vendredi 13 mai 2016

Le tout petit bobo de Zékéyé

Le tout petit bobo de Zékéyé
Nathalie Dieterlé
Les albums Hachette 2016 ;  20 x 17 cm  

Un petit album classique, Zékéyé le petit noir rencontre un à un les animaux de la jungle, chacun a mal quelque part, il  les amène voir le sorcier.
L'originalité est que les pages sont de plus en plus larges, et donc en lisant la 1e, on voit la tête de tous les animaux qui vont se succéder, sur des pages différentes.
Ce qui aussi leur donne un aspect amusant, puisque on doit voir la tête de chacun, quelle que soit la largeur de la page.
Un album sympathique, où les plus jeunes auront plaisir à retrouver les animaux malgré un aspect parfois un peu déroutant.
Une chute drôle elle aussi.


Rien d'inoubliable cependant !



 Extrait :
On voit ici un morceau de la page de gauche, et toutes les pages de droite,
une par animal, découpées de façon progressive
"Coucou toi, comment ça va, toi ?
- Pas terrible, j'ai le nez tout bouché."
- Pas très bien, j'ai un noeud à ma queue."

Florimond à la recherche du Oxford Treasure (Yves Grevet)

Florimond à la recherche du Oxford Treasure
Yves Grevet
Syros Collection Tip Tongue ; niveau A1 introductif - Mes premiers pas en anglais CE2-CM1 
70 pages

"Des romans en français qui passent petit à petit en anglais."


Voici le 2e volume que je lis dans cette collection "Lire en anglais devient naturel !"
Le précédent, Tom et le haunted Castle, était d'un niveau un peu plus élevé, puisque prévu 
"Je découvre l'anglais CM2-6e A1 découverte"
Curieusement, il m'avait paru un peu plus simple à comprendre, car chaque phrase en anglais, du moins au début, était suivie d'une explication ou traduction en français, dans le texte même de l’histoire.
Alors qu'ici, par moment, pas de traduction, on doit, de façon logique, deviner à quoi le terme correspond (en général, peu de lignes plus loin, on a l'explication).
C'est donc moins évident pour moi, qui ai besoin de TOUT comprendre (!) mais sans doute plus facile pour lecteur débutant en anglais.
D'ailleurs, l'auteur a mis en scène un garçon n'ayant aucune base de la  langue (j'ai d'ailleurs trouvé peu sympathique l'idée de départ des parents envoyant en voyage linguistique, seul, un  enfant n'ayant jamais eu aucune notion d'anglais. Il me semble que c'est un peu tôt, le voyage en famille me semble plus approprié dans ce cas. Mais c'est un roman !!)

J'avoue (réflexe d'adulte sans doute) avoir été un peu gênée par quelques phrases mêlant français et anglais, avec des verbes en anglais très proche du français, où de ce fait, j'ai cru un instant à une faute de frappe, le verbe anglais comportant chaque fois un S à la fin, seule différence avec le français.
(Par exemple : "We must look for it together, Alexander proposes en faisant un mouvement circulaire qui les englobe tous les trois.")

Mais il s'agit de détails. J'ai un peu de mal à juger du niveau et difficulté sur la langue, ayant des notions suite à de nombreuses années d'études, mais si lointaines qu'il m'en reste vraiment très peu de traces !!

Côté histoire,  ce n'est évidemment pas du très grand Yves Grevet, mais j'apprécie que cette collection fasse appel à de bons auteurs, au delà du côté linguistique.
Une histoire amusante, à suspens. une rencontre amicale malgré la langue, une ambiance bien   rendue, bref, un bon petit livre.
Je me demandais comment l'auteur aller se sortir du piège de la chute : 
- Trouver finalement le trésor : un peu artificiel et peu probable
- Ne pas le trouver : fin décevante pour un livre pour jeunes lecteurs.
(Ceci est mon avis à moi toute seule bien entendu !!)
et j'ai beaucoup aimé la pirouette de la conclusion de l’histoire, superbe !!!

Et finalement, je vais le faire lire à ma petite-fille qui ne connaît pas du tout l'anglais (en CM1 justement) à part la toute petite initiation scolaire (couleurs, chiffres ...)
Contrairement au précédent, et même si moi j’ai eu un peu plus de mal, je pense qu'en effet, elle doit pouvoir le lire avec plaisir, malgré la langue.

Depuis mars 2016 sont parus aussi quelques titres en allemand et en espagnol.
La collection compte ainsi déjà au total près d'une vingtaine de titres, d'autres étant prévus pour la rentrée de septembre. Et il s'agit de poche à petit prix (moins de 7 euros)

PS : Je l’ai donné à lire à ma petite-fille (9 ans 1/2, en CM1).
Elle n'a pas montré d'enthousiasme pour s'y mettre (d'habitude, elle lit beaucoup et très vite, mais ce qu’elle choisit bien sûr). Je lui ai donc lu les premiers chapitres, avant qu'elle ne s'y mette toute seule.
Elle l'a terminé rapidement et aurait plutôt apprécié, si ce n'était qu'elle n'a pas compris le dernier chapitre (entièrement en anglais, avec des mots déjà vus précédemment, mais pas tous bien entendu. De ce fait, je crois qu'elle s'est un peu découragée de le  lire).
Et n'a donc pas compris la conclusion, ce qui est tout à fait dommage, d'autant qu'il y a une jolie pirouette à la fin.
Elle m'a rendu le livre en me demandant si finalement, ils avaient trouvé ou pas le trésor.
Assez frustrant !



Extrait  :
Ensuite, les animatrices les font jouer au jeu du robot.
[...]
Patty précise les quelques ordres utiles pour participer : "Go straight on", pour aller tout droit, "turn right", pour tourner à droite, et "turn left", à gauche.
Les enfants devront aussi indiquer le nombre de pas, "the number of steps".
Et c'est  le premier binôme arrivé au lieu de rendez-vous qui gagne.


Perdus de vue - Yaël Hassan - Rachel Hausfater


Je l'ai lu d'une traite !
Déjà les romans de Yaël Hassan, et ceux de Rachel Hausfater sont superbes, mais alors quand elles s'y mettent toutes les deux, quel bonheur !
Je crois que ce n'était pas arrivé depuis le merveilleux "L'ombre", alors, dépêchez-vous de déguster celui-ci !

D'abord l’histoire d'une rencontre improbable : Sofiane, le gamin de la cité, qui n'aime pas les livres, se retrouve, presque sans l'avoir voulu, "dame de compagnie" d'une vieille dame aveugle, habitant "les beaux quartiers",  et qui cherche surtout une lectrice.
Sofiane, Anne-Sophie, Sophie-Anne ??
Apprivoisement mutuel, efforts partagés pour se supporter et se comprendre.
Et peu à peu, on va découvrir les secrets de famille, et chacun va pouvoir avancer, se reconstruire grâce à l'autre.

Un seul petit reproche : s'agissant d'un roman enfant, j’aurais apprécié une typographie différente pour chaque protagoniste.
Peut-être parce que je lis trop vite, mais de temps en temps, je me retrouvais à reprendre le paragraphe, m'étant trompée sur qui a la parole.
Mais ce n'est pas vraiment gênant.

Un roman tendre, émouvant, drôle aussi, et qui fait réfléchir sur les relations et les réactions de chacun.
Avec au passage, une intéressante découverte de Chagall, et aussi de L'attrape-coeur.
Une vraie petite perle.

Extrait :
et soudain, catastrophe ! Une pile de livres posés sur le rayonnage du haut me dégringole dessus ! Aïe ! Je suis attaqué par une bande de livres en furie ! Je savais bien que c'était dangereux la lecture...
Mme Wiener a entendu le boucan et s'inquiète d'une voix pressante . Je la rassure :
- C'est rien, madame, je voulais juste prendre un livre et ses copains me sont tombés dessus.
- Et comment s'appelle ce livre qui a tant d'amis ?
- C'est... c'est...
J'en ramasse un par terre, au hasard, et lit :
- ... L'attrape-coeurs de ... Sal... Sali... Salinger.
- Très bon choix, mon garçon, Je vous écoute.


Autrices : Yaël Hassan et Rachel Hausfater

Flammarion jeunesse 2016 - 150 pages
Réédité chez Flammarion le 18 mars 2020 - 5.70 €

jeudi 12 mai 2016

Le fil des souvenirs - Victoria Hislop

J'aime bien les livres qui mêlent l'Histoire à une histoire intéressante.
Ça permet d'en apprendre plus sur certaines périodes ou certains lieux, et surtout, on entre dans l'Histoire avec les personnages. même s'il s'agit d'événements que nous connaissons au point de vue historique, en avoir entendu parler ou les avoir appris est une chose, mais dans le roman, nous les vivons, au coeur même du moment, avec des personnages pour lesquels nous ressentons souvent de l’empathie.
Quand en plus ce roman a la qualité de ceux écrits par Victoria Hislop, on se régale et on en redemande. Le genre de livres qu'on ne peut pas lâcher une fois commencé.
J'avais adoré "L'île des oubliés" et je me suis encore régalé avec celui-ci.
On ne voudrait jamais quitter ces personnages, que l'on suit pendant presque tout le 20e siècle.

Je me souviens de "la Grèce des Colonels" et de la dictature qui avait sévi, mais j’ignorais tout des périodes précédentes, des déplacements de population entre Turquie et Grèce, du déroulement de la 2e guerre mondial dans ces régions, etc.
J'ai donc été très intéressée en découvrant ces épisodes, et de plus passionnée par la vie de ces familles. Même si c'est parfois un peu simpliste, les bons d'un côté, les mauvais de l'autre. Quoique les héros très impliqués se remettent en question, et s'en posent des questions.
Il me reste quelques pages pour terminer, et je ne peux me résoudre à les finir et abandonner ce couple.

Ajoutez à ça que, (ça n'intéressera personne, mais) ce don de Dieu, Theodoros est né pile un an moins un jour après moi, forcément je me sens proche !!


Extraits :

Le lendemain, 5 septembre 1950, son bébé voyait le jour. Elle l’appela Theodoros, le "don de Dieu".

*** Elias évoquait le tournoi de tavli qui durait depuis plus de la moitié de leur existence. Ils avaient fait d'innombrables parties et aucun n'avait jamais devancé l'autre de plus d'une victoire.

Traduit de l'anglais par Alice Delarbre
Titre original : The Thread
Editeur : Les Escales (2013)


Astrid Bromure tome 2 : Comment atomiser les fantômes


Astrid Bromure tome 2 : Comment atomiser les fantômes
Fabrice Parme
Editeur : rue de Sèvres 2016


Cette petite Astrid est décidément inénarrable.
Après s'être attaquée à la petite souris des dents, nous la retrouvons dans un internat très old school.


Lassée de vivre seule dans sa grande maison, malgré domestiques et animaux sympa, et grâce à la défection de son institutrice, elle parvient à "convaincre" ses parents de l'inscrire au Pensionnat de Canterville, où elle espère bien oublier la solitude.

Evidemment, comme le nom le laisse entendre, elle va se trouver aux prises avec quelques fantômes, "vrais", ou pas.
Elle va aussi s'apercevoir que la popularité dépend de notions qu’elle ignore totalement, ayant toujours vécu seule au milieu d'adultes.

J'aime toujours autant les réparties d'Astrid, ses mimiques et ses idées.
C'est une BD que j'ai grand plaisir à lire et j'attends déjà le tome 3.

Cependant, j'ai légèrement préféré le 1er volume.
Sans doute à cause de l'environnement de Mlle Bromure : une immense maison, des domestiques stylés mais agréables, des animaux domestiques.
Ici, c'est une BD plus classique, dans un  collège, avec les camarades et les enseignants, même si quelques tableaux font un peu penser à Harry Potter.
Je crois que j'ai regretté notamment l'absence du chat !
Donc, une très bonne BD, mais peut-être pas au niveau de la 1 pour moi.

Extrait :
5/ Mettre le ton en lisant ou en récitant un texte ou un poème.
Exemple ...
Ne dites pas :
"Soudain, la fenêtre s'ouvrit en claquant et un vent glacé prit possession des lieux"
Mais :
"Soudaiiin, la fenêtrre s'ouvriiit en claQuant et un veeent glasssé prit posssesssion des lieeux"











mercredi 11 mai 2016

Mè keskeussè keu sa ?

Mè keskeussè keu sa ?
Michel Van Zeveren
Pastel (Ecole des Loisirs) 2016

Un album de Michel Van Zeveren, qui de plus semble beaucoup plaire si j'en juge par les critiques lues, il est évident que je me précipite.

Nous avons donc un couple préhistorique, dessiné de façon amusante et sympathique, qui trouve par terre un bébé. Et ne savent ce que c'est. Étrange ?
Cherchent à s'en débarrasser. Mais la chose, trouvée par terre donc baptisée "Crasse" est fort collante et s'incruste.
Et par la force des choses, puisqu'elle ne s'en va pas, ils finissent par s'y attacher.

J'aime bien en général les albums avec de personnages "des cavernes" c'est souvent drôle et ça plaît aux enfants.

J'ai lu celui-ci d'abord toute seule.
L'arrivée de ce bébé débarqué comme une crotte, m'a laissée perplexe.
L'idée de le jeter d'en haut de la falaise aussi (Au départ, je pensais que ça pouvait être un album à destination des aînés, qui se débarrasseraient volontiers des petits frères, mais du coup, ça semble un peu dangereux pour leur donner des idées !!)
Le tenir comme un lapin mort, bof (si si, c'est ce que m'évoque cette image !)
L’attachement qui vient tout doucement, c'est plutôt  mignon.

Le langage phonétique, c'est censé amuser qui ? (A part les adultes)
Les petits qui ne savent pas lire ne le verront pas.
Les débutants en lecture auront sans doute du mal à déchiffrer un tel texte.
Les plus grands s'amusent certainement, mais l'album ne leur est pas vraiment destiné.

Bref, j'ai eu l’impression de passer un peu à côté, si presque tout le monde a aimé sauf moi !

Je l'ai ensuite lu à mon petit de 4 ans et sa soeur de 7 et demi.
Le petit n'a carrément pas été intéressé, pas un sourire et aucun enthousiasme. La plus grande n'a pas paru non plus apprécier particulièrement.


Extrait :
Mè... Regarde, bras, doigts...


Oh !
É... Jambes !
Ah wiwi ...
É... Orteils !
É... Oreilles !
É... Nez ! Nez !
Néné ?
NEZ !
AAAH... Nez !

Le Papyrus de César - Astérix n° 36 (Jean-Yves Ferri ; Didier Conrad)

Moi qui suis une inconditionnelle d'Astérix, sans trop me préoccuper des auteurs, je me suis un peu ennuyée.
Pourtant le thème avait tout pour me plaire. Edition, publicité, journaliste en quête de scoop (pardon, de canalis), manipulation de l'information et même un écureuil en guise de guide.
J'avais beaucoup aimé le précédent Astérix chez les Pictes (peut-être parce que en Ecosse, mais il m'avait bien amusée) donc ce n'est pas une question d'auteurs, mais là non, j'ai trouvé long, peu inventif, assez ennuyeux donc.
J'essaierais de le relire à un autre moment, voir si ça marche mieux, mais il ne restera certes pas dans mes coups de coeur.

Extrait :
- Une observation, Bonemine ?
- Toi, écrire ? Quand tu as déjà du mal à déchiffrer le petit papyrus des commissions ?

Le diadème de Béryls - Les enquêtes de Sherlock Holmes

Texte de Arthur Conan Doyle,
illustré par Christel Espié
62 pages
Editeur Sarbacane

Un album très grand format (26 X 38) avec de très belles illustrations pleine page, voire double page.
Une nouvelle de Sherlock Holmes de type classique, narrée par Watson (jamais nommé il me semble).

C'est un beau document, mais je ne comprends pas trop la cible ?
Le format, s'il permet des illustrations superbes, le rend très malaisé à manipuler.
A part lire assis à une table, ce qui n'est pas ma position favorite (sauf en mangeant !), pas moyen de trouver une position agréable, c'est lourd et encombrant.
Quant à le caser dans une bibliothèque, impossible, à part sur le rayon le plus haut, où il n'a guère sa place.

Côté texte, je trouve que c'est un bon livre pour aborder Sherlock Holmes pour les plus jeunes : pas d’histoire trop noire, rien qui ne fasse peur, une intrigue classique et des explications très claires du détective. Aucun humour, mais on en trouve rarement chez Sir Arthur.
D'ailleurs, je l'ai trouvé en bibliothèque au rayon des romans enfants, ce qui lui convient tout à fait.

Sauf que ... si j'ai du mal en tant qu'adulte à le manipuler, ce ne sera pas mieux pour les enfants.
Les illustrations sont très belles, mais pas forcément celles qui vont attirer les plus jeunes.
Donc, je ne vois pas trop l'utilité de ce type d'édition? Collectionneur peut-être ?

Même en cadeau, pour un enfant, je choisirais plutôt une édition poche.

J'ai essayé de le faire lire à ma petite-fille, qui était en train de se délecter de la BD d'Enola Holmes. Ça me paraissait le bon moment pour découvrir le grand frère dans sa version originale.
Mais je n'ai pas réussi pour le moment à la convaincre de le feuilleter au moins.
Donc pas d'avis d'enfant jusqu'à nouvel ordre !


Double page





Extrait :
Chapitre 1
- Holmes, dis-je un matin alors que je regardais la rue par la fenêtre, un fou vient par ici. Je trouve assez triste que sa famille l'autorise à sortir seul.

Une petite chose sans importance - Catherine Fradier

J'attendais avec impatience et beaucoup de curiosité la sortie du premier livre jeunesse de Catherine Fradier.
J'ai lu tous ses autres romans depuis le premier (Un poison nommé Rwanda) et même si mes lectures sont habituellement plus légères, je les ai tous (sauf un) beaucoup appréciés.
Parce qu'il s'agit de thrillers à la fois extrêmement prenants et très bien documentés, parce que vue la qualité d'écriture, on ne peut pas lâcher ses bouquins une fois commencés.
Cependant, comme ce sont toujours des histoires très dures, je me demandais ce qu'allait donner sa version jeunesse.
Mon verdict : une vraie réussite.

"Kadogo, c'est le nom qu'on donne aux enfants soldats du Kivu. En swahili, la langue parlée dans la région, kadogo se traduit par  une petite chose sans importance."
Le titre annonce donc d'entrée le sujet, les enfants soldats.
Et quand on connait le souci de documentation de l'auteur, et sa connaissance très pointue de la région, on sait qu'on va découvrir de l'intérieur ce sujet.

Et, surprise, il y a ça, mais pas que ça.
Car Sacha, le jeune narrateur, est autiste, atteint du syndrome d'Asperger.

lundi 9 mai 2016

Mémé dans les orties (Aurélie Valognes)

Un roman à classer entre "Ensemble c'est tout", et les Barbara Constantine. Amitié, tendresse, humour.
Au départ, c'est le titre qui m'a attirée, un peu à cause de l'expression, que j'aime bien et utilise parfois, un peu parce que je suis une mémé !! Et j'assume, j'ai demandé que mes petits-enfants m'appellent ainsi, donc forcément je DEVAIS lire ce roman.

Et des expressions, on en a ici, puisque chaque titre de chapitre en est une (et il y a 41 chapitres !).
Je me suis amusée à les relire à chaque fin de chapitre pour voir leur adéquation avec l’histoire. C'est souvent très bien trouvé.
Ces courts chapitres incitent à tourner les pages, à aller voir chaque fois le suivant, et donc, passés les premiers, je l'ai pratiquement lu sans m'arrêter.
Ferdinand, notre grognon insupportable, évolue au milieu de personnages hauts en couleurs, plus ou moins sympathiques.
Bien entendu, on craque pour Juliette, la petite fille surdouée, qui sait ce qu’elle veut et ne cherche pas à se faire plaindre malgré une vie pas forcément drôle.
On se régale des interventions de la concierge, on s'inquiète pour Ferdinand, malgré sa mauvaise foi immense, on rit, on attend, et finalement, le livre passe trop vite.
Bien sûr on devine comment ça va finir, bien sûr c'est "un peu trop beau", et il n'est pas sûr qu'on puisse changer aussi vite vers le mieux.
Mais on passe un bon moment, et qu'est-ce que ça fait du bien un livre tonique, haut en couleurs, et positif.
J'ai eu un peu de mal au début j'avoue. A mon âge, suivre les récriminations  d'un vieillard atrabilaire ne me passionne pas !!
Et puis, à partir de l'arrivée de la petite Juliette, on commence à bien s'amuser, et j'ai eu de plus en plus de plaisir à le lire, jusqu’à le quitter à grand regret.

PS : Son roman suivant vient de sortir "Nos adorables belles-filles" ... Encore une lecture pour moi !!

Qui en parle : Ramettes

Extraits :
M. Brun déteste plus que tout les nourrissons. Pour lui, ce ne sont que des contraintes avec, en prime, l'ingratitude la plus totale. Ça ne comprend rien, ça pleure, ça a toujours besoin de quelque chose : on ne peut jamais être tranquille. Et quand ça sourit, ça sourit autant à ses parents qu'aux inconnus. Ingrats, va ! En plus, il faudrait les trouver beaux, surdoués... Mais un être humain qui bave, qui n'est pas capable d'aligner trois mots et qui marche comme un parkinsonien ...


- Très bien, comme vous voudrez, Monsieur Brun. Donc juste une coupe alors ?
- Il faut vous expliquer longtemps, mais vous comprenez vite, Christine.
- Désolée, monsieur Brun. Alors, comment voulez-vous qu'on vous les coupe aujourd'hui ?
- En silence...


Auteur : Aurélie Valognes
Editeur : Michel Lafon
Mai 2015 - 286 pages
Résumé Babelio

Le bandit Manchot - Lucky Luke (Bob de Groot - Morris)

Pas de lecture de BD depuis un moment, faute de temps. Je profite d’avoir ressorti pour les pitchounes  une pile (qui s'était cachée !) de nos anciens Lucky Luke pour m'y remettre.
Et je me régale toujours autant.

Ce Bandit Manchot est assez classique, des joueurs (et donc du goudron et des plumes !), Lucky Luke pour accompagnateur de deux frères plutôt pusillanimes, une maîtresse femme toujours le rouleau à pâtisserie à la main, etc ...
On s’amuse bien.
Et quand apparaît le "boss" qui ne veut pas se laisser écarter des trafics juteux autour des jeux , ... sous les traits de Louis De Funès, on se régale carrément.
"Double-Six, regarde-moi bien !...
Pas là ! ...
... Là !"
Avec le geste bien connu vers ses yeux.
Mais il n'y a pas que ça, le voyage avec le croque-mort, les deux frères, et surtout, l'homme de main transformé en  monture.  Et je voudrais citer encore d'autres gags, aussi hilarants.
Quant à la chute, face au panneau Las Vegas ...
Vraiment un bon volume.

Extraits :
[Jolly Jumper] : Raisonnable ! C'est le mot que je cherchais ! Si on s'en allait vers le soleil couchant tous les deux, et toi en chantant que tu es un pauvre cow-boy solitaire ? ...

[Le "boss" monté sur son homme de main Double-Six, et passant devant deux Indiens assis contre un rocher] : Par ta faute, on a perdu les chevaux ! Cesse de hennir et galope !
[Double-Six] : Mais on nous regarde Boss !
[Le Boss] : Et après ? Ce sont des sauvages, des ignorants
[un Indien] : Deux beaux cas de Schizophrénie, mon cher, Qu'en pensez-vous ?
[L'autre Indien] : Parfaitement d'accord avec votre diagnostic  Cher Confrère. Les malades apparemment indifférents à ce qui les entoure, s'isolent du monde extérieur ......... [encore 6 lignes comme ça !]

dimanche 8 mai 2016

Le mystère Blackthorn (Kevin Sands)

 Merci à Bayard Jeunesse, et à Babelio, pour cette chouette découverte, un premier roman parait-il, vraiment réussi.

Sitôt reçu, on a envie de l'ouvrir, et d'entrer par la double porte brillante qui s’ouvre sur la couverture, vers cet univers doré.

Et dès les premières lignes, j'a eu envie de m'y plonger immédiatement.

J'aime beaucoup les Masses critiques privilégiées (encore plus que les autres !) parce que je n'ai pas auparavant décortiqué chaque titre pour pouvoir choisir. Je regarde rapidement si le thème m'intéresse, (mais en général, il est bien choisi, merci Babelio) et je me décide tout de suite. Puis j'oublie. Et quand il arrive, c'est une vraie découverte, presque inattendue.
Et là, pas de déception, un gros et beau livre, très tentant.

500 pages, écrites assez gros (juste ce qui me convient) 37 courts chapitres.
7 grandes parties, qu'on distingue d’entrée puisqu’elles sont signalée par une page noire, visibles sur la tranche du livre.
Comme je suis curieuse, je suis allée voir immédiatement à quoi elles correspondaient, et j’ai ainsi découvert que le roman se déroulait sur six jours seulement, du jeudi 28 mai 1665, jour de l'Ascension, au mardi 2 juin 1665 Saint Erasme, patron des marins, en passant par le 29 mai fête du chêne, le 30, jour du supplice de Jeanne d'Arc, brûlée pour hérésie, ... plus une dernière partie en forme d'épilogue, du 3 au  21 juin.

Roman historique donc, avec pas mal de références religieuses aussi.
Mais encore roman d'action, d'aventure, et d'énigmes.

Je reprends volontiers la présentation d'Eoin Colfer sur la 4e de couv' :
"De la magie, de l'aventure, des trucs qui explosent ..."
Mais il y a bien plus.
Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est qu'on découvre Londres, en ce milieu du 17e siècle et notamment la vie des apprentis. c'est à la fois très intéressant, vivant, et très bien décrit.

Le côté énigme est amusant et prenant, même si il n'est pas question d'arriver à deviner les solutions avant le héros,

Un vrai page turner que j'ai dévoré en deux jours avec grand plaisir.

On y parle de religion, mais de façon ouverte. Le maître de Christopher lui explique par exemple qu'il doit étudier même ce qui concerne une autre religion, il s'agit de connaissances à acquérir.
La figure de cet homme est d’ailleurs un des côtés les plus positifs de ce livre. Apothicaire réputé, mais surtout intelligent, ouvert, érudit. On rêve de le rencontrer !! et il apporte un côté vraiment sympathique au roman.


Mon seul petit regret concerne la fin du livre. Non pas la façon dont il se termine, mais les pages des derniers chapitres.
J'ai trouvé d'abord que lorsque Christopher obtient enfin des explication, elles me paraissent très complexes pour l'âge des lecteurs (à partir de 10 ans ?)
Et puis, soudain, un déchaînement de violence, compréhensible et probablement correspondant bien à l'époque, mais qui ne me paraissait pas indispensable à détailler sur des dizaines de pages.

Pour ces deux raisons, je ne vais pas proposer ce livre dans l'immédiat à mes petites-filles, comme je le fais habituellement.Et je le conseillerais plutôt à partir d'environ 14 ans, âge de Christopher, que plus jeune.

Mais à ce bémol près, j'ai vraiment passé un bon moment avec cette lecture, à la fois attachante et haletante.

A paraître le 11 mai.

Extraits :

Conformément au contrat d'apprentissage, maître Benedict n'avait pas le droit de me faire travailler les jours fériés. Mais conformément au même contrat, je n'avais pas le droit de voler des ingrédients afin de fabriquer de la poudre à canon ou de tirer sur des ours empaillés. Ni sur aucun ours, d'ailleurs. 




- Ces ingrédients sont des dons de Dieu, Christopher. Ce sont les outils de notre métier. Tu ne dois jamais oublier cela : ce sont des outils, rien de plus. Ils peuvent guérir ou tuer, mais ce ne sont pas eux qui décident. C'est la main - et le coeur - de celui qui les utilise. De toutes les choses que je t'enseignerai, c'est la plus importante. Est-ce bien compris ?