de personnages "des cavernes" c'est souvent drôle et ça plaît aux enfants.

J'ai lu celui-ci d'abord toute seule.
L'arrivée de ce bébé débarqué comme une crotte, m'a laissée perplexe.
L'idée de le jeter d'en haut de la falaise aussi (Au départ, je pensais que ça pouvait être un album à destination des aînés, qui se débarrasseraient volontiers des petits frères, mais du coup, ça semble un peu dangereux pour leur donner des idées !!)
Le tenir comme un lapin mort, bof (si si, c'est ce que m'évoque cette image !)
L’attachement qui vient tout doucement, c'est plutôt  mignon.

Le langage phonétique, c'est censé amuser qui ? (A part les adultes)
Les petits qui ne savent pas lire ne le verront pas.
Les débutants en lecture auront sans doute du mal à déchiffrer un tel texte.
Les plus grands s'amusent certainement, mais l'album ne leur est pas vraiment destiné.

Bref, j'ai eu l’impression de passer un peu à côté, si presque tout le monde a aimé sauf moi !

Je l'ai ensuite lu à mon petit de 4 ans et sa soeur de 7 et demi.
Le petit n'a carrément pas été intéressé, pas un sourire et aucun enthousiasme. La plus grande n'a pas paru non plus apprécier particulièrement.


Extrait :
Mè... Regarde, bras, doigts...


Oh !
É... Jambes !
Ah wiwi ...
É... Orteils !
É... Oreilles !
É... Nez ! Nez !
Néné ?
NEZ !
AAAH... Nez !

Le Papyrus de César - Astérix n° 36 (Jean-Yves Ferri ; Didier Conrad)

Moi qui suis une inconditionnelle d'Astérix, sans trop me préoccuper des auteurs, je me suis un peu ennuyée.
Pourtant le thème avait tout pour me plaire. Edition, publicité, journaliste en quête de scoop (pardon, de canalis), manipulation de l'information et même un écureuil en guise de guide.
J'avais beaucoup aimé le précédent Astérix chez les Pictes (peut-être parce que en Ecosse, mais il m'avait bien amusée) donc ce n'est pas une question d'auteurs, mais là non, j'ai trouvé long, peu inventif, assez ennuyeux donc.
J'essaierais de le relire à un autre moment, voir si ça marche mieux, mais il ne restera certes pas dans mes coups de coeur.

Extrait :
- Une observation, Bonemine ?
- Toi, écrire ? Quand tu as déjà du mal à déchiffrer le petit papyrus des commissions ?

Le diadème de Béryls - Les enquêtes de Sherlock Holmes

Texte de Arthur Conan Doyle,
illustré par Christel Espié
62 pages
Editeur Sarbacane

Un album très grand format (26 X 38) avec de très belles illustrations pleine page, voire double page.
Une nouvelle de Sherlock Holmes de type classique, narrée par Watson (jamais nommé il me semble).

C'est un beau document, mais je ne comprends pas trop la cible ?
Le format, s'il permet des illustrations superbes, le rend très malaisé à manipuler.
A part lire assis à une table, ce qui n'est pas ma position favorite (sauf en mangeant !), pas moyen de trouver une position agréable, c'est lourd et encombrant.
Quant à le caser dans une bibliothèque, impossible, à part sur le rayon le plus haut, où il n'a guère sa place.

Côté texte, je trouve que c'est un bon livre pour aborder Sherlock Holmes pour les plus jeunes : pas d’histoire trop noire, rien qui ne fasse peur, une intrigue classique et des explications très claires du détective. Aucun humour, mais on en trouve rarement chez Sir Arthur.
D'ailleurs, je l'ai trouvé en bibliothèque au rayon des romans enfants, ce qui lui convient tout à fait.

Sauf que ... si j'ai du mal en tant qu'adulte à le manipuler, ce ne sera pas mieux pour les enfants.
Les illustrations sont très belles, mais pas forcément celles qui vont attirer les plus jeunes.
Donc, je ne vois pas trop l'utilité de ce type d'édition? Collectionneur peut-être ?

Même en cadeau, pour un enfant, je choisirais plutôt une édition poche.

J'ai essayé de le faire lire à ma petite-fille, qui était en train de se délecter de la BD d'Enola Holmes. Ça me paraissait le bon moment pour découvrir le grand frère dans sa version originale.
Mais je n'ai pas réussi pour le moment à la convaincre de le feuilleter au moins.
Donc pas d'avis d'enfant jusqu'à nouvel ordre !


Double page





Extrait :
Chapitre 1
- Holmes, dis-je un matin alors que je regardais la rue par la fenêtre, un fou vient par ici. Je trouve assez triste que sa famille l'autorise à sortir seul.

Une petite chose sans importance - Catherine Fradier

J'attendais avec impatience et beaucoup de curiosité la sortie du premier livre jeunesse de Catherine Fradier.
J'ai lu tous ses autres romans depuis le premier (Un poison nommé Rwanda) et même si mes lectures sont habituellement plus légères, je les ai tous (sauf un) beaucoup appréciés.
Parce qu'il s'agit de thrillers à la fois extrêmement prenants et très bien documentés, parce que vue la qualité d'écriture, on ne peut pas lâcher ses bouquins une fois commencés.
Cependant, comme ce sont toujours des histoires très dures, je me demandais ce qu'allait donner sa version jeunesse.
Mon verdict : une vraie réussite.

"Kadogo, c'est le nom qu'on donne aux enfants soldats du Kivu. En swahili, la langue parlée dans la région, kadogo se traduit par  une petite chose sans importance."
Le titre annonce donc d'entrée le sujet, les enfants soldats.
Et quand on connait le souci de documentation de l'auteur, et sa connaissance très pointue de la région, on sait qu'on va découvrir de l'intérieur ce sujet.

Et, surprise, il y a ça, mais pas que ça.
Car Sacha, le jeune narrateur, est autiste, atteint du syndrome d'Asperger.

lundi 9 mai 2016

Mémé dans les orties (Aurélie Valognes)

Un roman à classer entre "Ensemble c'est tout", et les Barbara Constantine. Amitié, tendresse, humour.
Au départ, c'est le titre qui m'a attirée, un peu à cause de l'expression, que j'aime bien et utilise parfois, un peu parce que je suis une mémé !! Et j'assume, j'ai demandé que mes petits-enfants m'appellent ainsi, donc forcément je DEVAIS lire ce roman.

Et des expressions, on en a ici, puisque chaque titre de chapitre en est une (et il y a 41 chapitres !).
Je me suis amusée à les relire à chaque fin de chapitre pour voir leur adéquation avec l’histoire. C'est souvent très bien trouvé.
Ces courts chapitres incitent à tourner les pages, à aller voir chaque fois le suivant, et donc, passés les premiers, je l'ai pratiquement lu sans m'arrêter.
Ferdinand, notre grognon insupportable, évolue au milieu de personnages hauts en couleurs, plus ou moins sympathiques.
Bien entendu, on craque pour Juliette, la petite fille surdouée, qui sait ce qu’elle veut et ne cherche pas à se faire plaindre malgré une vie pas forcément drôle.
On se régale des interventions de la concierge, on s'inquiète pour Ferdinand, malgré sa mauvaise foi immense, on rit, on attend, et finalement, le livre passe trop vite.
Bien sûr on devine comment ça va finir, bien sûr c'est "un peu trop beau", et il n'est pas sûr qu'on puisse changer aussi vite vers le mieux.
Mais on passe un bon moment, et qu'est-ce que ça fait du bien un livre tonique, haut en couleurs, et positif.
J'ai eu un peu de mal au début j'avoue. A mon âge, suivre les récriminations  d'un vieillard atrabilaire ne me passionne pas !!
Et puis, à partir de l'arrivée de la petite Juliette, on commence à bien s'amuser, et j'ai eu de plus en plus de plaisir à le lire, jusqu’à le quitter à grand regret.

PS : Son roman suivant vient de sortir "Nos adorables belles-filles" ... Encore une lecture pour moi !!

Qui en parle : Ramettes

Extraits :
M. Brun déteste plus que tout les nourrissons. Pour lui, ce ne sont que des contraintes avec, en prime, l'ingratitude la plus totale. Ça ne comprend rien, ça pleure, ça a toujours besoin de quelque chose : on ne peut jamais être tranquille. Et quand ça sourit, ça sourit autant à ses parents qu'aux inconnus. Ingrats, va ! En plus, il faudrait les trouver beaux, surdoués... Mais un être humain qui bave, qui n'est pas capable d'aligner trois mots et qui marche comme un parkinsonien ...


- Très bien, comme vous voudrez, Monsieur Brun. Donc juste une coupe alors ?
- Il faut vous expliquer longtemps, mais vous comprenez vite, Christine.
- Désolée, monsieur Brun. Alors, comment voulez-vous qu'on vous les coupe aujourd'hui ?
- En silence...


Auteur : Aurélie Valognes
Editeur : Michel Lafon
Mai 2015 - 286 pages
Résumé Babelio

Le bandit Manchot - Lucky Luke (Bob de Groot - Morris)

Pas de lecture de BD depuis un moment, faute de temps. Je profite d’avoir ressorti pour les pitchounes  une pile (qui s'était cachée !) de nos anciens Lucky Luke pour m'y remettre.
Et je me régale toujours autant.

Ce Bandit Manchot est assez classique, des joueurs (et donc du goudron et des plumes !), Lucky Luke pour accompagnateur de deux frères plutôt pusillanimes, une maîtresse femme toujours le rouleau à pâtisserie à la main, etc ...
On s’amuse bien.
Et quand apparaît le "boss" qui ne veut pas se laisser écarter des trafics juteux autour des jeux , ... sous les traits de Louis De Funès, on se régale carrément.
"Double-Six, regarde-moi bien !...
Pas là ! ...
... Là !"
Avec le geste bien connu vers ses yeux.
Mais il n'y a pas que ça, le voyage avec le croque-mort, les deux frères, et surtout, l'homme de main transformé en  monture.  Et je voudrais citer encore d'autres gags, aussi hilarants.
Quant à la chute, face au panneau Las Vegas ...
Vraiment un bon volume.

Extraits :
[Jolly Jumper] : Raisonnable ! C'est le mot que je cherchais ! Si on s'en allait vers le soleil couchant tous les deux, et toi en chantant que tu es un pauvre cow-boy solitaire ? ...

[Le "boss" monté sur son homme de main Double-Six, et passant devant deux Indiens assis contre un rocher] : Par ta faute, on a perdu les chevaux ! Cesse de hennir et galope !
[Double-Six] : Mais on nous regarde Boss !
[Le Boss] : Et après ? Ce sont des sauvages, des ignorants
[un Indien] : Deux beaux cas de Schizophrénie, mon cher, Qu'en pensez-vous ?
[L'autre Indien] : Parfaitement d'accord avec votre diagnostic  Cher Confrère. Les malades apparemment indifférents à ce qui les entoure, s'isolent du monde extérieur ......... [encore 6 lignes comme ça !]

dimanche 8 mai 2016

Le mystère Blackthorn (Kevin Sands)

 Merci à Bayard Jeunesse, et à Babelio, pour cette chouette découverte, un premier roman parait-il, vraiment réussi.

Sitôt reçu, on a envie de l'ouvrir, et d'entrer par la double porte brillante qui s’ouvre sur la couverture, vers cet univers doré.

Et dès les premières lignes, j'a eu envie de m'y plonger immédiatement.

J'aime beaucoup les Masses critiques privilégiées (encore plus que les autres !) parce que je n'ai pas auparavant décortiqué chaque titre pour pouvoir choisir. Je regarde rapidement si le thème m'intéresse, (mais en général, il est bien choisi, merci Babelio) et je me décide tout de suite. Puis j'oublie. Et quand il arrive, c'est une vraie découverte, presque inattendue.
Et là, pas de déception, un gros et beau livre, très tentant.

500 pages, écrites assez gros (juste ce qui me convient) 37 courts chapitres.
7 grandes parties, qu'on distingue d’entrée puisqu’elles sont signalée par une page noire, visibles sur la tranche du livre.
Comme je suis curieuse, je suis allée voir immédiatement à quoi elles correspondaient, et j’ai ainsi découvert que le roman se déroulait sur six jours seulement, du jeudi 28 mai 1665, jour de l'Ascension, au mardi 2 juin 1665 Saint Erasme, patron des marins, en passant par le 29 mai fête du chêne, le 30, jour du supplice de Jeanne d'Arc, brûlée pour hérésie, ... plus une dernière partie en forme d'épilogue, du 3 au  21 juin.

Roman historique donc, avec pas mal de références religieuses aussi.
Mais encore roman d'action, d'aventure, et d'énigmes.

Je reprends volontiers la présentation d'Eoin Colfer sur la 4e de couv' :
"De la magie, de l'aventure, des trucs qui explosent ..."
Mais il y a bien plus.
Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est qu'on découvre Londres, en ce milieu du 17e siècle et notamment la vie des apprentis. c'est à la fois très intéressant, vivant, et très bien décrit.

Le côté énigme est amusant et prenant, même si il n'est pas question d'arriver à deviner les solutions avant le héros,

Un vrai page turner que j'ai dévoré en deux jours avec grand plaisir.

On y parle de religion, mais de façon ouverte. Le maître de Christopher lui explique par exemple qu'il doit étudier même ce qui concerne une autre religion, il s'agit de connaissances à acquérir.
La figure de cet homme est d’ailleurs un des côtés les plus positifs de ce livre. Apothicaire réputé, mais surtout intelligent, ouvert, érudit. On rêve de le rencontrer !! et il apporte un côté vraiment sympathique au roman.


Mon seul petit regret concerne la fin du livre. Non pas la façon dont il se termine, mais les pages des derniers chapitres.
J'ai trouvé d'abord que lorsque Christopher obtient enfin des explication, elles me paraissent très complexes pour l'âge des lecteurs (à partir de 10 ans ?)
Et puis, soudain, un déchaînement de violence, compréhensible et probablement correspondant bien à l'époque, mais qui ne me paraissait pas indispensable à détailler sur des dizaines de pages.

Pour ces deux raisons, je ne vais pas proposer ce livre dans l'immédiat à mes petites-filles, comme je le fais habituellement.Et je le conseillerais plutôt à partir d'environ 14 ans, âge de Christopher, que plus jeune.

Mais à ce bémol près, j'ai vraiment passé un bon moment avec cette lecture, à la fois attachante et haletante.

A paraître le 11 mai.

Extraits :

Conformément au contrat d'apprentissage, maître Benedict n'avait pas le droit de me faire travailler les jours fériés. Mais conformément au même contrat, je n'avais pas le droit de voler des ingrédients afin de fabriquer de la poudre à canon ou de tirer sur des ours empaillés. Ni sur aucun ours, d'ailleurs. 




- Ces ingrédients sont des dons de Dieu, Christopher. Ce sont les outils de notre métier. Tu ne dois jamais oublier cela : ce sont des outils, rien de plus. Ils peuvent guérir ou tuer, mais ce ne sont pas eux qui décident. C'est la main - et le coeur - de celui qui les utilise. De toutes les choses que je t'enseignerai, c'est la plus importante. Est-ce bien compris ?

vendredi 29 avril 2016

Ça peut pas rater (Gilles Legardinier)

Très déçue.
J'avais lu "Demain, j'arrête" au vu des critiques, parce que un livre drôle, ça vaut toujours le coup d'essayer, et je m'étais bien amusée.
Puis, j'ai dévoré "Complètement cramé" qui m'a fait rire, sourire, qui m'a émue, bref, que j'avais beaucoup aimé.
C'est donc avec grand plaisir que j'attaquais celui-ci. Peut-être pour ça que je suis si déçue.
C'est ennuyeux, convenu.
Le genre de livres qui fait qu’habituellement, j'évite la littérature française adulte : une fille qui passe 500 pages à se regarder le nombril, à ne penser qu'à ses amours ratés, des a priori à chaque ligne, "les garçons" c'est comme ça, "les filles" ça agit ainsi; Noooon, chaque homme, chaque femme est différent, ce genre de discours m'exaspère, même s'il est parfois tempéré d'un peu de bon sens (trop peu).
Malgré une trame sur une entreprise qui licencie, tout à fait convenue et sans surprise, il ne se passe pratiquement rien, à part philosopher et réfléchir sans intérêt.
Ce n'est pas le pauvre suspens " : qui peut bien écrire à Marie, et la traiter de façon si idiote (je ne voudrais pas spoiler, mais, le coup de la gare ....) qui sauve le tout.
Où sont les personnages si originaux, plein d'humour et de tendresse de Complètement cramé ?

Gilles Legardinier, dont je suppose qu'il est de sexe masculin, nous conte une histoire de fille à la
première personne, et il est bien difficile d'y croire !
En plus, c'est souvent incohérent.
Par exemple Marie dit "Je suis confrontée à ce qui différencie concrètement les homes des femmes".
Et d'expliquer que eux passent tout de suite à l’action, contrairement à elles.
Sauf qu'elle nous a d’abord asséné pendant des pages et des pages que son Hugues ne se décidait jamais à agir...

Je mets tout de même deux étoiles, parce que malgré tout, ça se lit vite et facilement, et qu'on sourit parfois.
Et puis, j'ai bien aimé l’idée de jurer quand on est très en colère en rappelant en une phrase une catastrophe qui nous est arrivé, jamais la même.
Et le chat est TRÈS sympathique ! (même si le fait qu'elle ne se pose aucunement la question de le rendre à sa propriétaire, une fois constaté comme elle lui plaît, me laisse perplexe)

Je retenterais quand même à l'occasion un autre du même auteur, on n'a pas si souvent l'occasion de rire. Mais pas sûr que j'arriverai à persévérer jusqu’à la fin si c'est du  même style.

PS : en me relisant, je me dis que j'ai peut-être été un peu trop sévère, ; comme on disait plus jeune "si tu es dégoûtée, tu n'es pas obligée d'en dégoûter les autres !".
Beaucoup ont probablement aimé ce livre, tant mieux.
Mais je me suis tellement ennuyée que j'ai du mal à tempérer mes propos.


Extraits :

- Moi qui ne suit pas fan des chats, je le trouve beau.  Comment s'appelle-t-il ?
Panique à bord. Je n'en ai aucune idée. Mes yeux balaient la pièce et, près de l'évier, j'aperçois une boîte de médicaments.
- Paracétamol, il s'appelle Paracétamol.
- Pas banal comme nom...
Je pense que je n’aurais jamais d'enfants, et c'est finalement une bonne chose. J'aurais été capable de choisir leur prénom dans le rayon conserves d'un hypermarché. Je vous présente Choucroute et Ravioli. Choucroute est l'aîné, et il a une petite saucisse.


Moi, j’aime les canards parce qu’ils sont fidèles à leur conjoint toute leur vie, et lui les aime pour leurs magrets.

(497 pages gros caractères. Edition 16 17 A vue d'oeil)

dimanche 24 avril 2016

Une héroïne américaine (Bénédicte Jourgeaud)


J'ai aimé découvrir la vie de Brownie Wise, qui est à l'origine à la fois du succès des Tupperware, et de leur système de vente par réunions à domicile.

Moi qui ne supporte pas ce style de ventes, j'ai bien apprécié de découvrir leur raison, leur origine, et de mieux comprendre tout l'intérêt du système.
Notamment permettre à des femmes, qui jusque là étaient plus ou moins reléguées chez elle, d'acquérir leur indépendance.
Et côté fabricant permettre de donner sa chance à un nouvel objet qui, vendu en magasin, ne se démarquait pas suffisamment pour avoir du succès, alors que par le biais de démonstrations, tout leurs avantages se dévoilaient, amenant tout de suite le succès.
C'était passionnant, d’autant que j'ai vécu peu après cette période, et je me souviens de l'arrivée du plastique en cuisine, et dans notre vie quotidienne, réel bouleversement.

J'ai regretté que soit mêlé à cette quasi biographie, un passage de la vie de celle qui est censé écrire cette histoire.
Même si ça introduit un peu de suspens : qui a envoyé ces lettres, pourquoi Brownie a-t-elle été jetée hors de l'entreprise du jour au lendemain ?
Mais lire deux histoires en parallèle demande une concentration que je n'ai pas en ce moment : si on lit tout d'affilée, je pense que ça va, mais si on doit interrompre trop souvent sa lecture, ça me gêne, j'ai un peu de mal à savoir précisément à laquelle des deux femmes se rapportent certaines anecdotes.

Même si ces deux histoires ont certainement des points communs, je n'ai pas aimé passer d’une à l'autre, alors que les deux étaient intéressantes.
Je n'ai pas très bien compris l'intérêt de donner à l'héroïne de fiction le nom d'une personne célèbre, sans aucun rapport (Amelia Earhart)
J'ai regretté que l'illustration de couverture, sans intérêt pour moi, n'ait pas montré le fameux "bol merveilleux", dont plus d'un demi-siècle après, nous ne savons pas forcément à quoi il ressemblait.

J'ai apprécié l'humour de faire communiquer la mère par le biais des titres des romans Harlequin, c'est plutôt drôle.

Bref, une lecture en demi-teinte pour moi. Mais je suis contente d'avoir découvert tant de choses sur Tupperware.
Tiens, ça m'a donné envie d'aller faire un tour sur leur nouveau catalogue, moi qui boycotte ces ventes depuis des décennies !!

Extraits :

Rien ne peut résister à une femme qui le veut vraiment.

Kissimmee, 30 juillet 1958.
[...]  il a été décidé à la majorité de vous démettre de vos fonctions de vice-présidente de la société Tupperware Corporation. Vous êtes donc remerciée à réception de ce courrier.
[...]
Cette décision est à effet immédiat. Vous devrez quitter les bureaux de la société sise avenue des Orangers à Kissimmee, Floride et ne toucherez aucune indemnité compensatrice.



samedi 23 avril 2016

Délices et confidences Tome 1 : Bienvenue au club (Catherine Kalengula)


Gros coup de coeur pour ce petit roman.

Je remercie les éditions Flammarion Jeunesse, et Babelio, qui m'ont permis de faire cette jolie découverte.

Choisi sur Masse critique surtout à cause du prénom de l'héroïne, un peu parce qu'il était question de cuisine.
Je l'ai ouvert dès mon retour alors que j'avais un autre livre en cours, juste pour y jeter un coup d'oeil, avant de terminer le précédent et ... je n'ai pas pu le lâcher jusqu'à la fin.

Une histoire pourtant très classique : un déménagement de Paris en province, un village, et une grand-mère, peu accueillants de prime abord.
Le tout vu à travers les yeux, et les émotions, de Chloé, 10 ans et demi.
L'angoisse d'arriver dans une école où tout le monde se connait, avec son étiquette de parisienne, et quelques gaffes en prime pour essayer de s'intégrer.

Raconté comme ça, vous avez l'impression sans doute d’avoir déjà lu ça.
Mais ... c'est simplement, un régal de lecture.
C'est frais, sympathique, tonique, nuancé. Personne n'est ni tout noir ni tout blanc.
Chloé a des qualités et des défauts, les gens qu'elle côtoie aussi. Même la fille qu’elle déteste d'entrée va s'avérer avoir un côté positif, sans pour autant devenir d'un coup super gentille ou sa meilleure amie. Et pas mal d'humour dans leurs rencontres.

Chloé déteste l'idée de quitter Paris, son univers, ses copines. Mais malgré sa mauvaise humeur, elle sait voir les jolis côtés de ce changement, et apprécier certaines nouveautés.
Un secret de famille se dévoile peu à peu, et on entre ainsi en cuisine.
Comme elle, on aurait adoré connaître ce grand-père, qui non content d'avoir rassemblé de jolies recettes, y a ajouté de belles recettes de vie, des petites phrases que nous avons tout de suite envie de faire nôtres. Le livre aurait tout aussi bien pu s'intituler "Les maximes de Maxime", tant ces phrases vont avoir d’importance, pour Chloé, mais pourquoi pas pour nous aussi.

Parfois, on a une petite envie de secouer quelques personnages, comme la mère qui semble, au début, un peu trop préoccupée par ses propres problèmes pour comprendre ceux de sa fille, ou cette grand-mère très dynamique et fort moderne et indépendante mais qui refuse Internet. Mais tout le monde est crédible malgré tout (et d'ailleurs, c'est souvent dans la vraie vie aussi que je trouve que certains sont un peu incohérents !)

Pour une fois, la "chipie" de service qui va un peu gâcher la vie de Chloé s'avère être non pas la plus belle de la classe qui ne pense qu'à ses tenues, mais une fille ne rêvant que de sport, et surtout pas des robes dont sa mère veut l'affubler. Une fille qu'on va finalement pouvoir plaindre même si elle agace Chloé. Originalité certaine de ce côté-là.

Et bien entendu, ce qui ajoute au plaisir et à l'intérêt du livre, c'est la cuisine.
Je suppose que cette série va donner envie à beaucoup d'enfants de se lancer dans la pâtisserie.
Beaucoup de filles probablement surtout, parce que comme le fait remarquer Chloé, le nom Délices et Confidences va forcément attirer surtout les filles. Dommage pour le roman, car il parait intéressant pour tous.
J'ai apprécié qu'on commence par des recettes simples, intemporelles plutôt qu'à la mode, qui donnent de fortes chances de réussite aux débutant(e)s qui s'y essaieront.
La troisième me paraît un peu plus délicate. Et ça m'a amusée de voir que finalement, c'est le fils du pâtissier qui va se charger du caramel, partie la plus difficile à réussir.
Mais cette recette, originale, me donne bien envie de la tester (avec mes petites-filles probablement !)

Côté visuel, la couverture est gaie et amusante, très vivante, et la quatrième présente les quatre autres protagonistes du club, avec un petit portrait coloré.
A l'intérieur, des petits dessins en noir et blanc d'ustensiles et d'ingrédients disséminés dans les pages égaient l'ensemble.

En résumé, un joli roman qui devrait plaire aussi bien aux lecteurs débutants qu'aux un peu plus aguerris, et de même aux novices ou non en cuisine. Pour les débutants, les recettes, pour les autres, le rappel du plaisir de partager et d'échanger autour des douceurs culinaires. Et l’idée de mettre du pop-corn là où on ne l'attend pas !

Et pour moi, et bien, avant même de l'avoir proposé à la lecture à mes petites-filles, je sais que je devrai acheter les tomes suivants. Et d'ailleurs, je les attends avec impatience.
Il est rare que je ressente une telle impression de manque en terminant un livre, (pas envie de quitter si vite Chloé et ses amis), lorsque il s'agit d'un si court roman jeunesse.
Mais là vraiment, comme après une belle saga, j'ai eu du mal à passer à autre chose.
Vivement le tome 2. (et il va falloir attendre fin août !)

"Ne sous-estimez jamais le pouvoir d'un gâteau !"

Ma note Babelio : 5/5

Extraits :

"Lorsque tu crois que tout est perdu, cherche l'étincelle ! Et en attendant, prépare ce succulent gâteau facile à faire, ça te remontera le moral."
Chloé se moucha un bon coup, et décida de suivre ce conseil. 
Étrangement, ce Maxime qu'elle ne connaissait pas semblait la comprendre ...
Je ne sais pas si je vais trouver l'étincelle dont il parle, mais une chose est sûre : je ne vais pas rester les bras croisés à verser toutes les larmes de mon corps !


"Les non-dits sont comme des ingrédients oubliés. Il est impossible de les ajouter une fois le gâteau mangé."

Ose faire le premier pas, tu seras souvent étonné du résultat.

Illustrations de Marie Spénale
Flammarion Jeunesse 02/2016 - 178 pages
Résumé Babelio